Le Canadien de Montréal sélectionne Timofei Runtso au 57e rang après une transaction avec les Hurricanes pour s'avancer de 4 rangs.

Le Canadien de Montréal continue d’ajouter des profils bien précis à sa banque d’espoirs.
Après avoir misé sur la robustesse avec Gleb Pugachyov au premier tour, Kent Hughes est revenu à la charge avec le défenseur droitier Timofei Runtso, un joueur qui a littéralement explosé cette saison dans la WHL.
Runtso n’est pas arrivé au repêchage avec l’étiquette d’une vedette annoncée. Au contraire. Il fait partie des plus belles progressions de toute cette cuvée. L’an dernier, plusieurs équipes le voyaient comme un choix beaucoup plus tardif. En une seule saison, il a complètement changé la perception des recruteurs.
Son passage de la NAHL à la WHL a transformé sa carrière.
À Victoria, les entraîneurs lui ont immédiatement confié des responsabilités de premier plan. Lorsque plusieurs vétérans ont quitté l’organisation, Runtso a hérité des minutes les plus importantes de la brigade défensive. Il n’a pas seulement survécu à cette pression, il a dominé.
Le défenseur de 6 pieds 2 pouces et 186 livres a terminé la saison avec 44 points, dont 11 buts et 33 passes en 68 rencontres, terminant au premier rang de tous les défenseurs recrues de la WHL pour la production offensive.
Encore plus impressionnant, il a été utilisé dans absolument toutes les situations.
À cinq contre cinq.
En avantage numérique.
En désavantage numérique.
Les entraîneurs lui faisaient confiance peu importe le moment du match.
Son principal atout demeure sa mobilité.
Pour un défenseur de son gabarit, Runtso patine remarquablement bien. Il adore transporter lui-même la rondelle hors de sa zone, accélérer en transition et appuyer l’attaque. Au lieu de simplement remettre le disque à un attaquant, il crée lui-même le jeu en traversant la zone neutre avec confiance.
Cette capacité à relancer rapidement l’attaque saute immédiatement aux yeux lorsqu’on regarde ses séquences vidéo.
En zone offensive, il est tout aussi dangereux.
Il contrôle très bien la ligne bleue, distribue la rondelle avec calme et possède un tir précis capable de traverser la circulation. Les recruteurs apprécient particulièrement sa capacité à garder ses lancers bas pour créer des retours ou dévier des rondelles devant le filet.
Son jeu de passes a aussi énormément progressé cette saison. Il repère rapidement les joueurs libres et réussit régulièrement à créer des occasions de qualité grâce à sa vision du jeu.
Défensivement, Runtso ne mise pas uniquement sur son physique.
Son bâton est constamment actif pour couper les lignes de passe, fermer les corridors de tir et neutraliser les attaques en entrée de zone. Il garde de très bons écarts face aux attaquants et utilise intelligemment son positionnement plutôt que de se jeter inutilement sur le porteur.
Le long des rampes, il gagne régulièrement ses batailles et il est capable de contenir des attaquants beaucoup plus imposants devant son filet malgré un physique qui continuera encore à se développer.
Autre élément qui plaît énormément aux dépisteurs : sa discipline.
Malgré toutes les minutes qu’il dispute, il n’a écopé que de 28 minutes de punition durant toute la saison. C’est exactement le genre de défenseur fiable qui permet à un entraîneur de lui faire confiance dans toutes les situations.
Les recruteurs voient en lui un futur défenseur plombier moderne... qui va jouer sur une 3e paire.
Un droitier capable de relancer l’attaque.
Capable de jouer sur les deux unités spéciales.
Capable de contribuer offensivement sans sacrifier son jeu défensif.
Ce n’est peut-être pas un futur quart-arrière élite en avantage numérique, mais plusieurs recruteurs croient qu’il possède les outils pour devenir un 5-6e défenseur solide.
Les plus optimistes vont parle d'un défenseur de deuxième paire capable de produire offensivement année après année.
Son plafond offensif est évalué autour d’une quarantaine de points dans la LNH si son développement se poursuit au même rythme.
La prochaine étape est déjà connue.
Runtso quittera la WHL pour rejoindre l’Université Miami (Ohio), l’un des programmes les plus compétitifs de la NCAA. Cette transition permettra au Canadien de le laisser mûrir pendant plusieurs saisons dans un environnement reconnu pour le développement des défenseurs avant de songer au hockey professionnel.
Ce qui ressort surtout de son dossier, c’est la vitesse à laquelle il progresse.
Très peu d’espoirs ont autant grimpé dans les classements cette année.
Et lorsqu’un défenseur droitier de 6 pieds 2 pouces patine aussi bien, transporte la rondelle avec autant d’assurance et joue déjà dans toutes les situations, les organisations de la LNH prennent rapidement des notes.
Le Canadien pourrait bien avoir mis la main sur un autre défenseur dont la valeur continuera de grimper au cours des prochaines années.
