Cogeco n’avait vraiment pas besoin de ça.
Alors que Cogeco Média doit déjà composer avec des pertes importantes, que l’avenir de ses droits radiophoniques du Canadien de Montréal commence à devenir inquiétant et que le 98,5 FM cherche désespérément à retrouver son lustre d’autrefois et que Rythme FM s'enfonce un peu plus à chaque jour, une nouvelle controverse vient frapper le réseau de plein fouet.
Cette fois, c’est Maripier Morin qui se retrouve au centre de la tempête.
Et pour Cogeco, le timing ne pouvait pas être pire.
Selon les informations qui nous ont été rapportées, Cogeco Média aurait terminé l’année 2025 avec une perte d’environ 5 millions de dollars.
Et toujours selon nos informations, la facture pourrait être encore plus salée en 2026, avec une perte qui atteindrait environ 6 millions de dollars.
Dans un marché radiophonique où les revenus publicitaires sont déjà sous pression, ce n’est plus une petite difficulté temporaire.
C’est un problème majeur.
Et pendant que Cogeco tente de protéger ses actifs les plus importants, son image prend encore des coups.
Les propos de Maripier Morin sur les cours d’arts plastiques ont déclenché une réaction cinglante du public.
En ondes sur rythme FM, l’animatrice a notamment affirmé qu’elle « enlèverait le superflu » à l’école et a remis en question l’importance des arts plastiques, allant jusqu’à ridiculiser les bricolages de sa fille au contenu de ces cours.
« Ma fille m’a fait un bel arc-en-ciel la semaine dernière (sarcasme) Mais un moment donné, je veux dire… 12 ans de ça? Je vais mettre ça où? Ça va me prendre un hangar! »
« Tu ne peux pas me donner une note sur l’art plastique. C’est de l’art! Comment tu peux dire : “T’as bien fait ta ligne ou t’as pas bien fait ta ligne”? Voyons, c’est de l’art. Exprime-toi, that’s it, that’s all. »
Cogeco a ensuite expliqué que les propos étaient teintés de sarcasme et d’humour.
Le problème?
Le public est en furie.
Plusieurs personnes ayant elles-mêmes trouvé un refuge dans les arts plastiques pendant des périodes difficiles ont expliqué à quel point ces cours avaient compté dans leur parcours.
Certains racontent avoir trouvé dans un local d’arts un endroit où s’évader, s’exprimer et simplement se sentir à leur place, dans un refuge, alors que l’école devenait parfois une source de détresse.
Le segment a d’ailleurs disparu du site de Rythme FM, ce qui n’a évidemment pas contribué à calmer la controverse.
Et voilà Cogeco obligée de gérer une nouvelle crise d’image au moment précis où elle aurait besoin de tout sauf de ça.
Parce qu’il ne faut pas se tromper de cible.
Martin McGuire et Dany Dubé ne sont pas les responsables des problèmes financiers de Cogeco.
Ils ne sont pas ceux qui font perdre de l’audience au réseau.
Ils ne sont pas non plus responsables des controverses qui éclatent autour de certaines personnalités du groupe.
Au contraire.
Les deux hommes sont pratiquement des victimes collatérales de la situation.
Ils représentent le Canadien à la radio depuis des années.
Ils ont leur public.
Ils ont une crédibilité auprès des amateurs de hockey.
Mais si l’entreprise qui possède les droits commence à avoir des problèmes financiers et que son image se détériore, tout le monde finit par être touché.
Même les meilleurs employés.
Et c’est là que les droits du Canadien deviennent un sujet brûlant.
Cogeco détient encore les droits radiophoniques du Canadien de Montréal, mais l’entente actuelle arrive à échéance à l’été 2027.
Le groupe n’a pas éternellement les mains liées à ce contrat et tout le monde sait que Sylvain Chamberland (Arsenal Media, BPM Sports) veut les droits du CH.
Il nous l'avait même avoué en pleine entrevue:
Avec 6 millions de dollars de pertes et 11 millions de pertes lors des deux dernières années, McGuire et Dubé sont dans le troubles.
À cause des autres "clowns" du réseau.
Les droits du Canadien sont prestigieux.
Ils permettent à Cogeco de conserver une association extrêmement forte avec le Tricolore.
Mais ils coûtent cher pour un réseau qui s'effondre
Et lorsque les revenus ne suivent plus, le prestige ne paie pas les factures.
Et lorsque les scandales s'empilent, le CH n'aime pas voir sa marqué associé à des propos inacceptables.
C’est exactement ce qui devrait inquiéter les dirigeants de Cogeco.
Parce que pendant que le réseau doit composer avec ses pertes, ses problèmes d’audience et les controverses qui éclatent autour de certaines de ses vedettes, la concurrence observe.
Et elle attend.
Québecor, notamment, possède déjà une présence radiophonique importante avec QUB.
Imaginez maintenant le scénario où les droits radio du Canadien deviennent disponibles en 2027.
Le Canadien sur QUB... ou BPM Sports.
Peu importe, e serait une arme médiatique considérable.
Et surtout, ce serait une occasion exceptionnelle de frapper directement Cogeco là où ça fait le plus mal.
Il y a un autre problème.
Patrick Lagacé.
Car si Cogeco connaît des difficultés financières, le dossier du 98,5 FM demeure probablement le symbole le plus évident de la crise que traverse le groupe.
Le départ de Paul Arcand devait ouvrir une nouvelle ère.
Mais la transition n’a jamais produit l’effet espéré.
Et pendant que le 98,5 cherche encore sa nouvelle identité, ses concurrents avancent.
Martin McGuire et Dany Dubé me méritent pas ça.
Ils sont pris dans une structure qui connaît des difficultés.
Ils peuvent commenter un match du Canadien de la meilleure façon possible, mais ils ne peuvent pas contrôler les décisions de programmation, les résultats d’écoute, les controverses ou la situation financière de Cogeco.
Le problème est beaucoup plus haut.
En 2027, les droits seront sur la table.
Et à ce moment-là, Cogeco devra convaincre le Canadien qu’elle est encore le meilleur endroit pour raconter l’histoire du Tricolore.
Tant que Maripier Morin ne vienne pas nous dire que le hockey... c'est comme les arts.
Inutile.
Misère....
