Le nom de Samuel Montembeault commence maintenant à circuler à Winnipeg, et avec tout ce qui se passe actuellement devant le filet des Jets, ça fait du sens comme jamais.
Connor Hellebuyck a demandé une transaction, ne s’est pas présenté au camp et a été suspendu par Winnipeg. Le directeur général Kevin Cheveldayoff continue de chercher une solution et a clairement indiqué qu’il voulait obtenir une véritable valeur en retour avant de bouger son gardien vedette.
Il est prêt à faire sécher Hellebuyck toute l'année s'il le faut.
C’est exactement dans ce genre de scénario que le nom de Montembeault peut commencer à apparaître.
Et soyons honnêtes : si Montembeault se retrouve à Winnipeg, il ne pourra certainement pas se plaindre, même si on parle de la pire ville au Canada.
Il pourrait même avoir une véritable occasion de se battre pour un rôle beaucoup plus important devant le filet des Jets. Disons que de se battre contre le "chokeux" Stuart Skinner au Manitoba est plus tranquille que compétitionner avec Jakub Dobes et Jacob Fowler
Mais pendant ce temps, à Montréal, Montembeault donne l’impression de vouloir croire que tout va encore très bien.
Comme s’il faisait toujours partie des plans.
Comme si le Canadien n’avait pas déjà annoncé, par l’entremise de Kent Hughes, qu’il ne voulait pas commencer la saison avec trois gardiens.
Et surtout, comme si les événements de la dernière saison n’avaient jamais existé.
Montembeault était pourtant devenu le troisième gardien du Canadien à la fin de la saison dernière. Et surtout le pire gardien de toute la LNH.
Tout le monde le sait... à part lui...
Montembeault a été questionné directement sur son avenir avec le Canadien.
Est-ce qu’il sent qu’il fait toujours partie des plans?
Sa réponse est assez malaisante.
« Je pense que oui. Je pense que je ne serais pas là sinon. »
Voilà où il en est le pauvre.
Il « pense » qu’il fait partie des plans parce qu’il est encore là.
Mais il admet lui-même qu’il n’a pas encore eu la grande discussion sur le portrait complet de son avenir avec l’organisation.
« On a parlé, on nous a tenus au courant, mais je n’ai pas encore parlé du grand plan au complet. »
Et pendant ce temps, le bruit autour de son nom commence à prendre de l’ampleur.
Frank Seravalli avait déjà ouvert la porte à une transaction de Montembeault avant le début de la saison. Et maintenant, Winnipeg devient une destination à surveiller.
Les Jets sont actuellement plongés dans une crise devant le filet.
Le bruit qui circule veut que Winnipeg réclamerait le Québécois si celui-ci devenait disponible au ballottage. Il faut évidemment que personne ne réclame le gardien avant eux, mais les Jets sont très bien placés dans l'ordre de réclamation.
En attendant, Montembeault continue de parler comme un gars qui veut simplement se concentrer sur lui-même et démontrer que la dernière saison était une anomalie.
« Je ne veux pas trop penser au portrait global. Je pense que j’ai eu un très bon été, je me sens bien. Ça fait deux jours qu’on pratique et les deux jours, ça s’est très bien passé. Aujourd’hui, seulement deux buts dans la pratique. C'est juste Florian qui a marqué. Je me sens bien. Comme je l’ai dit, je ne vais pas trop penser loin. Je vais simplement rentrer chaque jour, travailler et on verra ce qui arrivera. »
Il faut regarder la réalité en face.
Montembeault a "choké" toute sa vie. Il va "choker' encore, peu importe ce qu'il nous dit.
« Quand la saison va commencer, il nous reste encore deux semaines. Je vais simplement travailler, essayer de bien faire les choses et me donner la meilleure chance. J’ai un poste à gagner. On sait que l’année passée, ça n’a pas bien été. C’est un nouveau départ. Je vais simplement rentrer, travailler et faire mes choses. »
Et lorsqu’on lui demande s’il était nerveux après avoir appris que le Canadien pouvait commencer le camp avec trois gardiens, mais qu’il ne voulait pas amorcer la saison avec trois gardiens, Montembeault refuse encore une fois de regarder trop loin.
« Je ne vais pas trop penser loin. »
Même chose lorsqu’on lui demande si son été a été dur après son année horrible.
« Pas vraiment. Ça a été un bout, le passe-temps où je ne jouais plus. Je travaillais beaucoup vraiment en dehors de la glace, donc j’ai essayé de ne pas prendre un gros break et de continuer pour garder la forme. J'ai eu un bébé. C'est tout ce qui compte. Le hockey est secondaire. »
Il ajoute qu’il est un « gars très athlétique » et qu’il a travaillé fort avec le personnel de l’équipe.
Puis il parle de sa préparation estivale.
« Je n’ai pas pris trop de break après la saison pour pouvoir continuer avec ce qu’on avait réussi à bâtir en dehors de la glace durant les séries. On fait toujours la même chose à Trois-Rivières ici et on a fait vraiment un bon travail avec Dell. »
« À tous les jeudis aussi, on s’est mis à faire du Pilates, les gardiens ensemble. Je pense que c’est vraiment bon pour la mobilité, surtout pour les gardiens. »
Et quand on lui demande s’il a réussi à tourner la page sur la dernière saison, il reconnaît que ça n’a pas été facile.
« Un petit peu, mais je pense que ça a vraiment fait du bien aussi. Vraiment, retourner à la maison, mettre ça derrière moi, puis penser à ça, puis penser au hockey. Quand on est retourné sur la glace, c’est… ça recommence tout à zéro cette année. C’est vraiment un nouveau départ. Comme je l’ai dit, je ne vais pas penser trop loin, je vais juste commencer au début du camp. »
On lui demande s’il veut démontrer que la dernière saison était simplement une mauvaise année et qu’il est capable de se replacer.
Et Montembeault répond en se bombant le torse :
« Oui, absolument. Comme je l’ai dit, ça a bien été cet été, donc je me sentais prêt à aller au camp. Puis les deux premiers jours, ça a bien été, donc je vais continuer à bâtir là-dessus et à continuer à être de meilleur en meilleur durant le camp. »
C’est le discours d’un gars qui essaie de se redonner confiance.
Le problème, c’est que la confiance du joueur et la confiance de l’organisation sont deux choses complètement différentes.
Le CH ne croit plus en lui. Et tente de trouver une transaction qui permet à l'équipe de ne pas le perdre pour rien.
Kent Hughes peut-il convaincre les Jets de transiger au lieu d'attendre le ballottage?
Croisons les doigts. Sam vit dans son propre monde, loin dans sa tête.
Autant l'envoyer à l'autre bout du Canada.
