Et si Arber Xhekaj devait finalement faire quelque chose que personne n’imaginait il y a encore quelques années : demander une transaction aux Canadiens de Montréal?
La question vient de prendre une toute autre dimension après les propos de Chris Pronger. L’ancien défenseur du Temple de la renommée a expliqué qu’il croit que les joueurs, Arber Xhekaj en première ligne, devraient avoir davantage de contrôle sur leur carrière, en s’appuyant sur sa propre expérience dans la LNH.
Et lorsqu’il raconte ce qui lui est arrivé lorsqu’il a lui-même demandé à être échangé, le parallèle avec Xhekaj devient difficile à ignorer.
« J’ai été échangé cinq fois. J’ai demandé une transaction une fois. J’ai été vilipendé parce que j’avais demandé une transaction. Il doit penser à lui »
Ouch.
Pronger ne parle pas comme un ancien joueur qui regarde la LNH de loin. Il parle comme quelqu’un qui a vécu exactement cette situation.
Il a connu les transactions imposées par les organisations, les pressions de négociation, il a connu les changements de ville et il sait ce que représente le fait de vouloir reprendre le contrôle de sa propre carrière.
Son message est simple : un joueur ne devrait pas avoir honte de vouloir choisir l’endroit où il croit pouvoir connaître du succès.
Et c’est précisément ce qui nous amène à Arber Xhekaj.
Pourquoi le Shérif veut-il encore absolument rester à Montréal?
C’est la question qui revient sans cesse.
Car sur le plan sportif, il existe aujourd’hui suffisamment d’éléments pour que Xhekaj commence sérieusement à regarder ailleurs.
Son avenir avec le Canadien demeure incertain, il est toujours sans contrat et son utilisation au cours des dernières saisons n’a jamais ressemblé à celle d’un joueur que l’organisation considère comme indispensable.
Pourtant, son agent Brian Bartlett affirme exactement le contraire de ce que plusieurs pourraient imaginer.
« Il adore jouer là, il aime les partisans, la ville, le personnel d’entraîneurs », a expliqué Bartlett. Il a également précisé que leur souhait était de trouver une façon de poursuivre l’aventure à Montréal et qu’il n’y avait « aucune panique » dans le dossier.
Il a aussi ajouté que Kent Hughes était dur. Trop dur avec son client. C’est admirable de vouloir rester à Montréal malgré un DG et un coach (Martin St-Louis) qui te méprise.
Mais est-ce vraiment dans l’intérêt d’Arber Xhekaj?
Voilà toute la question.
Le Canadien demeure évidemment maître de son dossier. Xhekaj est joueur autonome avec compensation et a rejeté l'arbitrage.
Le signer pour des peanuts? L'échanger? Plusieurs équipes ont d’ailleurs été associées à son nom au cours de l’été, notamment les Flyers de Philadelphie et les Flames de Calgary.
Les Flyers sont toujours dans le portrait. Les Flames ont fermé la porte. Et d'autres équipes circulent (comme les Ducks d'Anaheim).
Le problème, c’est que Xhekaj n’a plus 20 ans, mais bien 25 ans.
Il doit commencer à penser à ce que sa carrière peut devenir.
Un défenseur de son profil n’a rien de banal dans la LNH. Six pieds quatre pouces, près de 240 livres, une capacité à imposer sa présence physiquement et une réputation qui fait réfléchir les adversaires avant qu’ils ne s’approchent des vedettes adverses : ce sont des qualités recherchées.
Il n’est pas parfait.
Son jeu défensif doit encore progresser.
Sa prise de décision peut être améliorée.
Il doit gagner de la constance.
Mais justement : pour devenir meilleur, il faut jouer.
Xhekaj peut-il réellement maximiser son potentiel dans un environnement où son entraîneur ne lui accorde pas une confiance constante?
C’est beaucoup plus difficile.
Depuis son arrivée dans la LNH, Xhekaj a connu des hauts et des bas, mais son rôle a graduellement diminué. Il a été utilisé comme défenseur de profondeur, même comme attaquant, laissé de côté dans les moments importants et placé dans une situation où chaque erreur pèse beaucoup plus lourd que celles commises par certains de ses coéquipiers.
C’est là que les propos de Pronger deviennent extrêmement puissants.
Il affirme que Xhekaj doit obligatoirement demander une transaction car il est malheureux. Il dit quelque chose de beaucoup plus fondamental : les joueurs devraient avoir davantage de contrôle sur leur propre carrière.
Et Xhekaj a parfaitement le droit de se demander où il peut obtenir cette chance.
Chris Pronger vient de lui donner la permission de faire quelque chose que beaucoup de joueurs n’osent pas faire.
Dire à son organisation : je veux une véritable occasion de jouer. Je veux une transaction.
Arber Xhekaj aime Montréal.
Son agent l’a confirmé.
Mais aimer Montréal ne signifie pas nécessairement qu’il doit y sacrifier sa carrière.
Réveille-toi, Arber. Chris Pronger vient de te montrer la porte.
