Matthew Knies devait devenir l’un des attaquants les plus intimidants de la LNH. Un gros bonhomme capable de marquer, de gagner ses batailles le long des bandes et de faire payer le prix aux défenseurs adverses.
Toronto a décidé de s’en départir, Columbus a accepté de miser sur lui en sacrifiant le stud Kirill Marchenko, sans oublier que le Canadien de Montréal a tenté de mettre la main sur lui lors de la dernière date limite des transactions, en mars dernier.
Quelques semaines plus tard, les questions commencent à se multiplier autour de l’attaquant américain.
Knies avait pourtant commencé la saison en force avec les Blue Jackets. À son premier match contre les Sabres de Buffalo, il a inscrit deux buts et une passe. Il a ajouté une mention d’aide à sa deuxième rencontre.
Après deux matchs, il avait donc déjà quatre points, dont deux buts, et tout le monde pouvait croire que Columbus avait mis la main sur un attaquant capable de changer le visage de son offensive.
Depuis? Plus rien.
Knies a été blanchi à ses cinq dernières rencontres. Son bilan reste de deux buts et deux passes en sept matchs, mais il n’a pas réussi à ajouter le moindre point depuis son deuxième match de la saison.
Son différentiel de -5 donne mal au cœur.
Sur la glace, il paraît lent. Il semble manquer d’explosivité, peine à suivre le rythme et donne parfois l’impression de traîner les pieds pendant que le jeu se déroule autour de lui.
On attendait un attaquant capable d’imposer son physique et de créer de l’espace pour ses coéquipiers. Pour l’instant, Knies n’est pas à la hauteur de ces attentes.
Pendant ce temps, Kirill Marchenko connaît un début de saison remarquable avec Toronto. Le Russe a déjà récolté quatre buts et cinq passes pour neuf points en huit matchs. Il produit, il fait la différence et il donne aux Maple Leafs exactement le genre de rendement offensif qu’une équipe veut obtenir de ses meilleurs attaquants.
Toronto a-t-il réalisé un coup de circuit en se débarrassant de Knies? Columbus commence certainement à avoir des raisons de se poser des questions.
Le problème, c’est que les Blue Jackets ont investi dans un joueur qui devait contribuer immédiatement. Knies n’est pas un espoir de 18 ans qu’on peut laisser mûrir tranquillement dans la Ligue américaine.
Il arrive avec une expérience de la LNH, un contrat important et des attentes élevées. À 23 ans, il doit démontrer qu’il peut devenir un attaquant dominant, pas seulement un joueur qui connaît deux bonnes soirées avant de disparaître pendant cinq matchs.
Le dossier devient encore plus tendu lorsqu’on se rappelle que Kent Hughes voulait lui aussi mettre la main sur Matthew Knies.
Le Canadien de Montréal avait tenté de conclure une transaction avec Toronto avant la date limite des échanges. Selon les informations rapportées à l’époque, une entente était conclue, mais l’ex-DG Brad Treliving avait envoyé le courriel de la transaction une minute trop tard à la LNH.
Knies était à une minute de devenir un joueur du Tricolore.
Le prix envisagé était considérable. Le Canadien avait décidé de sacrifier Alexander Zharovsky, deux choix de première ronde et Bryce Pickford pour obtenir l’attaquant des Maple Leafs.
Le directeur général du Canadien cherchait un joueur de puissance pour les séries. Il voulait un attaquant capable de gagner ses batailles, de créer de l’espace et d’ajouter une dimension physique à une offensive qui avait besoin de davantage de poids.
Knies cochait plusieurs de ces cases.
Mais on connaît la suite. L’attaquant s’est retrouvé à Columbus dans le scénario que nous connaissons aujourd’hui.
Il faut aussi rappeler que le CH a tout fait pour obtenir Kirill Marchenko avant qu’il ne soit envoyé à Toronto.
Le Canadien avait plusieurs scénarios possibles dans ses discussions pour l’attaquant russe. Alexander Zharovsky était au centre des offres évoquées.
Le CH avait soumis deux offres à Columbus :
Zharovsky, Alex Newhook, Adam Engström et un choix de première ronde.
Kent Hughes avait ensuite rajouté un deuxième choix de première ronde à l’offre, mais sans succès.
Une autre offre comprenait Zharovsky, Oliver Kapanen, Kirby Dach, Adam Engström et un choix de première ronde.
Mais Columbus voulait un attaquant établi pour Marchenko.
Aujourd’hui, avec un joueur qui n’a récolté aucun point à ses cinq derniers matchs, Columbus doit se demander s’il a évalué correctement sa valeur et son potentiel immédiat.
Surtout que les Blue Jackets connaissent un début de saison horrible et qu’ils n’ont pas l’équipe pour gagner maintenant.
Le « paquet » de Montréal était davantage axé sur le futur. Mais le DG Don Waddell ne voulait rien savoir.
En voyant à quel point Marchenko est en feu à Toronto, on se dit que le CH serait favori pour la Coupe Stanley avec lui.
Le Canadien doit aussi se demander ce qu’aurait donné l’arrivée de Knies à Montréal. L’attaquant aurait-il trouvé sa place auprès de Nick Suzuki et Cole Caufield, alors que Slafkovsky aurait été déplacé avec Ivan Demidov?
Ou l’aurait-on placé avec le prodige russe?
Aurait-il apporté la robustesse et la production recherchées par Hughes? Ou Montréal aurait-il sacrifié le meilleur ami de Demidov pour un joueur surestimé?
Matthew Knies doit rapidement se réveiller à Columbus, qui attend toujours son attaquant de puissance, et Montréal doit retenir une leçon : attention avant de sacrifier son avenir.
Il faut que le joueur obtenu en retour en vaille la peine.
Une minute a séparé Knies du Canadien.
Aujourd’hui, cette minute pourrait bien devenir l’un des dossiers les plus controversés de la saison.
Pour le meilleur... ou pour le pire...
