Tristesse pour Sidney Crosby: ça sent la fin
Sidney Crosby. AP

Tristesse pour Sidney Crosby: ça sent la fin

David Garel
Le 2026-11-06

C'est la fin d'une époque. Et pour les partisans du Canadien qui rêvaient encore de voir Sidney Crosby terminer sa carrière à Montréal, on vient de recevoir une claque au visage.

Le capitaine ne veut pas quitter Pittsburgh et porter un autre chandail. Pendant que Montréal rêve de lui offrir une dernière chance de gagner la Coupe Stanley, Crosby préfère rester avec une organisation qui se dirige au fond du trou.

Cette histoire devient si triste.

On parle de Sidney Crosby. Pas d'un joueur ordinaire qui approche tranquillement de la retraite. On parle d'une légende, d'un des plus grands joueurs de l'histoire, d'un homme qui a passé sa carrière à gagner, à dominer et à porter une franchise sur ses épaules.

Le voir terminer ses dernières saisons dans une équipe en fond de classement donne l'impression de regarder une grande carrière s'éteindre à petit feu.

Les informations de Josh Yohe, journaliste de The Athletic qui couvre les Penguins, viennent d'ailleurs refroidir sérieusement les espoirs montréalais.

Selon lui, Crosby ne veut pas jouer ailleurs. Il croit que le capitaine souhaite poursuivre sa carrière, mais à Pittsburgh. Yohe ne pense pas qu'il s'agisse de sa dernière saison dans la LNH et s'attend à ce qu'il signe éventuellement un contrat d'un an pour 2027-2028.

Le problème, c'est que Crosby n'a toujours pas signé cette prolongation. Pour la première fois de sa carrière, il amorce une saison sans contrat pour l'année suivante.

Son entente actuelle se termine au terme de la campagne 2026-2027. Nous sommes déjà en novembre et aucune nouvelle entente n'a été annoncée.

Yohe raconte qu'il s'attendait à voir Crosby signer avant le début de la saison. En mai, pendant le Championnat du monde en Suisse, le capitaine lui avait pourtant dit qu'il voulait jouer encore quelques années.

Mais le journaliste croit que Crosby hésite simplement à s'engager pour une durée qui dépasserait sa capacité à jouer à un haut niveau.

« Je ne crois pas que cela soit lié à la direction de l'équipe. Je ne pense pas que Crosby ait envie de jouer ailleurs. D'après ce que j'ai entendu et ce qu'il a dit, je crois simplement qu'il ne veut pas signer une entente qui durerait plus longtemps que sa capacité à jouer à un haut niveau. Je le crois lorsqu'il dit qu'il veut prendre les choses une année à la fois à ce stade de sa carrière. »

Le journaliste pense que la retraite approche et que la saison prochaine risque d'être la dernière du capitaine.

Mais voilà le problème : Crosby ne semble pas pressé de prendre une décision. Et surtout, il ne veut rien savoir d'un départ vers Montréal.

C'est incompréhensible pour les partisans du Canadien. Montréal pourrait lui offrir une dernière aventure dans un marché où il serait accueilli comme un héros.

Il n'a pas envie de rejoindre une jeune équipe ambitieuse, contribuer à faire franchir une nouvelle étape au Canadien et tenter de décrocher une quatrième Coupe Stanley.

Il préfère prendre sa retraite avec des perdants.

Les Penguins n'ont remporté que cinq de leurs 16 premiers matchs. Leurs défaites contre Winnipeg, Washington, Columbus et Chicago sont comparées à des performances digne de la ligue américaime selon les journalistes de Pittsburgh.

L'équipe est vieille, lente et trop petite. Les vétérans sont trop vieux, les jeunes sont trop jeunes, c'est un désastre complet.

Le capitaine lui-même traverse un début de saison difficile. Avec 10 points en 16 matchs, il connaît son pire départ en carrière.

