Ouch. Ceux qui suivent le Canadien au quotidien l’avaient deviné depuis longtemps : Jacob Fowler et Jakub Dobeš n’étaient pas les meilleurs amis du monde.
Deux jeunes gardiens coincés dans un ménage à trois suffocant, deux ambitions qui cognent à la même porte, deux styles opposés, deux personnalités qui ne s’emboîtaient pas… et un seul filet.
Montréal avait créé un triangle, mais dans les faits, c’était un duel à armes égales, silencieux mais palpable, et tous ceux qui gravitent autour de l’équipe le sentaient.
Dans le vestiaire, on ne les voyait jamais ensemble. Pas de tapes de hockey complices, pas de discussions prolongées, pas ce langage corporel de gardiens qui s’entraident dans la tempête.
Même lorsque Montembeault était à Laval, les deux recrues continuaient de graviter l’une loin de l’autre, comme deux pôles qui se repoussaient instinctivement. Il y avait Fowler… il y avait Dobeš… mais il n’y avait jamais de « nous ».
La tension a explosé publiquement à travers les mots de Dobeš après sa victoire contre Vancouver. Une sortie d’une rare franchise, trop rare même pour les standards ultra-codés de la LNH. Il a dit, textuellement :
« J’ai gagné il y a deux semaines… et je n’ai pas joué. Je ne comprends rien. Je n’ai aucune réponse parce que je ne sais rien. Je n’avais jamais parlé à Marty avant aujourd’hui. Jamais. »
C’était cru. C’était maladroit. Mais surtout, c’était révélateur.
Entre les lignes, un message apparaissait :
“Moi, je gagne. Fowler ne gagne pas autant. Pourquoi c’est lui qu’on protège ?”
Dans un marché comme Montréal, ce genre de phrase n’est jamais innocent. Pour plusieurs dans l’équipe, ce fut entendu comme une pointe directe envers Fowler, particulièrement quand Dobeš a ajouté :
« Je laisse tout sur la glace. Je joue pour mes coéquipiers et pour nos fans, c’est tout ce que j’ai. »
Beaucoup ont perçu dans cette phrase un reproche voilé : l’impression qu’il se battait sans reconnaissance pendant que Fowler héritait tranquillement du statut de futur numéro un.
Quand Fowler est parti… tout le monde a vu la différence.
Depuis que le prodige a été rétrogradé à Laval, plusieurs joueurs ont remarqué un changement subtil mais clair : Dobeš respire mieux. Il sourit davantage. Il a sauté dans les bras de Montembeault après la dernière victoire, un geste spontané qui tranchait violemment avec l’atmosphère des dernières semaines.
Jakub Dobes & Sam Montembeault after the Habs comeback OT win vs the Sens tonight pic.twitter.com/PXFRmwmpry
— /r/Habs (@HabsOnReddit) January 18, 2026
On l’a vu plus impliqué, plus détendu, comme libéré d’une présence qui le suivait partout dans la hiérarchie interne.
Car oui : dans ce ménage à trois, Fowler n’était pas seulement un collègue.
Il était la menace.
Il était le protégé.
Il était l’avenir officiel du club.
Et ça se sentait.
Soudain, avec Fowler à Laval, Dobeš redevient un être humain, et Montembeault, son mentor improvisé, semble beaucoup plus proche de lui. Une dynamique à deux, naturelle, qui remplace enfin la tension glaciale de la cohabitation précédente.
Était-ce de la jalousie ?
Dans une ligue où personne ne parle, tout finit par se dire.
Plusieurs employés du CH le murmurent depuis des semaines :
Oui, il y avait de la jalousie.
Peut-être même un sentiment d’injustice.
Dobeš voyait Fowler prendre des départs plus prestigieux.
Il voyait la hype médiatique exploser autour du “prodigy”.
Il voyait l’organisation bâtir un avenir autour d’un gardien… arrivé après lui.
Et quand il a lancé publiquement :
« Je ne comprends pas ce qui se passe. Je ne comprends rien. »
C’était exactement ça : il ne comprenait pas pourquoi l’organisation semblait pencher vers Fowler malgré ses propres victoires.
Deux chemins séparés… et jamais une amitié.
Aujourd’hui, la rétrogradation de Fowler vient mettre un terme temporaire à un ménage à trois devenu toxique. Mais elle révèle surtout une vérité que tout le monde savait, mais que personne n’osait écrire officiellement :
Fowler et Dobeš n’allaient jamais devenir un duo soudé.
Jamais.
Pas dans ce vestiaire. Pas dans ce contexte. Pas avec cette dynamique.
Les deux gardiens ne sont tout simplement pas faits pour être au même party.
Et maintenant que le CH a tranché, on peut enfin le dire :
Ce n’était pas une compétition saine, c’était une cohabitation forcée qui tirait tout le monde vers le bas, surtout Dobeš, qui vivait littéralement dans l’ombre d’un phénomène annoncé.
La suite ?
Elle appartient maintenant à Laval… et à une rivalité qui n’est pas morte, seulement déplacée. Car le jour où Samuel Montembeault sera échangé, il faudra bien que les deux "kids" enterre la hache de guerre....
