Signature d’un ailier gauche à Montréal : le pari de Kent Hughes se poursuit

Signature d’un ailier gauche à Montréal : le pari de Kent Hughes se poursuit

André Soueidan
Le 2026-07-09

Une signature qui passera peut-être sous le radar du grand public… mais certainement pas à l’intérieur des bureaux du Canadien.

Kent Hughes continue de bâtir la profondeur de son organisation, un contrat à la fois.

Cette fois, c’est Brett Berard qui obtient une nouvelle occasion de prouver qu’il mérite une place dans les plans du Tricolore.

Le Canadien a annoncé jeudi s’être entendu avec l’ailier gauche américain sur les termes d’un contrat d’une saison à deux volets. Une entente modeste sur papier, d’une valeur de 850 000 $ dans la LNH, qui permet à Berard de demeurer sous le contrôle de l’organisation jusqu’à l’été 2027 à titre de joueur autonome avec compensation.

Pour plusieurs partisans, son nom ne dira pas grand-chose. Pourtant, son parcours mérite qu’on s’y attarde.

Choix de cinquième ronde des Rangers de New York en 2020, 134e au total, Berard s’est rapidement forgé une réputation de joueur énergique, capable de déranger l’adversaire malgré son gabarit de 5 pieds 9 pouces et 174 livres.

Après trois saisons remarquées à Providence College dans la NCAA, il a effectué le saut chez les professionnels avec le Wolf Pack de Hartford, le club-école des Rangers.

Ses performances dans la Ligue américaine lui ont finalement ouvert les portes de la LNH.

Au total, il compte déjà 48 matchs dans le circuit Bettman avec les Rangers, récoltant six buts et quatre mentions d’aide.

Cette saison, il a partagé son temps entre New York et Hartford, disputant 13 rencontres dans la LNH et 41 dans la Ligue américaine, où il a inscrit 22 points.

L’histoire a toutefois changé de direction il y a quelques jours.

Le Canadien a obtenu Berard dans la transaction envoyant William Trudeau aux Rangers.

Une transaction qui n’a pas fait les manchettes à travers la LNH, mais qui s’inscrit dans la volonté de Kent Hughes d’ajouter de la profondeur à son organisation sans sacrifier des éléments importants de son noyau.

Cette nouvelle entente confirme justement cette vision.

Personne ne s’attend à voir Berard amorcer la saison au Centre Bell.

Tout indique qu’il commencera son aventure avec le Rocket de Laval, où la compétition sera féroce pour décrocher les premiers rappels lorsque les blessures finiront par frapper le grand club.

Dans cette organisation, chaque place se mérite.

Le Canadien possède maintenant une profondeur offensive beaucoup plus intéressante qu’il y a quelques années. Entre les jeunes déjà établis à Montréal, les espoirs qui poussent et les vétérans encore bien en place, les occasions sont moins nombreuses qu’auparavant.

Pour un joueur comme Berard, chaque présence à Laval deviendra pratiquement une audition.

C’est exactement le genre de défi qui peut transformer une carrière.

L’organisation apprécie son moteur, son intensité et sa capacité à jouer avec énergie malgré sa petite stature.

Ce ne sont pas nécessairement des qualités qui attirent immédiatement les projecteurs, mais elles deviennent souvent précieuses lorsqu’une équipe cherche à compléter son alignement au fil d’une longue saison.

Le contrat signé jeudi n’est donc pas une simple formalité administrative.

Kent Hughes envoie aussi un message à tous les joueurs du Rocket. Les performances seront récompensées. Les portes du Canadien demeurent ouvertes pour ceux qui sauront saisir leur chance.

Berard le sait mieux que personne.

À seulement 23 ans, le temps joue encore en sa faveur.

Plusieurs attaquants de soutien ont réussi à s’établir durablement dans la LNH après avoir dû patienter quelques saisons dans la Ligue américaine.

Son expérience acquise avec les Rangers pourrait d’ailleurs lui permettre de s’adapter plus rapidement au système du Canadien lorsque son numéro sera appelé.

Pour Montréal, le risque est pratiquement inexistant. Un contrat d’un an à deux volets, une faible incidence sur la masse salariale et un joueur qui connaît déjà les exigences du hockey professionnel nord-américain… difficile de critiquer une telle décision.

Ce n’est peut-être pas la signature qui fera exploser les réseaux sociaux.

Mais dans une organisation qui veut bâtir une profondeur capable de soutenir une équipe aspirante pendant plusieurs années, ce genre de dossier compte davantage qu’il n’y paraît.

Le pari de Kent Hughes se poursuit… et Brett Berard vient d’obtenir une nouvelle occasion de démontrer qu’il peut, lui aussi, faire partie de cette reconstruction qui laisse tranquillement place à des ambitions beaucoup plus élevées.

À suivre…