Une nouvelle catastrophique vient de tomber sur la tête de TVA Sports.
Et si certains pensaient que les coupures massives annoncées à TVA ne concernaient que les vedettes du divertissement ou les acteurs de fiction, il faut commencer à regarder du côté du sport.
Parce qu’avec tout ce qui se passe actuellement chez Groupe TVA, une question devient inévitable : qui croit sincèrement que les visages de TVA Sports vont être épargnés?
Le texte d’Hugo Dumas dans La Presse est brutal. Des vedettes établies de TVA ont accepté des baisses de salaire allant jusqu’à 30 % pour simplement garder leurs émissions en vie. Des animateurs installés depuis des années. Des têtes d’affiche. Des gens qui faisaient autrefois partie de l’élite télévisuelle québécoise.
Et selon ses informations, même des artistes très connus ont dû accepter des cachets amputés pendant que Pierre Karl Péladeau passe littéralement le réseau au peigne fin, jusqu’au coût des collations sur les plateaux de tournage.
Quand on commence à couper dans les sandwiches et les cafés sur un plateau de télévision, le message est clair : personne n’est intouchable.
Au même moment où TVA coupe partout, Québecor s’apprête potentiellement à embarquer dans une nouvelle guerre astronomique des droits sportifs.
Des milliards de dollars en jeu. Des droits nationaux de la LNH qui coûteront une fortune. Des dépenses massives pour tenter de survivre dans un univers où Amazon et les plateformes numériques changent complètement les règles du jeu.
Et pendant ce temps… TVA Sports saigne.
Les critiques explosent.
Les cotes d’écoute souffrent.
Les réseaux sociaux deviennent un champ de bataille soir après soir.
Puis soyons francs : si les vedettes du TVA généraliste se font couper de 30 %, pourquoi les têtes d’affiche sportives seraient-elles protégées?
Le contrat de Jean-Charles Lajoie arrive à échéance. Oui, tout le monde sait qu’il est un proche du pouvoir interne à TVA. Oui, son poids politique demeure énorme dans la machine Québecor. Mais même lui a déjà accepté une réduction salariale auparavant.
Si TVA est rendue à couper chez ses plus grosses vedettes du divertissement… qui croit vraiment qu’un deuxième ou un troisième sacrifice salarial n’est plus sur la table?
Même logique pour Félix Séguin.
Même logique pour Élizabeth Rancourt.
Même logique pour toute cette génération de "talents" (ou non-talent) sportifs qui se retrouve coincée dans une machine économique qui n’a plus les moyens de ses ambitions.
Le plus fou dans tout ça? Ce sont souvent ces mêmes personnalités qui encaissent les critiques publiques les plus violentes.
Félix Séguin devient viral au moindre malaise.
Jean-Charles Lajoie se fait attaquer quotidiennement.
Patrick Lalime est toujours comparé négativement à Marc Denis.
Les panels d’après-match sont démolis sur X.
Et malgré tout ça, les employés ne peuvent pratiquement pas se plaindre.
Pourquoi?
Parce que le marché télévisuel québécois traverse une crise historique.
Comme le souligne Hugo Dumas, beaucoup d’artisans préfèrent se taire et accepter des conditions moins favorables plutôt que de risquer de perdre complètement leur place. Dans un environnement où des productions sont annulées, des budgets coupés et des emplois menacés, plusieurs se considèrent encore chanceux d’être là.
Le problème, c’est qu’à TVA Sports, la situation semble encore plus fragile.
Le diffuseur paie déjà très cher pour le hockey.
La perception publique continue de se détériorer.
Le public compare constamment avec RDS, Sportsnet ou même les clips européens devenus viraux.
Et maintenant, on commence à comprendre pourquoi certaines décisions éditoriales semblent parfois improvisées, moins ambitieuses ou fabriquées à rabais.
Quand Hugo Dumas explique que même les capsules de Chanteurs masqués seront désormais fabriquées avec l’intelligence artificielle pour économiser de l’argent, ça fait réfléchir à tout ce qu’on voit déjà à TVA Sports : segments IA maladroits, habillage visuel contesté, production parfois critiquée comme étant plus “cheap” qu’avant.
Ce n’est probablement pas un hasard.
C’est souvent le symptôme d’une entreprise qui coupe partout où elle peut couper.
Le drame humain, c’est qu’au bout de cette chaîne alimentaire, ce ne sont pas les grands patrons qui absorbent les coups du public.
Ce sont les visages qu’on voit à l’écran.
Ce sont Félix Séguin, Élizabeth Rancourt, Jean-Charles Lajoie et les autres qui deviennent les symboles visibles d’un malaise beaucoup plus profond.
Pendant que Pierre Karl Péladeau tente de maintenir à flot un modèle d’affaires de plus en plus fragile, ce sont eux qui doivent continuer à sourire en ondes… avec peut-être, bientôt, un chèque de paie beaucoup plus léger.
Et c’est là où la grande contradiction devient presque impossible à ignorer.
TVA coupe partout.
Mais semble toujours prête à dépenser des fortunes pour survivre dans la guerre des droits sportifs.
Comme si le réseau coupait les branches de l’arbre… tout en essayant encore d’acheter la forêt entière.
