Acquisition d'un centre gaucher: Montréal vise le passé et le futur à Columbus

Acquisition d'un centre gaucher: Montréal vise le passé et le futur à Columbus

David Garel
Le 2026-07-28

Et si le véritable casse-tête de Don Waddell ne s’appelait pas Kent Johnson… mais Sean Monahan?

Depuis quelques jours, tout le monde parle de Kent Johnson. Oui, son désir de jouer au centre est réel. Oui, il est coincé derrière Adam Fantilli, Sean Monahan, Charlie Coyle et Cole Sillinger. Oui, Columbus devra éventuellement décider s’il lui donne enfin la place qu’il réclame depuis des années ou s’il choisit plutôt de l’échanger après sa saison horrible.

Mais derrière cette réflexion hockey se cache une réalité beaucoup plus humaine.

Sean Monahan n’est pas un simple deuxième centre pour les Blue Jackets.

Il est devenu le symbole d’une promesse.

Lorsqu’il a signé à Columbus à l'été 2024, ce n’était pas uniquement pour le contrat de cinq ans à 5,5 millions de dollars par saison.

Une grande partie de sa décision reposait sur la possibilité de retrouver son meilleur ami, Johnny Gaudreau. Les deux anciens des Flames de Calgary rêvaient de rejouer ensemble. Quelques semaines plus tard, tout s’est effondré lorsque Johnny et son frère Matthew ont perdu la vie dans cette tragédie qui a bouleversé toute la famille du hockey.

Depuis ce jour, Monahan porte un poids immense.

Chaque matin, il s’assoit encore à côté du casier de Johnny. Le chandail numéro 13 est toujours là, dans le vestiaire des Blue Jackets.

Monahan lui-même l’a raconté : il continue de sentir la présence de son meilleur ami chaque fois qu’il entre dans cette chambre. Les joueurs de Columbus se sont promis de se demander constamment :

« Qu’est-ce que Johnny voudrait que nous fassions? » Cette promesse est devenue une partie de l’identité de cette équipe.

Cela nous rappelle à quel point Sean Monahan était essentiel dans le vestiaire montréalais.

Tout le monde voit Kent Johnson à Montréal. Pourtant, si Kent Hughes décidait finalement de revenir dans le passé, vers un visage bien connu, personne ne tomberait en bas de sa chaise.

Surtout qu'on parle aussi d'un gaucher, le besoin absolu du CH. Oui, il a connu une saison difficile, mais n'oublions pas qu'il a obtenu plus d'un point par match en 2024-2025:

À Montréal, Monahan n’a pas seulement bien joué.

Il a complètement changé la dynamique de la chambre.

Pendant deux saisons, il a été le grand frère dont Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky avaient besoin. Malgré ses blessures, il a immédiatement gagné le respect de tout le monde à l’interne. Les jeunes l’écoutaient. Les entraîneurs lui faisaient confiance. Les dirigeants ne tarissaient pas d’éloges à son endroit. Il représentait exactement le type de vétéran qu’une organisation en reconstruction rêve d’avoir dans son entourage.

Aujourd’hui, il serait encore plus parfait.

Michael Hage demeure le centre d’avenir que le Canadien espère s’imposer dans le top-6. Mais personne ne veut précipiter son développement, lui qui a décidé de revenir dans la NCAA.

Montréal cherche toujours un joueur capable d’occuper ce rôle pendant que Hage poursuit tranquillement sa progression.

Sean Monahan connaît déjà le marché montréalais.

Il connaît Martin St-Louis et le système.

Il sait exactement ce que représente la pression de jouer au Centre Bell et il a déjà prouvé qu’il pouvait exceller dans cet environnement.

Sur le plan purement hockey, son profil demeure presque idéal.

Voilà pourquoi la décision de Don Waddell est beaucoup plus complexe qu’elle n’en a l’air.

S’il veut enfin offrir le poste de centre à Kent Johnson, devra-t-il sacrifier Sean Monahan? Est-il prêt à échanger un vétéran qui représente autant pour son vestiaire, autant pour Adam Fantilli que pour toute une organisation encore marquée par la disparition de Johnny Gaudreau?

Ou conclura-t-il plutôt qu’il est moins douloureux d’échanger Kent Johnson, malgré son immense talent, parce que Monahan est devenu irremplaçable humainement?

Le vétéran a une clause de non-mouvement complète. Il est protégé d'une transaction. Mais il y a également une question que plusieurs personnes dans le milieu se posent discrètement.

Après tout ce que Sean Monahan a traversé depuis la tragédie de Johnny Gaudreau, un changement d’environnement pourrait-il éventuellement devenir bénéfique pour lui?

Personne ne remet en doute son attachement aux Blue Jackets.

Il a souvent répété qu’il voulait honorer la mémoire de son meilleur ami et poursuivre ce qu’ils avaient imaginé ensemble à Columbus.

Mais vivre quotidiennement dans le même vestiaire, s’asseoir à côté du chandail numéro 13, revivre ces souvenirs à chaque entraînement et à chaque match représente un poids émotionnel immense afin de faire son deuil.

Seul Seul Monahan connaît la réponse.

Peut-être que rester à Columbus constitue justement sa façon d’honorer Johnny.

Peut-être aussi qu’un retour dans un environnement où il s’était senti profondément apprécié lui permettrait éventuellement de tourner une nouvelle page.

Et comme si ce dilemme n’était pas suffisant, il y a aussi le dossier Kirill Marchenko qui veut quitter Columbus au plus vite, pendant que Fantilli s’apprête lui aussi à toucher le gros lot (13,5 M$), Don Waddell devra établir des priorités.

Les Blue Jackets disposent d’environ 14,5 millions de dollars de marge sous le plafond salarial. Pratiquement tout cet espace sera rempli avec le contrat de Fantilli.

Ajoutez à cela le dossier Kirill Marchenko, qui déteste Columbus qui vise lui aussi une entente très lucrative (11 M$ par année), et Don Waddell sera forcé de faire des choix extrêmement difficiles.

Johnson, Monahan Marchenko.

Le futur, le passé et le présent.

Trois dossiers complètement différents… mais qui sont désormais liés par la même réalité sportive et financière.

Voilà ppurquoi Kent Hughes est aussi actif qu’on le dit auprès des Blue Jackets. Il surveille trois joueurs en même temps et une organisation qui sera obligée de prendre une décision douloureuse.

Quand une organisation est forcée de choisir entre le cœur, le talent et le "cash", des occasions inattendues finissent souvent par apparaître sur le marché.

Et Kent Hughes est le maître pour en profiter.