L’excitation commence tranquillement à monter autour d’Alexander Zharovsky à Montréal… et c’est exactement à ce moment-là qu’il faut ralentir les attentes.
Parce qu’un témoignage extrêmement révélateur en provenance de Russie vient peut-être de lancer un avertissement très clair aux partisans du Canadien.
Dans une longue entrevue accordée aux médias russes, l’attaquant canadien Jack Rodwald, qui évolue avec Zharovsky au sein du Salavat Yulaev dans la KHL, a livré une déclaration qui a immédiatement retenu l’attention.
Pourquoi?
Parce qu’il a comparé directement Alexander Zharovsky à Juraj Slafkovsky.
Rodwald a raconté qu’il avait déjà joué en Finlande avec Juraj Slafkovsky avant que ce dernier soit repêché par le Canadien de Montréal… et selon lui, Zharovsky lui rappelle énormément le Slovaque.
Une comparaison fascinante.
Mais aussi une comparaison qui devrait immédiatement calmer bien des ardeurs à Montréal.
Parce qu’on oublie aujourd’hui à quel point les débuts de Slafkovsky dans la LNH ont été compliqués.
Très compliqués.
Revenons un instant à la première saison de Juraj Slafkovský à Montréal… parce qu’avec le recul, plusieurs semblent avoir complètement oublié à quel point les débuts ont été brutaux.
À seulement 18 ans, le premier choix au total de 2022 n’a disputé que 39 matchs, récoltant à peine 4 buts et 10 points avant que sa saison prenne fin prématurément à cause d’une blessure au bas du corps.
Son temps de glace dépassait rarement les 12 minutes par rencontre et, soir après soir, on voyait un jeune joueur complètement secoué par l’adaptation.
Slafkovsky passait son temps à perdre ses batailles à un contre un, se faisait constamment renverser, tombait littéralement sur la glace à répétition et semblait souvent jouer une fraction de seconde en retard sur le rythme infernal de la LNH.
Pendant des mois, Montréal s’est demandé si le kid était réellement prêt… et certains commençaient déjà dangereusement à parler d’erreur de repêchage.
Pendant longtemps, plusieurs se demandaient même si le Canadien ne s’était pas complètement trompé en le sélectionnant au tout premier rang.
Le talent sautait aux yeux.
Le physique impressionnait.
Le tir était là.
La puissance aussi.
Mais une fois arrivé dans la meilleure ligue au monde… tout semblait soudainement beaucoup plus difficile.
Et c’est exactement ce qui risque d’attendre Zharovsky.
Ces gros attaquants ultra talentueux, capables de dominer des ligues inférieures grâce à leur gabarit, vivent souvent un choc brutal lorsqu’ils arrivent dans la LNH.
Soudainement, l’avantage physique disparaît.
Tout le monde est rapide.
Tout le monde est fort.
Tout le monde ferme l’espace deux fois plus vite.
Et surtout… chaque erreur est immédiatement punie.
On l’a vu avec Slafkovsky.
Une soirée, il ressemblait à une future supervedette capable de changer complètement l’allure d’un match à lui seul.
Le lendemain?
Décisions douteuses.
Erreurs défensives.
Séquences d’immaturité frustrantes.
Des matchs où il nuisait parfois davantage qu’il aidait.
Le développement n’a jamais été linéaire.
Et ce n’est que beaucoup plus tard qu’on a commencé à voir le vrai potentiel émerger.
Encore cette année, durant les séries éliminatoires, Slafkovsky a démontré à quel point son plafond demeure immense… mais aussi à quel point son jeu peut encore fluctuer énormément.
C’est exactement pour cette raison que la comparaison faite par Rodwald devient fascinante.
Parce que lui a vu les deux de près.
Il a partagé un trio avec Slafkovsky avant son arrivée à Montréal.
Aujourd’hui, il observe Zharovsky quotidiennement.
Et selon lui, les ressemblances sont frappantes.
Ce qui est encourageant à long terme.
Mais possiblement très douloureux à court terme.
À Montréal, on adore construire des scénarios parfaits.
On voit déjà certains imaginer Zharovsky débarquer, marquer 30 buts dès sa première saison et immédiatement transformer le top-6 offensif du Canadien.
La réalité est souvent beaucoup plus brutale.
On le voit déjà avec Ivan Demidov.
Même les talents générationnels ont besoin d’une phase d’adaptation.
Comprendre les systèmes.
S’adapter à la vitesse.
Apprendre à prendre des décisions une fraction de seconde plus rapidement.
Gagner en maturité.
Développer la constance.
Le talent seul ne suffit jamais immédiatement.
Si Alexander Zharovsky suit réellement le parcours de Juraj Slafkovsky…
Le Canadien vient peut-être d’ajouter un futur joueur extrêmement spécial.
Mais avant d’en arriver là…
Les partisans devront probablement apprendre un mot qu’ils détestent profondément.
Patience.
Ouf…
