Le nom de Rasmus Ristolainen ne quitte plus l’entourage du Canadien de Montréal.
Pendant des mois, il s’agissait d’une simple rumeur. D’un dossier exploré à la date limite des transactions. D’une possibilité parmi tant d’autres.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Lorsque Elliotte Friedman affirme qu’il voit Rasmus Ristolainen terminer l’été à Montréal, toute la LNH tend l’oreille. Friedman ne lance pas ce genre de prédiction à la légère. Il connaît les besoins du Canadien. Il connaît aussi la réalité des Flyers.
Et surtout…
Il sait que les deux dossiers sont liés depuis longtemps.
Celui de Rasmus Ristolainen.
Et celui d’Arber Xhekaj.
Depuis la dernière date limite des transactions, Daniel Brière n’a jamais caché son intérêt pour le Shérif. À Philadelphie, on adore son profil.
Un défenseur intimidant, capable de changer le ton d’un match avec une seule mise en échec, de défendre ses coéquipiers et d’apporter cette identité physique qui a longtemps fait la réputation des Flyers.
À l’époque, Brière croyait avoir toutes les cartes en main.
Le prix demandé était immense.
Arber Xhekaj.
Un choix de première ronde.
Et certains parlaient même d’un autre actif en complément.
Kent Hughes n’a jamais été près d’accepter une telle demande.
À ses yeux, sacrifier son défenseur le plus intimidant en plus d’un choix de première ronde pour un joueur de 31 ans représentait un pari beaucoup trop risqué.
Le dossier est donc tombé à l’eau.
Mais plusieurs mois plus tard…
Le rapport de force n’est plus le même.
Rasmus Ristolainen entre dans la dernière année de son contrat de 5,1 millions de dollars.
Chaque journée qui passe fait diminuer sa valeur.
S’il n’obtient pas de prolongation de contrat, Daniel Brière risque de voir partir son défenseur sans jamais obtenir le retour qu’il espérait.
C’est toute la différence avec le mois de mars.
À l’époque, Philadelphie pouvait attendre.
Aujourd’hui, le temps commence tranquillement à jouer contre les Flyers.
Voilà pourquoi plusieurs dirigeants à travers la LNH sont convaincus que le prix demandé a changé.
Arber Xhekaj demeure un joueur qui plaît énormément à Philadelphie.
Ce n’est un secret pour personne.
Mais exiger Xhekaj et un choix de première ronde pour un défenseur sur la pente descendante qui pourrait devenir libre dans moins d’un an devient beaucoup plus difficile à justifier.
N'ayons pas peur des mots. Ristolainen régresse depuis plusieurs années:

Kent Hughes le sait.
C’est pour cette raison que le Canadien demeure dans le portrait. Car il sait qu'il a une chance d'obtenir le défenseur finlandais à rabais.
Le directeur général montréalais n’a jamais cessé de chercher un défenseur droitier capable de jouer dans un top-4.
Pas un défenseur offensif.
Pas un spécialiste de l’avantage numérique.
Un défenseur capable d’affronter les meilleurs trios adverses, de protéger Lane Hutson, de libérer Noah Dobson et d’apporter une présence physique qui manque encore énormément à la brigade montréalaise.
Ristolainen coche pratiquement toutes ces cases.
Il ne produira plus 50 points.
Ce n’est plus ce joueur.
Mais il peut encore jouer de lourdes minutes, fermer le centre de la glace, gagner ses batailles le long des rampes et permettre aux défenseurs offensifs du Canadien d’utiliser pleinement leurs qualités.
C’est exactement ce que recherche Kent Hughes.
La vraie question est maintenant toute simple.
Quel prix est-il prêt à payer?
Sacrifier Arber Xhekaj?
Ce serait une décision extrêmement difficile.
Le Shérif est devenu l’un des joueurs les plus populaires de l’organisation. Son impact dépasse largement ce qu’il produit sur la glace.
Mais Martin St-Louis le méprise au plus haut point. On ne va quand même garder Xhekaj juste parce que les "fefans" l'adorent.
Si Daniel Brière accepte finalement de revoir ses exigences…
Si le retour devient Xhekaj accompagné d’un choix de deuxième ronde, ou d’un espoir plutôt qu’un premier choix…
Le dossier change complètement.
Soudainement, une transaction devient beaucoup plus réaliste.
Le Canadien possède suffisamment de profondeur à gauche pour absorber le départ de Xhekaj.
En retour, il réglerait enfin son problème du côté droit avec un vétéran capable d’assumer les missions les plus difficiles dès le premier match de la saison.
Voilà pourquoi les noms de Rasmus Ristolainen et d’Arber Xhekaj continueront d’être associés jusqu’à ce qu’une décision soit prise.
Les besoins des deux organisations s’emboîtent presque parfaitement.
Philadelphie veut le Shérif.
Montréal veut Ristolainen.
Il ne reste plus qu’une seule question.
Daniel Brière est-il enfin prêt à accepter que Rasmus Ristolainen ne vaut plus le prix qu’il réclamait au mois de mars?
Si la réponse est oui…
Kent Hughes tient peut-être enfin le défenseur droitier qu’il poursuit depuis plus d’un an.
