2 millions de dollars en fumée: le malaise Chris Kreider grandit
Chris Kreider. NHL.com

2 millions de dollars en fumée: le malaise Chris Kreider grandit

David Garel
Le 2026-10-23

Deux millions de dollars pour avoir joué dix matchs. Voilà le boni que Chris Kreider s’apprête à empocher avec le Canadien de Montréal.

À 35 ans, avec un maigre but en neuf rencontres et trois passes, le vétéran américain est sur le point de toucher le plus gros montant de son contrat grâce à une clause tellement facile à atteindre.

Le problème, c’est que Montréal n’a pas payé Kreider pour collectionner les chèques. Le Canadien espérait obtenir un vétéran capable de faire une différence. Pour l’instant, le rendement est loin de justifier l’enthousiasme entourant son arrivée.

Appelons les choses par leur nom : le deux millions de la honte.

Kreider connaît un début horrible, mais va toucher cette somme les yeux fermés. Il devait simplement disputer son dixième match de la saison, un plateau qu’il atteindra ce soir.

Le boni sera donc versé pour un vétéran fini à la corde, qui n'avance plus et qui fait même la "baboune" depuis le début de la saison.

Un but en neuf matchs. Trois passes. Un joueur qui bénéficie d’un temps de glace important, mais qui ne transforme pas ses occasions en production offensive.

Kreider n’est pas nécessairement catastrophique à chacune de ses présences, mais le résultat est difficile à défendre pour un vétéran qui devait apporter du poids, de l’expérience et une présence devant le filet.

À 35 ans, la question commence à se poser sérieusement : est-il encore capable de suivre le rythme pendant toute une saison?

Le Canadien a besoin d’un Kreider qui dérange les défenseurs, gagne ses batailles et contribue offensivement. Il ne peut pas se contenter d’un nom connu et d’un curriculum vitæ impressionnant. L’expérience des séries éliminatoires ne vaut pas grand-chose si le joueur n’arrive plus à suivre le rythme du hockey actuel.

Pour comprendre toute l’histoire, il faut revenir à son départ des Ducks d’Anaheim.

Kreider a accepté de mettre fin à son contrat avec les Ducks, alors qu’il lui restait quatre millions de dollars en salaire réel à toucher, même si son impact était de de 6,5 millions de dollars sur la masse salariale.

Il avait aussi reçu un million de dollars en bonus de signature le 1er juillet. Cet argent était déjà dans ses poches lorsqu’il a quitté Anaheim.

En acceptant de résilier son contrat, Kreider a donc renoncé aux quatre millions de dollars qui lui restaient à toucher chez les Ducks. Il a ensuite signé avec le Canadien un contrat d’un an comprenant 2,15 millions de dollars garantis, auxquels s’ajoutent des bonis de performance.

À première vue, le vétéran semblait avoir consenti à un énorme sacrifice financier pour rejoindre Montréal.

Mais son contrat comportait une clause honteuse : deux millions de dollars supplémentaires lui sont promis dès qu’il dispute son dixième match de la saison.

En additionnant le million de dollars déjà reçu des Ducks, les 2,15 millions garantis par Montréal et le boni de deux millions, son revenu contractuel brut associé à ces deux ententes atteindrait environ 5,15 millions de dollars, avant les autres éventuels bonis.

Les autres bonis prévoient 250 000 $ à son dixième but, 250 000 $ à son vingtième, 250 000 $ à son trentième et 500 000 $ à son quarantième. Avec un seul but après neuf matchs, ces sommes ne seront pas atteintes?

Kreider pourrait donc ne jamais toucher la totalité des 3,25 millions de dollars en bonis prévus à son contrat montréalais. Mais le boni de deux millions est déjà dans ses poches.

Kreider vient de s'assurer 5,15 millions de dollars.

C’est ici que le dossier devient irritant pour les partisans.

Montréal a accepté de miser sur un vétéran qui possède une longue expérience des séries éliminatoires, un physique imposant et un historique de production offensive. Le pari était compréhensible. Le Canadien voulait ajouter un joueur capable de marquer des buts importants et de rendre la vie difficile aux défenseurs adverses.

La vérité est que Martin St-Louis voulait son chum.

Son maigre bilan offensif commence à devenir préoccupant, mais son attitude aussi. Il semble toujours de mauvaises humeur à l'entraînement.

Kreider a déjà gagné son pari financier. Mais Montréal s'est fait avoir sur toute la ligne juste parce que Martin St-Louis voulait son ancien coéquipier.

Kreider a donc réussi son pari financier.

Le Canadien, lui, doit encore attendre que le pari sportif porte ses fruits.

Le deux millions de la honte, c’est celui qu’un vétéran peut toucher avant même d’avoir démontré qu’il est encore capable de faire une différence sur la glace.

Misère.