Les rumeurs commencent à prendre de l’ampleur à Washington et, aussi fou que cela puisse paraître aujourd’hui, le nom de Tom Wilson circule de plus en plus dans les discussions entourant le marché des transactions.
À première vue, l’idée semble absurde. Wilson est l’âme des Capitals de Washington. Il est le guerrier de cette organisation. Il est celui qui protège les vedettes, qui frappe, qui marque, qui dérange l’adversaire et qui impose le respect dès qu’il saute sur la glace.
Pourtant, quand on regarde la situation de plus près, la possibilité d’un échange n’est plus aussi farfelue qu’elle pouvait l’être il y a quelques années.
Les Capitals sont à la croisée des chemins.
L’ère d’Alex Ovechkin approche inévitablement de sa fin et l’organisation tente de naviguer entre deux réalités complètement différentes. D’un côté, il y a les vétérans qui ont porté cette équipe pendant plus d’une décennie. De l’autre, il y a une nouvelle génération qui pousse de plus en plus fort et qui finira par prendre le contrôle du vestiaire.
Washington possède déjà plusieurs joueurs importants qui représentent davantage le présent et l’avenir de l’organisation. Ryan Leonard est au cœur du projet. Pierre-Luc Dubois est encore dans une tranche d’âge où il peut accompagner une transition (personne ne le veut sur le marché), alors que Dylna Strome est lui aussi au coeur des rumeurs.
En défense, Jakob Chychrun est dans ses meilleures années à 28 ans. Derrière lui est arrivé le spectaculaire Cole Hutson.
Mais derrière, les espoirs sont bien minces. Tout le monde le sait: une vraie reconstruction est inévitable à Washington.
C’est là que le dossier Wilson explose à Montréal.
À 32 ans, il est signé jusqu’en 2031 avec un contrat de 6,5 millions de dollars par saison. Aujourd’hui, cette entente semble excellente. Wilson sort de deux campagnes consécutives de plus de 30 buts et demeure l’un des attaquants de puissance les plus redoutés de toute la LNH.
Mais comment ce contrat vieillira-t-il?
Personne ne remet en question le joueur actuel. Le problème, c’est le style de jeu.
Wilson joue un hockey extrêmement exigeant physiquement. Il distribue des mises en échec à répétition, absorbe lui-même énormément de contacts et dispute chaque présence comme s’il s’agissait de la dernière de sa carrière. Ce genre de joueur vieillit rarement en douceur.
Washington pourrait donc être confronté à une décision tellement difficile au cours des prochaines années : conserver son leader émotionnel ou profiter de sa valeur actuelle, alors qu’elle est encore immense sur le marché.
Les Canadiens de Montréal entrent alors dans l’équation.
Depuis la fin de la dernière saison, tout le monde répète que Montréal doit absolument trouver un deuxième centre. C’est devenu l’obsession d’une bonne partie des partisans.
Maxim Lapierre voit toutefois les choses autrement.
Lors du dernier épisode de La Poche Bleue, il a lancé une véritable bombe.
@lapochebleue Qu'est-ce que tu serais prêt à payer pour amener ce joueur à Montréal? 🤯👀 #tomwilson #gohabsgo #canadiensmtl #washingtoncapitals #hockey ♬ son original - lapochebleue
“Je ne vois pas beaucoup de joueurs dans la LNH qui changent davantage la dynamique d’une série éliminatoire que Tom Wilson.”
“On parle beaucoup de Crosby, de McDavid et de toutes les grandes vedettes, mais ça, c’est une autre réalité. Le prix pour acquérir ces joueurs-là est gigantesque. Tom Wilson, lui, règle déjà énormément de problèmes chez les Canadiens.”
“Tu ne gagnes pas la Coupe Stanley uniquement avec de bons jeunes. À un moment donné, il faut ajouter des joueurs capables de changer une série et Tom Wilson est exactement ce type de joueur.”
Difficile de lui donner tort.
Les partisans des Canadiens de Montréal ont pu le constater de leurs propres yeux lors de la série éliminatoire entre Washington et Montréal. Wilson était partout. Il frappait, il dérangeait, il créait de l’espace, il intimidait et il produisait offensivement. À chaque match, sa présence changeait complètement la dynamique de la série.
