Surprise au Centre Bell: Martin St-Louis ne respecte pas Jakub Dobeš

Surprise au Centre Bell: Martin St-Louis ne respecte pas Jakub Dobeš

Par David Garel le 2026-02-26

C’est quand même particulier. Pour ne pas dire honteux.

Après tout ce qu’on a vu avant la pause, après la séquence incroyable de Jakub Dobeš, après six départs gagnants, après cette impression très claire qu’il avait pris le filet du Canadiens de Montréal dans ses mains… voilà que c’est Samuel Montembeault qui reprend le poste ce soir contre les Islanders de New York.

Oui, Montembeault a signé un excellent match à Winnipeg avant la pause.

Oui, il a été solide.

Oui, il a rebâti un peu de confiance avec Marco Marciano.

Mais symboliquement?

Le premier départ après une pause majeure, c’est un message.

Et ce message-là est troublant.

On a déjà vu ce film-là

Souviens-toi du début de saison.

Dobeš était en feu. Vraiment en feu.

Il volait des matchs. Il donnait de l’énergie au groupe. Il avait l’air du gardien le plus confiant dans l’organisation.

Et pourtant, Martin St-Louis continuait de répéter que Montembeault était son numéro un.

Encore.

Encore.

Encore.

Résultat?

Dobeš a fini par s’écrouler.

Pas uniquement à cause de la gestion, évidemment. Mais le message était clair : même en étant meilleur sur la glace, il n’était pas prioritaire.

Et là, on a l’impression qu’on rejoue la même partition.

Le discours de St-Louis… et la réalité

On se souvient que St-Louis avait déjà dit qu’il voulait « mixer » les deux gardiens, partager la charge, garder tout le monde impliqué.

Très bien.

Mais dans un vestiaire, les joueurs comprennent vite la hiérarchie réelle.

Le premier départ post-pause, c’est celui qui compte.

C’est celui qui dit : voici l’homme en qui j’ai le plus confiance pour repartir la machine.

Et ce soir, ce n’est pas Dobeš.

Pourtant, si on est honnête, si on enlève les émotions, si on regarde strictement la séquence avant la pause…

Il n’y a pas photo.

Dobeš méritait ce premier départ.

Même si Montembeault a été bon à Winnipeg.

Même si l’histoire de la revanche et du rebond était belle.

Symboliquement, la logique sportive pointait vers le Tchèque.

Le problème? La perception

Personne n’est naïf.

À Montréal, Montembeault est le vétéran.

Il a son contrat.

Il a son statut.

Il a été identifié comme numéro un pendant deux ans.

Et ça donne l’impression — à tort ou à raison — qu’il est le chouchou.

Que peu importe la performance sur la glace, il garde une longueur d’avance dans l’esprit du coach.

Et ça, c’est dangereux.

Parce que dans un tandem fragile, la gestion est presque plus importante que le talent.

Si Dobeš sent qu’il doit être parfait pour garder le filet, pendant que Montembeault peut alterner sans perdre son statut, ça crée un déséquilibre mental.

Oui, Dobeš jouera samedi…

On peut déjà le voir venir : Dobeš sera probablement devant le filet contre les Capitals de Washington samedi.

Le staff va dire que c’était planifié.

Que c’est une rotation.

Que rien ne change.

Mais encore une fois, ce n’est pas une question de calendrier.

C’est une question de symbole.

Le premier match après la pause olympique, dans une course aux séries, c’est un statement.

Et le statement envoyé, ce soir, c’est que Montembeault reste devant dans la hiérarchie.

La vraie question

Est-ce que St-Louis est en train de refaire la même erreur que plus tôt cette saison?

Est-ce qu’en protégeant Montembeault, il risque encore de casser le momentum de Dobeš?

Ou est-ce qu’il tente simplement de garder les deux gardiens mentalement engagés?

On peut débattre des heures.

Mais une chose est sûre :

si la logique purement méritocratique avait été appliquée, Dobeš aurait eu le premier départ post-pause.

Et à Montréal, les symboles comptent autant que les statistiques.

Ce soir, le symbole est clair.

Et il va continuer d’alimenter le débat sur qui est réellement le numéro un du Canadien.