8 millions de dollars par année: Kent Hughes ébranlé par la signature

8 millions de dollars par année: Kent Hughes ébranlé par la signature

David Garel
Le 2026-07-23

Le verdict est tombé. Et Kent Hughes est ébranlé comme jamais.

Pendant quelques jours, l'ancien défenseur du CH, Bruno Gervais, a fait rêver les partisans du Canadien.

Selon lui, Montréal représentait exactement le type d’équipe que Patrick Kane recherchait à ce stade de sa carrière. Une jeune formation en pleine ascension. Un rôle offensif important. La possibilité d’encadrer Ivan Demidov et d’aider le Canadien à franchir une autre étape.

Il avait même clamé qu'une offre avait été soumise au clan Kane.

Selon ce qui circule, l'offre était d'un an et évaluée autour de 4 millions de dollars, avec des bonis.

Aujourd’hui, la réalité frappe de plein fouet.

Chicago vient de lui offrir le double, avec une garantie de deux saisons.

Patrick Kane retourne là où tout a commencé.

Deux ans.

Huit millions de dollars par saison.

Le Canadien n’a pas été battu.

Il a été complètement dépassé.

À 37 ans, Patrick Kane touchera un salaire annuel supérieur à celui de Cole Caufield (7,85 M$), Nick Suzuki (7,875 M$) et Juraj Slafkovsky (7,6 M$).

Il empochera pratiquement la même chose annuellement que Lane Hutson (8,85 M$) et Ivan Demidov à partir de 2027 (9,15 M$).

Quand on s’arrête deux secondes pour y penser, c’est complètement fou.

Oui, Kane demeure un futur membre du Temple de la renommée et il sort d’une saison de 57 points en 67 matchs avec Detroit.

Mais il aura 39 ans avant la fin de cette entente.

Kyle Davidson a décidé de payer le prix fort pour ramener la légende à Chicago.

Après avoir sacrifié son 4e choix au total pour Bowen Byram et déjà distribué un contrat gigantesque au défenseur cet été (8 ans et 12,5 M$), le directeur général des Blackhawks vient une fois de plus de démontrer qu’il est prêt à dépenser sans compter pour accélérer la reconstruction autour de Connor Bedard.

Le message est clair.

Chicago ne veut plus patienter et veut gagner maintenant.

Et pour y arriver, Davidson a accepté de surpayer une légende de l’organisation.

La plus grande leçon dans cette histoire concerne toutefois Montréal.

Kent Hughes se retrouve pris au piège dans son propre succès. Il a convaincu Suzuki, Caufield et Slafkovsky, Hutson et Demidov d’accepter des vols favorables à l’organisation.

Mais cette stratégie crée maintenant un nouveau problème. La prochaine vedette qui arrivera à Montréal ne voudra jamais signer en fonction de la structure salariale interne. Elle voudra être payée en fonction… du marché.

Le DG est affecté... par ses propres décisions..

Pendant quatre ans, il a construit une culture où personne ne dépassait les autres de façon spectaculaire. Mais si le Canadien veut mettre la main sur une véritable vedette comme Jason Robertson l'été prochain (agent libre), il devra accepter qu’il gagne plus du double d'argent que Nick Suzuki, Cole Caufield etJuraj Slafkovsky.

Et le vestiaire ne l'acceptera pas. Ce sera un test de gestion autant qu’un test financier.

L’agent de joueurs Allain Roy croit d’ailleurs que cette nouvelle réalité risque de laisser un goût amer aux vedettes du CH qui ont signé trop tôt.

En entrevue, il clame que des joueurs comme Cole Caufield et Juraj Slafkovsky voient aujourd’hui le marché exploser sous leurs yeux, alors qu’ils sont liés à de longues ententes négociées avant la hausse spectaculaire du plafond salarial.

Selon Roy, il est inévitable que certains joueurs se demandent s’ils se sont fait avoir.

« C’est une situation intenable pour ces joueurs. Ils voient leurs collègues s’enrichir avec des contrats colossaux pendant qu’eux sont bloqués avec des ententes qui, dans quelques années, paraîtront ridicules. »

« Il y aura ceux qui ont eu le malheur de signer avant cette explosion salariale et ceux qui pourront en profiter pleinement. Malheureusement, pour Caufield et Slafkovsky, ils sont dans la première catégorie. Ces gars-là vont voir des joueurs de calibre inférieur toucher beaucoup plus qu’eux, et ça va les hanter pendant des années. »

Même chose pour Lane Hutson et Ivan Demidov.

« C’est une question de perspective, mais il faut comprendre la psychologie des joueurs. Ils ne jouent pas seulement pour l’amour du hockey, ils jouent aussi pour ce qu’ils valent sur le marché. Et aujourd’hui, ils réalisent qu’ils valent bien plus que ce qu’ils ont accepté. »

« Si le plafond grimpe trop vite et que les revenus ne suivent pas immédiatement, on pourrait voir l’escrow refaire surface. Et là, les joueurs déjà sous contrat se feront doublement avoir. »

L'agent affirme même que les vedettes sous-payées du CH vont demander d'être compensés.

« On pourrait envisager un mécanisme de compensation, peut-être lié aux frais d’expansion des nouvelles franchises, mais la réalité, c’est que les propriétaires n’ont aucun intérêt à donner plus d’argent aux joueurs déjà sous contrat. C’est une situation difficile. »

Imaginez comment les Caufield, Slafkovsky, Hutson, Demidov et Suzuki se sentent quand ils voient que Kane vient d'empocher 8 M$ par année.

Ouch.

Pendant plusieurs jours, on a voulu croire que Patrick Kane cherchait simplement le meilleur projet hockey.

Ce n’était pas le cas.

Chris Chelios l’avait pratiquement annoncé d’avance : le choix de Kane se résumait à deux villes.

Buffalo, là où il est né.

Ou Chicago, là où il est devenu une légende.

Le Canadien n’a jamais fait partie des finalistes.

Et lorsque les Blackhawks ont déposé 16 millions de dollars garantis sur deux saisons, il n’y avait plus grand-chose à discuter.

Kent Hughes aurait-il dû suivre?

Absolument pas.

À 8 millions de dollars par année, Kane aurait immédiatement été le joueur le mieux payé chez les attaquants du Canadien en 2026-2027.

Pour un joueur de 37 ans, aussi légendaire soit-il, cette réalité aurait été impossible à justifier dans un vestiaire qui a accepté d'être sous-payé pour respecter le plan "je me sacrifie" de Kent Hughes.

Le Canadien n’a pas perdu Patrick Kane parce qu’il a manqué d’ambition.

Il l’a perdu parce que Chicago a décidé de lui offrir un contrat qu’aucune organisation responsable n’aurait probablement accepté d’égaler.

Et surtout parce que Kent Hughes est "pogné dans un coin". Sous-payer tes vedettes est génial... jusqu'à ce que la jalousie s'installe...

Et à 8 millions de dollars par saison, on comprend soudainement pourquoi Patrick Kane est rentré… à la maison.