Tristes révélations sur Brendan Gallagher : Montréal se prépare à tourner la page

Tristes révélations sur Brendan Gallagher : Montréal se prépare à tourner la page

André Soueidan
Le 2026-05-31

Une drôle de sensation flotte autour de Brendan Gallagher depuis l’élimination du Canadien de Montréal… comme si tout le monde venait soudainement de réaliser que cette histoire-là approche réellement de la fin.

Pendant plus d’une décennie, Gallagher représentait pratiquement l’âme de cette organisation.

Quand le Canadien sombrait dans les saisons catastrophiques, quand le Centre Bell devenait silencieux, quand l’équipe n’avait plus ni identité ni direction, il y avait toujours ce petit numéro 11 en train de foncer au filet, de recevoir des coups au visage, de se relever encore et encore comme un malade.

Le gars n’a jamais eu le talent brut des grandes vedettes de la LNH.

Il n’avait pas le coup de patin de McDavid, ni les mains d’un marqueur naturel.

Pourtant, pendant des années, il était probablement le joueur le plus aimé du Canadien de Montréal parce qu’il incarnait exactement ce que les partisans voulaient voir.

Du coeur.

Du sacrifice.

De la rage.

Et aujourd’hui, c’est justement pour ça que le dossier devient aussi émotif.

Parce que tout indique que le Canadien est tranquillement en train de préparer la suite… sans Brendan Gallagher.

Le message envoyé pendant les séries éliminatoires était impossible à ignorer.

Alors que le Canadien se faisait étouffer physiquement par la Caroline, alors que plusieurs joueurs semblaient nerveux et incapables de gérer la pression, Martin St-Louis a quand même choisi de laisser Gallagher dans les gradins pendant une énorme portion de la série.

Ça, dans le hockey, ça parle fort.

Un entraîneur peut aimer un vétéran. Il peut respecter son parcours. Il peut admirer son leadership.

Mais quand les matchs deviennent les plus importants de l’année, la seule question qui compte est simple : est-ce que ce joueur peut encore aider ton équipe à gagner?

Et visiblement, à l’interne, le Canadien ne semble plus complètement convaincu.

C’est ce qui rend les propos d’Eric Engels aussi fascinants aujourd’hui.

En intervention sur le podcast de Martin Lemay, Engels a carrément fermé la porte à un rachat de contrat.

Selon lui, Brendan Gallagher ne sera pas racheté.

Eric Engels, lui, croit que la décision est pratiquement déjà prise.

En intervention sur le podcast de Martin Lemay, le journaliste de Sportsnet a carrément fermé la porte à un rachat de contrat.

« Il ne va pas être racheté », a affirmé Engels sans hésitation.

Selon lui, le Canadien pourrait plutôt utiliser un choix de milieu de repêchage pour faciliter une transaction.

« Peut-être donner un choix de quatrième ou cinquième ronde avec. Peut-être. »

Mais ce qui surprend le plus dans son analyse, c’est qu’il ne croit même pas que Kent Hughes devra retenir du salaire dans une éventuelle transaction.

« Je ne pense pas qu’ils devraient garder l’argent sur la masse pour un an à 6,5 millions », a-t-il expliqué.

Engels voit même déjà certaines équipes capables de prendre un pari sur Brendan Gallagher malgré son âge et les blessures accumulées.

« Il y a des équipes qui ont bien besoin de Gallagher. Vancouver me rentre en tête tout de suite. Ils ont besoin de bons vétérans. »

Puis c’est là que sa comparaison a fait réagir énormément de partisans.

« Des vétérans qui sont bien meilleurs que Evander Kane. »

Dans sa tête, des équipes en reconstruction ou des clubs qui cherchent à stabiliser leur culture pourraient facilement absorber la dernière année du contrat de Gallagher, surtout avec un plafond salarial qui grimpe rapidement partout dans la LNH.

Mieux encore, il croit même qu’une équipe pourrait accepter son contrat sans que Montréal ait besoin de retenir du salaire.

