Depuis son excellent tournoi olympique avec la Finlande, Rasmus Ristolainen est officiellement redevenu une marchandise chaude sur le marché.
Le défenseur droitier des Flyers de Philadelphie, 31 ans, a aidé son pays à décrocher le bronze à Milan avec un différentiel de +9 et trois aides en six matchs, et selon Daily Faceoff, ce sont maintenant cinq à six équipes qui ont appelé Philadelphie au cours des deux dernières semaines. L’intérêt est réel, concret, et en hausse.
Parmi les formations qui ont déjà « checké » le dossier, on retrouve les Bruins de Boston et les Oilers d’Edmonton, sans qu’aucune ne se soit encore positionnée comme destination sérieuse.
D’autres clubs gravitent aussi autour du dossier, notamment les Stars de Dallas, les Red Wings de Detroit et le Lightning de Tampa Bay. Bref, le marché est ouvert.
Mais ce que plusieurs ignorent encore, c’est que le Canadiens de Montréal fait aussi partie des équipes intéressées.
Et ça ne sort pas de nulle part.
Montréal cherche désespérément un gros défenseur droitier capable de jouer dans un top-4. Pas un projet. Pas un pari. Un vrai gars de séries.
Ristolainen coche plusieurs cases : 6 pieds 4 pouces, physique, droitier, expérience NHL, capable d’encaisser du lourd.
Son contrat est aussi relativement raisonnable dans le contexte actuel : 5,1 M$ par saison jusqu’à l’été 2027, ce qui donne deux parcours éliminatoires à toute équipe acquéreuse. Et selon Daily Faceoff, Philadelphie est même prête à retenir du salaire (ils ont encore une case de rétention disponible) si le prix est bon.
Du côté des Flyers, la demande est claire : un retour comparable à ce que Montréal avait obtenu pour Ben Chiarot ou ce que Boston a reçu pour Brandon Carlo.
Un choix de première ronde (ou équivalent), plus un jeune actif crédible.
C’est ici que le nom de Arber Xhekaj entre violemment dans la conversation.
À Philadelphie, Daniel Brière adore son profil. Ce n’est pas un secret. Deux recruteurs des Flyers étaient récemment au Centre Bell spécifiquement pour l’observer.
Brière veut rajeunir sa défense, mais sans perdre l’identité physique de son équipe. Xhekaj représente exactement ce mélange : jeune, intimidant, émotionnel, capable de changer l’énergie d’un match.
Et à Montréal, soyons honnêtes : Martin St-Louis ne lui fait plus vraiment confiance.
Son temps de glace est instable. Jayden Struble n'inspire pas plus confiance et on ne voit pas encore Adam Engström prêt pour jouer dans la LNH à temps plein... encore moins en séries.
Xhekaj à Philadelphie, Ristolainen à Montréal.
Pas un échange un pour un, évidemment. Ristolainen ne vaut pas « la lune ». Mais Xhekaj pourrait devenir une pièce centrale d’un paquet auquel on ajouterait un choix (probablement un deuxième tour élevé), surtout si Philadelphie accepte de retenir une partie du salaire.
On ne voit pas le CH donner un choix de 1re ronde avec Xhekaj pour Ristolainen. Mais on raconte que le CH est extrêmement intéressé au défenseur finlandais.
Et contrairement à Montréal, où Xhekaj est maintenant traité comme un défenseur de soutien, Brière voit en lui un potentiel pilier identitaire.
Pendant ce temps, ailleurs dans la ligue, Edmonton cherche encore un défenseur droitier pour jouer avec Darnell Nurse, mais manque d’espace sous le plafond.
Dallas est aussi dans le coup, mais n’a plus son choix de première ronde cette année. Detroit possède de l’espace salarial et tous ses choix, ce qui en fait un joueur dangereux dans le dossier. Tampa Bay observe, mais n’a ni capital ni urgence réelle.
Et Montréal?
Montréal a le besoin.
Montréal a les actifs.
Montréal a aussi un surplus de défenseurs gauchers… mais aucun droitier établi derrière Noah Dobson et Alexandre Carrier.
Et David Reinbacher est à des années lumière de la LNH.
C’est exactement pour ça que Ristolainen fait sens.
Ce dossier est loin d’être théorique. Avec la date limite qui approche et cinq matchs seulement au calendrier des Flyers avant le couperet, le nom de Ristolainen va devenir de plus en plus central dans les discussions.
Et si Kent Hughes veut vraiment solidifier sa brigade défensive pour les séries, il devra accepter une chose : sacrifier un morceau.
Arber Xhekaj est ce morceau.
À Philadelphie, il serait projeté.
À Montréal, il est marginalisé.
Il faut aussi comprendre que la fracture entre Arber Xhekaj et Martin St-Louis ne date pas d’hier. Depuis ses débuts, St-Louis n’a jamais vraiment adhéré au personnage public de Xhekaj : les pubs de burgers, le branding personnel, l’image de shérif mise de l’avant hors glace.
Même son récent virage vers une campagne plus « clean » avec Healthy Choice n’a rien changé au fond du malaise.
Arber Xhekaj with a new ad for Healthy Choice pic.twitter.com/0no3ro56vP
— /r/Habs (@HabsOnReddit) February 20, 2026
Pour St-Louis, tout ça reste du bruit. Lui veut de la structure, du hockey IQ, des décisions rapides sous pression. Pas un joueur qui attire les caméras pendant la semaine et force des jeux le samedi soir. Ce décalage philosophique est réel, profond, et il transpire dans l’utilisation du défenseur depuis des mois.
La scène du concours d’habiletés au Centre Bell est presque devenue symbolique. Xhekaj y a décoché le tir le plus puissant de toute l’équipe (107,3 milles à l’heure) devant les partisans, sourire aux lèvres, fier comme jamais.
Arber Xhekaj établit une nouvelle marque personnelle et remporte l’épreuve du tir le plus puissant pour une troisième année consécutive avec un boulet de 107,3 mi/h!
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) February 22, 2026
Arber Xhekaj sets a new personal best and wins the hardest shot event for a third year in a row with a 107.3… pic.twitter.com/ygPNlLQfEo
Mais dans l’entourage de St-Louis, on résume ça froidement : une grosse shot ne compense pas un hockey IQ jugé déficient.
Aux yeux du coach, ce genre de moment public ne change absolument rien à l’évaluation globale du joueur. Pire encore, ça ajoute de la pression.
Parce que pendant que Xhekaj gagne des concours, St-Louis, lui, regarde les lectures défensives, les sorties de zone et les erreurs évitables.
Cette opposition entre le spectacle et l’exécution explique beaucoup mieux que n’importe quelle statistique pourquoi Xhekaj est aujourd’hui rejeté… et pourquoi son nom circule maintenant sérieusement dans les discussions de transaction.
Ristolainen, lui, serait immédiatement propulsé dans un rôle que le Canadien n’arrive pas à combler depuis trop longtemps.
Ce n’est plus de la spéculation.
C’est un marché actif.
Un besoin clair.
Et un échange qui commence à prendre forme.
À suivre...