Des joueurs capables de transformer une série éliminatoire à eux seuls, il n’y en a pas beaucoup dans la LNH.
Wilson fait partie de ce groupe très sélect.
Et plus on regarde la construction actuelle des Canadiens, plus son profil semble correspondre exactement à ce qui manque à l’équipe.
Montréal possède du talent, de la vitesse et de jeunes attaquants créatifs.
Mais Montréal manque encore de méchanceté contrôlée.
Montréal manque encore d’un attaquant capable d’imposer sa volonté physiquement tout en produisant offensivement sur une base régulière.
Wilson coche toutes les cases.
Il marque.
Il frappe.
Il protège ses coéquipiers.
Il joue dans toutes les situations.
Il est sale et baveux comme jamais.
Il adore les matchs importants.
Et surtout, il possède cette capacité rarissime de faire dérailler mentalement l’adversaire.
Lorsque les séries arrivent, son importance augmente au lieu de diminuer.
La banque d’espoirs de Kent Hughes est immense. Les choix au repêchage sont nombreux. L’organisation possède les ressources nécessaires pour présenter une offre qui attirerait l’attention de Washington.
Évidemment, le prix serait colossal.
On ne parle pas ici d’un simple espoir de deuxième niveau ou d’un choix tardif. Pour convaincre les Capitals d’abandonner un joueur aussi important, il faudrait probablement une offre qui ferait mal à Montréal.
Et selon ce qui circule, il faudrait inclure Florian Xhekaj comme "sweetener", alors que les Caps voudront un futur agitateur dans le deal.
2 choix de 1re ronde et Florian Xhekaj? Ce ne sera pas assez. Il faudra rajouter des éléments.
Les Capitals sont à la recherche d'un jeune défenseur droitier, alors qu'il manque de talent de ce côté de la ligne bleue (Hutson et Chychrun sont gauchers).
Dylan McIlrath, Trevor van Riemsdyk et Matt Roy représentent un top 3 droitier honteux. Voilà pourquoi David Reinbacher fait tellement de sens à Washington.
On le voyait comme le futur partenaire de Lane Hutson. Finalement, il pourrait devenir le protecteur défensif de son frère cadet Cole. Imaginez le scénario.
En offrant Florian Xhekaj, David Reinbacher et deux choix de 1re ronde, on a une base de négociation. C'est seulement dommage que le choix du CH se retrouve au 28e rang. Disons que ça lui fait perdre de la valeur.
Pourrait-on rajouter un jeune joueur two-way établi comme Oliver Kapanen pour faire pencher la balance? Kapanen pourrait grandir avec le jeune groupe de la reconstruction à Washington.
À quel point les Canadiens de Montréal seraient-ils prêts à surpayer pour acquérir un joueur capable de changer l’identité complète de leur équipe?
Imaginez simplement un instant une formation où Tom Wilson partage le même vestiaire que Juraj Slafkovsky et Josh Anderson.
Imaginez les séries éliminatoires au Centre Bell avec Wilson qui distribue les mises en échec dès la première présence. Imaginez l’espace qu’il pourrait créer pour Nick Suzuki, Cole Caufield et Ivan Demidov.
On en a des frissons dans le dos.
Oui, le risque existe. Oui, son contrat pourrait devenir lourd dans quelques années. Oui, son style de jeu soulève des inquiétudes quant à son vieillissement.
Mais les joueurs comme Tom Wilson ne deviennent presque jamais disponibles.
Et lorsqu’ils le deviennent, les équipes qui veulent gagner immédiatement sont souvent prêtes à payer le gros prix.
Si les rumeurs continuent de prendre de l’ampleur à Washington, il ne serait absolument pas surprenant de voir Kent Hughes appeler les Capitals.
Maxim Lapierre a raison: au-delà du dossier du deuxième centre, Tom Wilson représente peut-être exactement ce qui manque encore aux Canadiens de Montréal pour devenir une véritable puissance en séries éliminatoires.