Sur le coup, plusieurs partisans ont probablement levé les yeux au ciel.

Comment une équipe accepterait-elle volontairement un joueur de 34 ans à 6,5 millions par saison?

Sauf que quand tu prends le temps de regarder la structure réelle de son contrat… le portrait change énormément.

Parce qu’en réalité, Gallagher ne touchera que 4 millions de dollars en salaire réel la saison prochaine.

Et ça, dans la nouvelle réalité économique de la LNH, ce n’est plus du tout la même chose.

Le plafond salarial explose.

Certaines équipes cherchent désespérément des vétérans crédibles pour entourer leurs jeunes joueurs.

D’autres organisations veulent atteindre le plancher salarial sans nécessairement sortir des montants absurdes en argent réel.

C’est exactement là qu’un joueur comme Gallagher peut encore avoir une valeur.

Pas comme vedette.

Mais comme culture.

Comme identité.

Comme vétéran capable de montrer à des jeunes comment survivre dans la Ligue nationale.

Engels mentionnait notamment Vancouver et Calgary comme destinations potentielles. Et honnêtement, ce n’est pas fou du tout.

Parce qu’à l’extérieur de Montréal, plusieurs directeurs généraux vont regarder Brendan Gallagher différemment des partisans du Canadien.

Eux vont voir un gars qui a marqué plus de 30 buts dans cette ligue.

Un joueur qui a survécu à des blessures qui auraient probablement détruit la carrière de bien d’autres joueurs.

Un vétéran respecté dans tous les vestiaires où il passe.

Mais surtout… ils vont voir un contrat qui se termine dans un an.

Et ça change tout.

Le Canadien, lui, se retrouve devant une décision extrêmement délicate.

Parce qu’émotionnellement, tourner la page sur Gallagher, ce n’est pas comme échanger un joueur de soutien ordinaire.

On parle d’un des derniers vrais symboles de l’ancienne identité du CH.

Le gars a traversé les années noires.

Il a joué avec des mains détruites, des côtes amochées, des commotions, des fractures au visage.

Combien de fois l’a-t-on vu revenir au jeu alors qu’il avait littéralement l’air de sortir d’un accident de voiture?

C’est ça qui rend la situation aussi difficile pour les partisans.

Parce qu’au fond, plusieurs savent déjà que le hockey parle de plus en plus fort contre lui… mais personne n’a réellement envie d’assister à la fin.

Sauf que le Canadien de Montréal n’est plus au même endroit qu’il y a trois ans.

L’équipe appartient maintenant à Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov, Lane Hutson et Noah Dobson.

Le noyau est jeune. Rapide. Créatif.

L’organisation pense maintenant à gagner pour vrai dans les prochaines années.

Et dans cette nouvelle fenêtre compétitive, chaque place dans l’alignement devient précieuse.

Quand un joueur de 6,5 millions regarde les séries du haut de la galerie de presse, ça devient difficile de prétendre que tout est normal.

Même Martin St-Louis semblait coincé entre le respect immense qu’il a pour Gallagher… et la réalité hockey qui lui criait autre chose en plein visage.

Parce que oui, Gallagher peut encore donner des séquences émotionnelles extraordinaires.

Son but contre Tampa Bay l’a rappelé à tout le monde.

Le Centre Bell a explosé comme dans les belles années.

Pendant quelques secondes, on avait presque oublié le temps.

Mais les séries contre la Caroline ont brutalement ramené tout le monde sur terre.

Le hockey va vite.

Très vite.

Et le Canadien semble maintenant rendu à une étape où le coeur ne peut plus être le seul argument.

C’est probablement ça, la plus triste révélation dans toute cette histoire.

Le fait que pour la première fois depuis très longtemps… le Canadien semble réellement prêt à imaginer son avenir sans Brendan Gallagher.

Et juste ça, pour une énorme partie des partisans montréalais, ça fait mal en maudit.

Ouf…