Washington hante encore Martin St-Louis.
Et quand Washington revient en ville, ce ne sont jamais de simples ajustements. Ce sont des cicatrices qui se rouvrent.
Ce soir, les Capitals sont au Centre Bell. La dernière confrontation de la saison régulière.
Le souvenir est encore frais. Une série perdue en cinq l’an dernier.
Une équipe du Canadien dominée physiquement. Écrasée dans les coins. Bousculée par Tom Wilson. Éteinte par Alex Ovechkin.
Une série qui a exposé le manque de robustesse, le manque de poids, le manque de maturité physique du CH.
Et à quelques heures de ce match, Martin St-Louis donne l’impression d’un coach hanté.
Zachary Bolduc entre.
Arber Xhekaj sort.
Jayden Struble entre.
Bolduc, Struble et Dobes affronteront les Caps samedi. Texier et Xhekaj seront laissés de côté
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) February 28, 2026
Bolduc, Struble and Dobes will face the Caps on Saturday. Texier and Xhekaj are healthy scratches#GoHabsGo pic.twitter.com/RkYbmAqsk4
Un mouvement. Puis un autre. Puis une contradiction.
On rajoute de la robustesse à l’avant… mais on enlève le joueur le plus intimidant à l’arrière.
Bolduc revient dans l’alignement.
Il prendrait la place d’Alexandre Texier.
Officiellement, c’est un ajustement hockey.
Officieusement, ça sent la nervosité.
Parce que Bolduc avait été envoyé dans les gradins.
Parce qu’on nous avait presque fait comprendre qu’il n’était plus dans les bonnes grâces du coach.
Parce qu’il était devenu l’attaquant le moins utilisé, celui qu’on garde à neuf minutes, celui qu’on ne met pas sur l’avantage numérique.
Et là, soudainement, il redevient nécessaire.
Pourquoi?
Parce que Washington revient.
Parce que St-Louis sait ce que cette équipe peut faire physiquement. Parce qu’il sait que le Centre Bell se souvient encore de la série 2025. Parce qu’il sait qu’il s’est fait critiquer pour avoir manqué de colosses. Parce qu’il sait qu’il ne peut pas revivre ça.
Alors il brasse.
Mais en brassant, il envoie un message troublant.
Bolduc entre… mais Xhekaj sort.
Le Shérif. Le seul qui ne recule jamais contre Tom Wilson. Le seul qui peut changer l’énergie d’un match avec une mise en échec ou un combat. Le joueur le plus robuste du Canadien. Celui qu’on disait indispensable contre Washington.
Et il regarde le match.
Struble est un défenseur robuste. Intelligent. Plus discipliné.
St-Louis lui fait plus confiance.
Mais dans un match où l’intimidation est une arme, retirer Xhekaj ressemble à un choix dicté par la peur de l’erreur plutôt que par l’instinct de confrontation.
C’est ça, le vrai malaise.
St-Louis a de la profondeur. Trop, peut-être. Il a des jeunes talentueux. Des vétérans. Des options partout. Mais quand vient le temps d’affronter Washington, son alignement semble dicté par le souvenir, pas par la clarté.
Bolduc et Xhekaj deviennent les variables d’ajustement.
Un match, tu joues.
Un match, tu sors.
Un match, tu es nécessaire.
Le lendemain, tu es un problème.
Ce sont eux qui écopent du stress du coach.
Parce que oui, il y a du stress.
C’est la dernière occasion de vengeance en saison régulière. Le CH a déjà perdu deux fois contre les Capitals cette année. Les fantômes des séries planent encore. Et pendant que les Capitals jouent leur survie dans la course aux séries, Montréal joue sa crédibilité.
St-Louis ne veut pas revivre le scénario où son équipe se fait manger physiquement. Il ne veut pas revivre les critiques sur le manque de gabarit. Il ne veut pas revivre les questions sur ses décisions d’alignement.
Alors il ajuste.
Encore.
Mais plus il ajuste, plus il donne l’impression d’hésiter.
Bolduc, c’est un joueur qui frappe. Qui finit ses mises en échec. Qui amène une étincelle. Mais il n’a jamais senti la confiance totale de son coach. Xhekaj, c’est la robustesse incarnée. Mais il vit toujours sur la ligne fine entre l’utilité et la punition.
Et ce soir, ils sont les deux faces d’une même pièce.
L’un revient parce que le coach a besoin de muscle à l’avant.
L’autre sort parce que le coach craint l’erreur à l’arrière.
Washington hante encore Martin St-Louis.
On le sent dans ces décisions contradictoires. On le voit dans cette gestion nerveuse des rôles. On le comprend dans cette volonté de ne pas perdre le contrôle d’un match qui peut rapidement dégénérer.
Le plus inquiétant? Ce match ressemble à un test psychologique autant qu’à un duel hockey.
Si Montréal se fait brasser encore, les critiques vont revenir.
Si Bolduc joue peu, on parlera d’utilisation incohérente.
Si Xhekaj manque au combat, on parlera d’erreur stratégique.
Et si le Canadien gagne?
Alors on dira que St-Louis a appris de 2025.
Mais pour l’instant, ce qui domine, ce n’est pas la confiance.
C’est le souvenir.
Et dans ce souvenir-là, Washington a encore l’avantage.à
À suivre...
