St-Louis jongle, Hughes appelle partout : panique devant le filet

St-Louis jongle, Hughes appelle partout : panique devant le filet

Par William Petit Lemay le 2026-02-28

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond à Montréal.

Samuel Montembeault est censé être le gardien numéro un du Canadien. C’est le discours officiel. C’est l’étiquette qu’on lui colle depuis des mois. Le “#1” de Martin St-Louis.

Et pourtant, ce soir, face aux Capitals de Washington, ce n’est pas lui qui sera devant le filet.

C’est Jakub Dobeš.

On revient d’une pause olympique de trois semaines.

Trois semaines.

Si ton gardien numéro un ne peut pas enchaîner deux départs au retour d’une pause aussi longue, dans quel univers peut-on encore parler d’un #1 clair et établi?

Montembeault devrait être reposé. Concentré. Affamé. Prêt à attaquer le dernier droit de la saison. Prêt à affronter Washington, l’équipe qui a humilié le Canadien en cinq matchs au premier tour l’an dernier.

Mais non.

Martin St-Louis jongle encore.

Rotation.

Gestion.

Alternance.

Des mots polis pour dire qu’on ne sait pas vraiment à qui appartient le filet.

Et quand tu ne sais pas à qui appartient le filet à quelques semaines des séries, ce n’est pas un détail. C’est un signal d’alarme.

La situation devient encore plus inquiétante quand on regarde le contexte.

Montembeault sort d’une performance contre les Islanders qui a relancé tous les doutes. ,846 d’efficacité.

Un but en prolongation entre les jambières qui a laissé le Centre Bell figé.

Encore une fois, incapable de faire le gros arrêt au gros moment.

Pendant ce temps, Kent Hughes ne reste pas les bras croisés.

Le nom de Stuart Skinner circule.

Sergei Bobrovsky est surveillé en vue du marché des joueurs autonomes.

Jordan Binnington a été discuté.

Quand une organisation appelle partout pour des gardiens établis, le message est clair : on n’est pas confortable.

Si Montembeault était un vrai numéro un incontestable, on ne parlerait pas de Bobrovsky à 37 ans. On ne discuterait pas d’absorber 6 millions pour Binnington. On ne lierait pas Montréal à Skinner en plein cœur d’une course aux séries.

On ferait confiance à son homme.

Point.

Mais ce n’est pas ce qui se passe.

À la place, St-Louis jongle. Hughes explore. Gorton analyse. Et le vestiaire, lui, sent l’instabilité.

Parce que les joueurs ne sont pas dupes.

Ils savent que le premier départ post-pause est un message.

Et ce message, ce soir, c’est que le filet n’est pas verrouillé.

Le problème, c’est que le vrai numéro un du futur n’est pas encore là.

Jacob Fowler.

Le projet.

Le pari.

Le gardien qu’on refuse de brûler trop tôt.

Et avec raison.

Fowler doit bâtir sa confiance à Laval. Il doit accumuler des matchs. Il ne peut pas être jeté dans ce climat d’incertitude à Montréal.

Donc le Canadien se retrouve dans un entre-deux dangereux.

Montembeault n’est pas assez dominant pour éliminer le débat.

Dobeš n’est pas encore assez établi pour s’imposer comme solution permanente.

Et la direction regarde ailleurs pendant que la saison avance.

À l’aube des séries éliminatoires, ce n’est pas normal.

Les équipes qui font du bruit au printemps ont un gardien clair.

Identifié.

Assumé.

Respecté.

À Montréal?

On espère.

On alterne.

On surveille le marché.

Et ce soir, contre Washington, pendant que Dobeš sera devant le filet, la vraie question flottera dans l’air du Centre Bell :

Si Montembeault est ton numéro un…

Pourquoi ne joue-t-il pas?

Ouch...