Sortie publique: Connor McDavid ne veut pas jouer pour Martin St-Louis

Sortie publique: Connor McDavid ne veut pas jouer pour Martin St-Louis

David Garel
Le 2026-06-25

Pendant des années, chaque fois que le nom de Connor McDavid était associé au Canadien de Montréal, un argument revenait constamment chez les partisans : Martin St-Louis serait l’entraîneur parfait pour lui.

Un ancien joueur étoile. Un coach apprécié de ses joueurs. Un homme qui communique bien, qui laisse beaucoup de liberté à ses meilleurs éléments et qui mise davantage sur la confiance que sur la confrontation.

Les déclarations de McDavid après l’embauche de Mike Babcock viennent complètement changer le rêve des partisans du CH, qui rêvaient que Connor McDavid exige une transaction pour Montréal avant la fin de son contrat de deux ans.

Ou qu'il signe à Montréal lors de l'été 2028.

Connor McDavid le confirme aujourd'hui: s'il avait réellement à choisir son prochain entraîneur aujourd’hui, il ne choisirait pas un coach soft qui fonctionne comme Martin St-Louis.

Sa sortie publique d'hier pointe dans la direction complètement opposée.

Le capitaine des Oilers n’a pas demandé un entraîneur plus compréhensif, qui protège ses vedettes et qui cherche avant tout à être aimé dans son vestiaire.

Il a demandé exactement le contraire.

« Nous avons demandé à être poussés. C’est exactement ce que nous recherchons. »

Voilà pourquoi McDavid a exigé que Babcock devienne le coach des Oilers.

Ouch.

Connor McDavid ne veut plus évoluer dans un environnement où les meilleurs joueurs bénéficient d’un traitement différent. Il veut un entraîneur qui soit capable de le confronter, de l’obliger à sortir de sa zone de confort et, au besoin, de lui envoyer un message devant tout le monde.

Il est même allé beaucoup plus loin.

En parlant de la possibilité qu’un entraîneur le cloue au banc pendant quelques présences lors d’un mauvais match, il a répondu sans détour :

« Je ne prévois pas que cela m’arrivera souvent. Mais lorsque ce sera le cas, ce sera mérité. Nous passerons à autre chose et nous en tirerons une leçon. »

Est-ce que Kent Hughes a "benché" Cole Caufield quand il "chokait" sa vie en séries?

« Il est temps que cela arrive à Edmonton. Il est temps. »

Le meilleur joueur de la planète affirme publiquement qu’après neuf saisons dans la LNH, il est temps qu’un entraîneur commence enfin à le pousser davantage.

« Je suis enthousiaste à l’idée d’être poussé par un entraîneur, parce que cela fait très longtemps que cela n’est pas arrivé à Edmonton. »

Ce ne sont pas des mots lancés à la légère.

Ce sont les paroles d’un joueur qui estime que son organisation doit changer de culture si elle veut enfin franchir la dernière marche.

Son analyse devient encore plus intéressante lorsqu’il explique pourquoi les Oilers ont choisi Mike Babcock.

« La définition de la folie, c’est de faire la même chose encore et encore en espérant un résultat différent. Babcock est différent. Il apporte une personnalité différente, une approche différente. Nous avons essayé de la même façon pendant très longtemps. Essayons autre chose. »

Qui se rappelle de Martin St-Louis qui essaie encore et encore la même chose contre les Hurricanes de la Caroline... pour se faire humilier devant tout le monde par Rob Brind'Amour et son système?

McDavid ne cherche plus le confort.

Il cherche l’inconfort.

Il ne veut plus qu’on lui répète qu’il est le meilleur joueur du monde.

Il veut qu’on lui rappelle qu’il peut devenir encore meilleur.

Il accepte même que cette nouvelle philosophie réduise son propre temps de glace.

« Tout le monde dans ce vestiaire devra faire des sacrifices. Chacun devra accepter d’en faire un peu moins pour que tout le monde puisse en faire un peu plus. »

« Nous avons toujours voulu tout prendre sur nos épaules. Toute la responsabilité. Mais cela ne laisse pas beaucoup de place aux autres. Je veux encore être le meilleur joueur chaque soir, mais cela pourrait avoir une apparence différente, et cette idée m’emballe. »

« Nous avons fait venir Babcock pour qu’il soit dur envers moi. Envers Leon (Draisaitl). Ce sont les meilleurs joueurs que nous voulons voir pointés du doigt. Nous voulons qu’il soit exigeant avec Leon, avec Nugent-Hopkins, avec Bouchard, avec Ekholm, avec Hyman… et avec moi. Nous voulons qu’il pousse ces joueurs tout en faisant progresser tous les autres. Voilà pourquoi il est ici. »

Connor McDavid décrit le contraire de Martin St-Louis.

Martin St-Louis est un entraîneur qui mise énormément sur la confiance, la communication et la proximité avec ses joueurs. Plusieurs l’apprécient pour cette approche. Plusieurs jeunes ont progressé sous ses ordres.

Mais lorsqu’on regarde les dernières séries éliminatoires, on peut aussi se demander si le Canadien n’a pas parfois manqué d’un entraîneur plus exigeant avec ses meilleurs joueurs.

St-Louis fait partie de la gang. Il est "one of the boys". Il rit, il s'amuse, il se frappe le "chest" comme dans le film "The Wolf of Wall Street"... comme s'il était dans un party étudiant avec ses chums.

McDavid ne veut rien savoir de ça.

Le talent ne suffit plus.

Les bonnes relations ne suffisent plus.

Être aimé de son vestiaire ne suffit plus.

Lorsqu’une équipe arrive à la porte de la Coupe Stanley et échoue année après année, il faut parfois accepter d’être dérangé, d’être remis en question et de se faire pousser beaucoup plus loin que ce que l’on croyait possible.

C’est précisément ce que Connor McDavid affirme rechercher aujourd’hui.

Et si Mike Babcock réussit à instaurer cette culture de l’exigence à Edmonton, les Oilers pourraient devenir encore plus dangereux qu’ils ne l’étaient déjà.

Pour tous ceux qui rêvaient encore de voir Connor McDavid aboutir un jour à Montréal, ces déclarations refroidissent le rpeve comme jamais.

Le portrait qu’il dresse de l’entraîneur qu’il souhaite avoir derrière son banc n'est aucunement "Marty le soft".

Par contre, on le verrait jouer... pour Patrick Roy.

Malheureusement, avec Martin St-Louis qui est signé pour 5 M$ jusqu'à l'été prochain et qui va signer une prolongation de contrat avoisinant les 7 M$ par année, les chances sont minces de voir "le roi" attirer McDavid à Montréal.

Misère.