Signature et transaction: Zachary Bolduc dans tous ses états

Signature et transaction: Zachary Bolduc dans tous ses états

David Garel
Le 2026-09-12

Zachary Bolduc devait profiter de cet été pour revenir à Montréal transformé. Il devait arriver au camp avec l’envie de prendre une place importante, de convaincre le Canadien de lui donner un contrat à la hauteur de ses ambitions et surtout de démontrer à Martin St-Louis qu’il méritait enfin un véritable rôle offensif.

Au lieu de ça, le scénario est en train de tourner au cauchemar pour le jeune Québécois. Et maintenant que Chris Kreider vient officiellement de signer à Montréal pour 2,15 millions de dollars, la situation devient encore plus difficile pour Bolduc.

Le message du Canadien est brutal : pendant que son contrat n’est toujours pas réglé, Kent Hughes vient d’ajouter un vétéran de 35 ans qui occupe exactement le type de rôle offensif que Bolduc voulait obtenir.

C’est dans sa face.

Bolduc voulait davantage de responsabilités. Il voulait une meilleure utilisation. Il voulait prouver qu’il pouvait être un joueur important du Canadien.

Mais pendant qu’il négocie toujours avec Kent Hughes et son agent Pat Brisson, le CH vient de trouver une autre solution. Chris Kreider débarque pour seulement 2,15 millions de dollars.

Ce n’est pas un contrat qui va faire exploser la masse salariale. Ce n’est pas une acquisition qui oblige Montréal à sacrifier un choix ou un espoir. C’est un vétéran expérimenté qui arrive avec un pedigree immense, une expérience des séries, un gabarit imposant et une réputation de joueur capable de produire autour du filet.

Devinez qui risque maintenant de devoir se battre encore plus fort pour obtenir des minutes?

Zachary Bolduc.

Et c’est là que la situation devient catastrophique pour lui dans ses négociations. Parce que jusqu’à maintenant, Bolduc pouvait encore faire valoir qu’il n’y avait peut-être pas suffisamment de profondeur devant lui pour l’empêcher d’obtenir une véritable occasion dans le top-6.

Il pouvait dire à Hughes : donnez-moi un contrat, donnez-moi une chance et je vais vous montrer ce que je peux faire. Mais maintenant, le Canadien vient d’ajouter Kreider. Le vétéran peut jouer dans les situations difficiles, aller devant le filet, apporter de la présence physique et prendre des minutes importantes immédiatement.

Si Bolduc voulait faire pression sur le Canadien en réclamant un rôle offensif majeur, Kreider vient de faire monter le mur devant lui.

Et ce n’est pas tout.

Bolduc devait justement profiter de cet été pour arriver à Brossard dans une condition irréprochable. Après une saison où son utilisation par Martin St-Louis a suscité énormément de frustration, il devait revenir avec une énergie différente, une préparation différente et surtout avec un argument impossible à ignorer : son rendement. Il devait mettre son entraîneur devant un véritable problème en lui disant, en quelque sorte :

« Tu ne peux plus me garder dans un rôle secondaire. Regarde-moi aller. »

Or, les premières images et les commentaires qui circulent autour de sa préparation physique ne donnent pas nécessairement cette impression. Il y a une différence entre être un peu rouillé au début d’un camp et ne pas être prêt physiquement, évidemment.

Un joueur peut avoir besoin de quelques jours pour retrouver son rythme après l’été. Mais dans le cas de Bolduc, le timing est particulièrement mauvais. Son contrat n’est pas signé, son rôle n’est pas garanti et la concurrence vient de devenir plus féroce.

Pendant ce temps, Ivan Demidov arrive avec une réputation complètement différente. Le jeune Russe affiche une explosivité et une capacité à enchaîner les efforts qui sautent aux yeux.

D’autres jeunes joueurs veulent eux aussi gagner leur place. Oliver Kapanen pousse. Alex Newhook veut conserver son rôle. Kirby Dach cherche à démontrer qu’il peut enfin être une option crédible au centre du top-6. Et maintenant, Chris Kreider ajoute une présence supplémentaire dans l’équation.

Le Canadien n’attend donc pas Bolduc.

Il avance.

Et ça pourrait avoir une conséquence directe sur ses négociations.

Parce que Kent Hughes possède maintenant davantage de leviers. Si Bolduc demande un contrat important ou un rôle qu’il n’est pas encore prêt à mériter, Hughes peut regarder son alignement et répondre :

« Très bien. Nous avons d’autres options. »

C’est la pire chose qui pouvait arriver à Bolduc.

Le jeune Québécois aurait eu besoin que Montréal soit en manque de solutions offensives. Il aurait eu besoin d’une situation où le CH était obligé de lui donner une véritable chance parce qu’il n’y avait personne d’autre.

Mais Hughes vient de faire exactement le contraire. Il vient chercher un joueur expérimenté qui peut immédiatement remplir certaines des responsabilités que Bolduc espérait obtenir.

Et là, une autre question devient inévitable : est-ce que Bolduc pourrait être échangé?

Son nom a déjà circulé dans certaines discussions entourant Columbus et Kirill Marchenko. Si les Blue Jackets veulent des joueurs capables d’aider immédiatement, Bolduc représente justement une pièce beaucoup plus intéressante qu’un simple espoir. Il connaît déjà la LNH. Il possède un tir. Il possède du potentiel offensif. Il peut encore devenir un joueur important.

Sinon, autre scénario : il signe un contrat à rabais, retourne dans la formation et doit se battre pour chaque minute en tant que plombier de bas-étage.

Soit Bolduc accepte de se battre pour sa place... et pour des peanuts que va lui donner Kent Hughes.

Soit il devient une monnaie d’échange.

Mais une chose est certaine : avec Chris Kreider qui débarque à Montréal pour 2,15 millions de dollars, Zachary Bolduc vient... de tout perdre en même temps...