Triste entrevue: Cole Caufield avoue tout

Triste entrevue: Cole Caufield avoue tout

David Garel
Le 2026-06-01

Cole Caufield vient probablement de livrer l’entrevue la plus honnête de toute sa carrière.

Quand on écoute ses propos, une chose saute aux yeux : il a le coeur brisé de voir Brendan Gallagher quitter l'organisation.

Depuis plusieurs jours, les rumeurs entourant Gallagher prennent de l’ampleur. Tout le monde sait qu'il deviendra un membre des Canucks de Vancouver.

Une transaction qui pourrait coûter au Canadien un simple choix de quatrième ou cinquième ronde pour convaincre le nouveau DG Ryan Johnson d’absorber son contrat.

Et lorsqu’on a demandé à Caufield ce que représentait cette dernière soirée passée avec Gallagher au spectacle de Luke Combs, sa réponse avait des allures d’hommage.

« C’est l’un des êtres humains les plus spéciaux que j’ai rencontrés dans ma vie, pas seulement comme coéquipier. »

Caufield n’a pas parlé d’un ancien joueur. Il n’a pas parlé d’un vétéran de vestiaire. Il a parlé d’un homme qui a changé sa carrière.

« Il m’a tellement aidé. Sur la glace comme à l’extérieur. La façon dont il a écrit son histoire a rendu possible pour un gars comme moi de croire qu’il avait sa place ici. »

Lorsque Caufield est arrivé à Montréal, Gallagher représentait exactement ce qu’il espérait devenir : un joueur qui n’était pas le plus gros, pas le plus imposant physiquement, mais qui refusait de se laisser définir par ses limites.

« Je ne pourrai jamais assez le remercier. La façon dont il s’est comporté chaque jour pendant toute sa carrière a été exceptionnelle. Je suis extrêmement chanceux d’avoir partagé une bonne partie de mon jeune parcours avec lui. »

Puis il y a eu le reste de l’entrevue. La partie de l'auto-flagellation.

Depuis l’élimination contre les Hurricanes de la Caroline, les fans critiquent la contribution offensive du premier trio. Nick Suzuki a connu des moments difficiles. Juraj Slafkovsky a disparu pendant de longues séquences.

Mais personne n’a été aussi dur envers lui-même que Cole Caufield.

Lorsqu’on lui a demandé comment il évaluait ses séries éliminatoires, il n’a cherché aucune excuse.

« Honnêtement, j’ai été mauvais. Aussi simple que ça. »

Ouch.

Dans une époque où les joueurs parlent souvent en formules préfabriquées, entendre un marqueur de 50 buts s’accuser lui-même de cette façon, c’est rarissime.

« Je veux être beaucoup meilleur. J’attends beaucoup plus de moi-même. Mes coéquipiers aussi. Mes entraîneurs aussi. Je suis loin d’être satisfait. »

Même lorsque les journalistes lui ont rappelé qu’il affrontait constamment les meilleurs éléments adverses, Caufield a refusé de se cacher derrière cet argument.

« Ça n’a rien à voir avec ça. J’affronte de gros matchs toute l’année. Je peux être beaucoup meilleur que ça. »

Puis il a porté un autre coup à son propre dossier.

« À cinq contre cinq, ce n’était pas assez bon du tout. On s’attend à beaucoup plus de nous-mêmes. »

Il a même reconnu que les Hurricanes avaient carrément dominé les Canadiens de Montréal.

« Ça fait mal de le dire, mais ils nous ont dominés. Je pense que c’était assez évident. »

Cole Caufield sait exactement ce qui circule présentement.

Il sait que plusieurs experts parlent déjà des grands changements qui pourraient survenir cet été.

Il sait que le Canadien cherche activement un deuxième centre.

Il sait que les noms de Robert Thomas, Vincent Trocheck, Mason McTavish et d’autres circulent partout.

Il sait aussi que Mathias Brunet a évoqué un prix colossal dans un éventuel dossier Connor McDavid, un prix qui pourrait inclure Michael Hage, plusieurs choix de première ronde et Cole Caufield lui-même.

Et au lieu de répondre aux rumeurs, Caufield a choisi une autre approche.

Se regarder dans le miroir.

« Je n’ai pas été assez bon. »

C’est probablement la phrase qui résume le mieux son bilan.

Malgré ses 50 buts.

Malgré son statut de vedette.

Malgré la finale d’association.

Il refuse de se satisfaire.

Et pendant qu’il rendait hommage à Brendan Gallagher, un joueur qui a bâti sa réputation sur le travail et l’autocritique, on avait presque l’impression de voir le flambeau changer de mains.

Gallagher s’apprête à quitter.

Caufield, lui, comprend maintenant exactement ce que signifie porter le poids des attentes à Montréal.

Et à entendre son ton, une chose est certaine : cette élimination contre la Caroline ne sera pas oubliée de sitôt.