Une question que tout le monde se pose depuis quelques années vient finalement d’être abordée par l’une des plus grandes légendes du hockey québécois… et la réponse de Patrice Bergeron mérite qu’on s’y attarde.
Pourquoi le Québec produit-il autant moins de joueurs d’élite qu’autrefois?
Pourquoi retrouve-t-on aujourd’hui un seul Québécois au sein d’Équipe Canada junior, Caleb Desnoyers, alors qu’il fut une époque où la province dominait pratiquement toutes les grandes compétitions?
Pourquoi aucun Québécois n’a-t-il porté les couleurs du Canada aux derniers Jeux olympiques?
Plus inquiétant encore, où sont passés les grands gardiens qui faisaient autrefois la réputation de la province?
Ces questions ont été soulevées directement par Ryan Whitney, Paul Bissonnette et Keith Yandle lors d’une récente entrevue avec Patrice Bergeron au populaire balado Spittin’ Chiclets.
Comment le Québec était passé de Patrick Roy, Martin Brodeur, Roberto Luongo et Marc-André Fleury… à une situation où les gardiens québécois sont pratiquement absents des plus hauts sommets de la LNH.
Bergeron n’a pas tenté d’éviter le sujet.
« Ouais, c'est une bonne question. Je pense qu'on en parle beaucoup en ce moment, Hockey Canada dans son ensemble en parle, mais je pense que la fédération québécoise, particulièrement, fait beaucoup d'examen de conscience en ce moment et essaie de comprendre quel est le problème. », a reconnu l’ancien capitaine des Bruins de Boston.
Selon lui, Hockey Canada discute abondamment de cette réalité depuis un certain temps.
Mais surtout, Hockey Québec mène actuellement une profonde réflexion afin de comprendre pourquoi la province ne développe plus autant de joueurs d’impact qu’autrefois.
Bergeron a même raconté avoir rencontré récemment le directeur général de Hockey Québec lors du Championnat du monde disputé à Zurich.
« En fait, c'est drôle parce que j'étais au Championnat mondial à Zurich, j'ai vu le directeur de la Fédération de hockey du Québec et ils font justement une tournée en ce moment pour visiter différents pays et voir ce qui pourrait être amélioré.»
Why is hockey in a French-Canadian drought? 🇨🇦📉 pic.twitter.com/mJgWE2Rfzp
— Spittin' Chiclets (@spittinchiclets) August 5, 2026
La fédération effectue présentement une tournée dans plusieurs pays afin d’observer différentes méthodes de développement, d’analyser les systèmes qui connaissent du succès et de comparer leurs pratiques à celles des meilleures nations du hockey mondial.
« Ils font presque un audit », résume Bergeron.
Autrement dit, Hockey Québec ne nie plus qu’un problème existe.
L’organisation cherche maintenant à comprendre où le développement a commencé à ralentir.
Le plus rassurant dans les propos de Bergeron est peut-être la conviction qu’il conserve envers la prochaine génération.
« Le talent est encore là. Les jeunes aiment toujours autant le hockey. Il faut simplement trouver comment mieux les développer. »
Cette phrase résume probablement toute la situation.
Car personne ne remet en question la passion des jeunes Québécois.
Le problème semble plutôt se situer dans le chemin qui mène jusqu’à la LNH.
Pour ceux qui ont grandi en regardant le hockey des années 1970, 1980, 1990 et 2000, le contraste est difficile à ignorer.
Pendant des décennies, le Québec était une véritable usine à vedettes.

Maurice Richard.
Jean Béliveau.
Yvan Cournoyer.
Guy Lafleur.
Mario Lemieux.
Patrick Roy.
Martin Brodeur.
Roberto Luongo.
Marc-André Fleury.
Vincent Lecavalier.
Martin St-Louis.
Simon Gagné.
Patrice Bergeron.
Jonathan Huberdeau.
Kristopher Letang.
La liste semblait interminable.
Chaque génération amenait ses nouvelles supervedettes.
Aujourd’hui, le portrait est différent.
Même les animateurs américains de Spittin’ Chiclets trouvent la situation étonnante.
Keith Yandle l’a rappelé durant la discussion en soulignant qu’autrefois, les meilleurs gardiens provenaient presque toujours du Québec.
Ryan Whitney est allé dans le même sens en rappelant que le hockey canadien perd une province qui, pendant très longtemps, alimentait constamment la LNH en joueurs d’exception.
Ce qui rend le dossier encore plus important, c’est que personne ne cherche à pointer un coupable.
Bergeron n’accuse pas Hockey Québec.
Il ne critique pas les entraîneurs.
Il ne remet pas en question les jeunes.
Au contraire.
Son message est empreint d’espoir.
Selon lui, le talent existe toujours. Il faut simplement trouver une meilleure façon de l’accompagner jusqu’au plus haut niveau.
Peut-être que cette tournée internationale permettra justement de découvrir certaines réponses.
Peut-être que les prochaines années marqueront le début d’un nouveau cycle.
Une chose demeure certaine.
Lorsque Patrice Bergeron lui-même admet que tout le monde cherche encore pourquoi le Québec ne produit plus autant de joueurs d’élite qu’avant, il devient difficile de prétendre que cette réalité n’existe pas.
Le hockey québécois a déjà écrit certains des plus grands chapitres de l’histoire de la LNH.
Toute une province espère maintenant assister au début du prochain.
Misère…
