Le Canadien de Montréal ne savait plus quoi faire avec Jayden Struble. Les Predators de Nashville, eux, n’ont eu besoin que de quelques matchs pour comprendre ce qu’ils venaient d’obtenir.
Depuis son arrivée au Tennessee, l’ancien défenseur du CH accumule les mises en échec, bloque des tirs et obtient des minutes que Martin St-Louis ne lui accordait plus régulièrement à Montréal.
Son dernier match contre les Blues de Saint-Louis en dit long : 19 minutes et 36 secondes de temps de jeu, huit mises en échec et trois tirs bloqués pour se retrouver dans les meneurs de la LNH dans ces catégories.

En quatre rencontres avec Nashville, Struble a déjà distribué 18 mises en échec et bloqué cinq tirs. Il joue avec intensité, s’impose physiquement et obtient des responsabilités importantes. Andrew Brunette lui fait confiance, et le défenseur de 25 ans est en train de saisir une occasion que le Canadien ne lui a jamais offert.
Pendant ce temps, à Montréal, Kent Hughes a choisi de se départir de lui pour obtenir un choix de deuxième ronde en 2027 appartenant aux Golden Knights de Vegas. Quel vol du DG des Preds, Chris MacFarland.
La question devient de plus en plus gênante : le Canadien a-t-il échangé le mauvais défenseur?
Le changement de décor fait du bien à Struble. À Montréal, la congestion à la ligne bleue limitait ses possibilités. Avec le retour éventuel de Kaiden Guhle, le Canadien devait prendre une décision concernant sa brigade défensive. L’organisation a préféré conserver Adam Engström, Arber Xhekaj et David Reinbacher dans ses plans, puis a envoyé Struble à Nashville.
La dernière saison avait pourtant démontré qu’il pouvait contribuer. En 59 matchs avec le Canadien, il avait inscrit deux buts et dix mentions d’aide, en plus de présenter un différentiel de +4.
Il avait distribué 115 mises en échec, le deuxième total chez les joueurs de Montréal. Son style physique n’était donc pas une nouveauté et n'était pas assez apprécié à Montréal.
Cette saison, avant la transaction, sa situation s’était toutefois détériorée. Struble n’avait obtenu aucun point en trois rencontres et jouait seulement 12 minutes et 5 secondes par match en moyenne.
Il avait aussi été laissé de côté contre les Hurricanes de la Caroline, avant de ne pas jouer contre Nashville dans la rencontre précédant son échange.
Le message était difficile à manquer : à Montréal, il reculait dans la hiérarchie.
À Nashville, c’est une autre histoire.
Dès son premier match avec les Predators, Struble a joué 19 minutes et 12 secondes contre les Sénateurs d’Ottawa. Il a distribué six mises en échec, bloqué deux tirs et réalisé deux interceptions. Il a également contribué à une séquence défensive pendant laquelle Nashville a privé Ottawa d’un tir au but pendant plus de 22 minutes de jeu.
Andrew Brunette a aimé ce qu’il a vu.
L’entraîneur-chef des Predators a souligné la qualité des déplacements de Struble, sa capacité à contrôler les espaces entre lui et les attaquants adverses ainsi que son efficacité dans les batailles physiques. Il a aussi expliqué avoir été très impressionné par cette première prestation.
Voilà un entraîneur qui vient d’accueillir un défenseur acquis quelques heures plus tôt et qui lui confie immédiatement un rôle important, avant de souligner publiquement sa contribution, tout en envoyant le CH sous l'autobus.
Le Canadien avait un défenseur robuste, mobile, capable de jouer dans la LNH et encore assez jeune pour progresser. Nashville lui donne maintenant la possibilité de démontrer tout cela sur une base régulière.
Le nouvel entraîneur affirme que le Canadien n’exploitait pas suffisamment ses forces: sa mobilité, son jeu physique et sa capacité à fermer les espaces.
Le défenseur est utilisé aux côtés de Nicolas Hague, un autre arrière imposant qui n’a pas peur du jeu physique. Cette combinaison offre à Nashville une paire méchante capable d’imposer une présence intimidante et de compliquer les batailles le long des bandes.
À Montréal, Struble était en compétition avec Arber Xhekaj. Le CH a tranché.
À Nashville, les médias ne comprennent tout simplement pas comment le Canadien a pu laisser partir Jayden Struble plutôt que le shérif.
Sur le plan hockey, Struble est plus mobile, possède une meilleure première passe et offre un profil de défenseur plus complet.
Pourtant, Montréal a conservé le shérif, qui bénéficie d’une popularité immense auprès des partisans. Son surnom, son image de dur à cuire et son potentiel marketing pèsent lourd dans la balance.
On n'a qu'à voir sa séance d'autographe digne d'une rockstar avec son frère Florian hier.

À force de vouloir garder le chouchou de la foule, le Canadien a sacrifié le mauvais défenseur?
Les médias de Nashville se demandent comment une équipe peut laisser partir un joueur comme Struble pour un simple choix de fin de deuxième ronde. À Montréal, on semble encore confondre la popularité d’un joueur avec sa véritable valeur sur la glace.
Sur papier, le directeur général a réglé un problème d’effectif tout en récupérant un actif au repêchage. Mais le hockey ne se joue pas sur papier. Il se joue sur la glace, et les premières prestations de Struble à Nashville montrent que les Predators ont obtenu le meilleur élément de la transaction.
Le défenseur avait 25 ans au moment de la transaction. Il avait déjà disputé 174 matchs de saison régulière dans la LNH avec Montréal, récolté 35 points, dont sept buts et 28 mentions d’aide, et accumulé 167 minutes de punition. Il comptait également 14 matchs d’expérience en séries éliminatoires.
Il faut aussi se rappeler que son contrat est raisonnable. Il touche un salaire annuel moyen de 1,4125 million de dollars jusqu’à la fin de la saison 2026-2027 et il ne devient qu'agent libre avec restriction.
Nashville a donc acquis un défenseur expérimenté, robuste et abordable et sous controle, avec la possibilité de l’intégrer à sa structure sans devoir lui réserver une place de vedette.
Le choix reçu par Montréal appartient à Vegas, et non à Nashville.
On parle du 60e choix au total.
Alors qu'Arber Xhekaj valait un choix de 1re ronde la saison dernière.
Sa robustesse, son histoire personnelle et sa relation avec son frère Florian lui valent un soutien important. Les images de ses séances d’autographes attirent les foules et témoignent de son statut auprès des amateurs.
Mais la popularité n’est pas une statistique de hockey.
Le Canadien doit construire la meilleure brigade défensive possible, pas choisir ses joueurs en fonction de leur nombre de partisans. Xhekaj a ses qualités et continue de démontrer qu’il peut être utile. Cela n’empêche pas de se demander si Struble aurait mérité davantage de patience et un rôle plus stable à Montréal.
Que voulez-vous. Il n'avait pas le swag public du shérif.