À 39 ans, le ralentissement est compréhensible. Mais il ne ressemble plus au joueur dominant qui pouvait changer le cours d'une rencontre presque à lui seul. Son niveau de jeu actuel soulève une question inconfortable : combien lui reste-t-il réellement de saisons comme joueur d'impact?

Une année maximum.

Et c'est peut-être ici que le Canadien doit regarder cette situation autrement. Le refus de Crosby de venir à Montréal est finlaement une bénédiction déguisée.

Personne ne veut manquer de respect à une légende, mais Crosby est sur la pente descendante.

Le Canadien a besoin de joueurs capables de faire progresser son noyau pendant plusieurs saisons. Crosby est à deux doigts de la retraite.

Pendant ce temps, Kyle Dubas doit prendre une décision majeure à Pittsburgh. Josh Yohe croit que le directeur général pourrait être tenté de sacrifier des vétérans et d'accélérer une reconstruction.

Le journaliste ne croit pas que Dubas considère cette équipe comme une véritable candidate à la Coupe Stanley. Il va même jusqu'à dire que le chemin le plus rapide vers un championnat pourrait passer par un choix parmi les cinq premiers, voire dans les deux premiers rangs du repêchage.

« Pense-t-il que cette équipe est une véritable candidate au championnat? Bien sûr que non. Et je ne serais pas surpris qu'il croie que le chemin le plus rapide vers un championnat passe par l'obtention d'un choix parmi les cinq premiers, voire dans le top-2. »

Yohe estime donc que Dubas apprécie de voir les Penguins reculer au classement pour obtenir un choix de repêchage très élevé.

Une stratégie qui va ignifier le départ de plusieurs vétérans. Bryan Rust et Rickard Rakell deviennent notamment des noms à surveiller. Les deux attaquants ont déjà été associés au Canadien par Elliotte Friedman.

Evgeni Malkin aussi pourrait être échangé à Montréal ou au Minnesota, même s'il ne veut pas quitter Pittsburgh.

Mais Crosby ne partira pas. Il a essentiellement un contrat à vie avec Pittsburgh, et Yohe rappelle que Dubas ne jouera pas au bras de fer avec lui ou son agent, Pat Brisson. Tout dépend de la durée pendant laquelle le capitaine souhaite encore jouer.

Quant à Kris Letang, sa situation est différente. Son contrat de six ans, signé sous Ron Hextall en 2022, pèse davantage dans son maintien à Pittsburgh que son rendement actuel ou sa fidélité à l'organisation. Il est fini à la corde, mais les Penguins sont "pognés" avec.

Voilà donc le portrait d'une franchise qui s'effondre. Trois légendes qui ont passé plus de deux décennies ensemble, une équipe qui vieillit et un directeur général qui pourrait bientôt devoir prendre des décisions douloureuses.

Josh Yohe rapporte également que les nouveaux propriétaires, Geoff Hoffmann et sa famille, ont fait bonne impression depuis leur arrivée. Ils auraient augmenté la marge de crédit disponible pour l'organisation et les dirigeants interrogés ne manifestent aucune inquiétude concernant le budget consacré à l'équipe. Dubas dispose donc de moyens financiers pour gérer son effectif. Le problème n'est pas l'argent : c'est la direction sportive à prendre.

Et pendant que Pittsburgh cherche son prochain chapitre, les partisans montréalais doivent accepter que Crosby n'écrira jamais le sien au Centre Bell.

C'est triste. Vraiment triste. On aurait voulu voir cette légende vivre une dernière aventure dans un marché où chaque présence sur la glace aurait été un événement.

On aurait voulu le voir tenter de gagner une autre Coupe Stanley avec le Canadien plutôt que de s'accrocher à une équipe qui a besoin d'une profonde reconstruction.

Mais Crosby a fait son choix : il ne veut pas jouer ailleurs.

Sidney Crosby mérite mieux que de finir dans une équipe qui coule. Mais Montréal mérite aussi mieux que de bâtir ses espoirs sur un joueur qui ne veut tout simplement pas venir. Et qui préfère couler avant sa triste retraite.

Ainsi va la vie.