Adam Fantilli se fait ramasser : Montréal évite la catastrophe à 13,75 millions de dollars
Adam Fantilli. Getty

Adam Fantilli se fait ramasser : Montréal évite la catastrophe à 13,75 millions de dollars

David Garel
Le 2026-10-20

Fantilli voulait envoyer un message à Kirill Marchenko. Sauf que le jeune centre des Blue Jackets de Columbus ferait peut-être mieux de regarder dans le miroir avant de s’attaquer à son ancien coéquipier.

Mardi, avant le premier affrontement entre les Maple Leafs de Toronto et les Blue Jackets depuis la transaction qui a envoyé Marchenko à Toronto, Fantilli n’a pas caché son soulagement de voir le Russe quitter Columbus.

« Avoir un gars qui ne voulait pas être là toute la saison aurait été un cauchemar. Je suis ravi que cet échange ait été conclu à ce moment-là », a lancé Fantilli.

Ouch.

Le message est clair : Fantilli n’était visiblement pas heureux de voir son ancien compagnon de trio vouloir quitter l’organisation. Il affirme être content que Columbus ait pu tourner la page et miser sur des joueurs qui souhaitent réellement porter les couleurs des Blue Jackets.

Sur le principe, son argument se défend. Personne ne veut jouer avec un coéquipier qui ne souhaite plus faire partie de l’équipe. Sauf qu’avant de donner des leçons à Marchenko, Fantilli devrait peut-être s’assurer que ses propres performances justifient les attentes placées en lui.

Parce que, pendant que Fantilli parle, Marchenko produit.

Le Russe a signé une entente de six ans d’une valeur de 75 millions de dollars avec les Maple Leafs, soit 12,5 millions par saison. Après dix matchs, il totalise quatre buts et six passes pour dix points. Une production d’un point par rencontre qui lui permet de justifier, jusqu’ici, une bonne partie de l’investissement de Toronto.

Marchenko n’a pas besoin de lancer une longue déclaration pour défendre sa décision de quitter Columbus. Ses performances parlent pour lui. Il a voulu partir, il a obtenu ce qu’il désirait et il est arrivé à Toronto avec un contrat majeur et la responsabilité de contribuer immédiatement.

Fantilli, lui, vient également de signer un contrat colossal après sa grève égoïste. Six ans et 82,5 millions de dollars, pour une moyenne annuelle de 13,75 millions. Il s’agit du contrat le plus lucratif de l’histoire des Blue Jackets en valeur totale, et la pression qui vient avec cette entente est immense.

Le problème, c’est que Fantilli n’a jamais dépassé les 59 points en une saison dans la LNH. Il a inscrit 24 buts et 35 passes en 82 rencontres la saison dernière, établissant des sommets personnels.

C’est une progression intéressante pour un centre de 21 ans, mais ce n’est pas encore le rendement d’une superstar capable de justifier presque 14 millions de dollars par année sans discussion.

À ce prix, Columbus ne paie pas seulement pour ce que Fantilli est aujourd’hui. L’organisation investit massivement dans ce qu’elle croit qu’il deviendra. Elle mise sur son potentiel, son développement et sa capacité à devenir un centre dominant pendant plusieurs saisons.

Or, lorsqu’un joueur signe une telle entente, il doit accepter que les attentes changent immédiatement. Les partisans ne veulent plus simplement voir un jeune attaquant prometteur progresser tranquillement. Ils veulent des résultats, de la constance et des preuves que leur organisation a fait le bon choix.

Fantilli doit maintenant démontrer qu’il peut devenir le joueur pour lequel Columbus vient de lui consentir une fortune.

Et c’est là que son commentaire sur Marchenko devient particulièrement intéressant. Il reproche à son ancien coéquipier de ne pas vouloir être à Columbus, mais le Russe est déjà en train de démontrer qu’il peut produire ailleurs. Fantilli, de son côté, doit encore prouver que son contrat historique était justifié.

Il ne suffit pas d’être le troisième choix au total du repêchage de 2023 pour obtenir automatiquement le statut de vedette de premier plan. Il ne suffit pas non plus de signer une entente de 82,5 millions de dollars pour devenir un joueur de 100 points.

Le contrat de Fantilli repose encore largement sur une promesse. Celui de Marchenko commence déjà à s’appuyer sur des résultats.

Et pendant que les deux joueurs suivent des trajectoires différentes, les partisans du Canadien de Montréal peuvent pousser un soupir de soulagement.

Souvenons-nous des discussions qui ont entouré Fantilli pendant les négociations contractuelles. Son absence au camp d’entraînement avait alimenté les spéculations d'une offre hostile, et son nom avait circulé dans les conversations concernant le Canadien. Plusieurs amateurs rêvaient de le voir débarquer à Montréal pour former un duo de centres avec Nick Suzuki.

Sur papier, l’idée avait de quoi séduire. Suzuki comme premier centre, Fantilli comme deuxième pivot : le Canadien aurait obtenu une profondeur considérable à une position névralgique.

Mais à quel prix?

Imaginez Montréal consentant une offre hostile à Fantilli, puis devant lui verser 13,75 millions de dollars par saison. Imaginez Kent Hughes sacrifiant Michael Hage dans une transaction pour acquérir un joueur qui n’a jamais dépassé les 59 points en une campagne de la LNH.

Imaginez même le Canadien sacrifiant quatre choix de première ronde via offre hostile pour tenter de mettre la main sur lui.

La réaction des Québécois après son début de saison horrible aurait été catastrophique.

Heureusement, rien de tout cela ne s’est produit.

Montréal n’a pas eu à sacrifier Michael Hage (Columbus le demande à chaque fois que le CH l'approche pour une transaction), ni à vider sa banque de choix au repêchage pour acquérir Fantilli. Le Canadien a conservé ses ressources et peut continuer à développer son noyau sans s’engager dans une opération aussi coûteuse.

Le jeune centre voulait faire comprendre à son ancien coéquipier qu’il était préférable de quitter Columbus plutôt que de passer une saison entière avec un joueur qui ne voulait plus y être.

Le message a été entendu.

Mais Marchenko peut maintenant lui répondre avec ses performances, et Fantilli ferait mieux de se concentrer sur son propre jeu avant de distribuer les blâmes.

À Montréal, on peut surtout se réjouir d’une chose : le Canadien n’a pas hypothéqué son avenir pour un joueur égoïste... et surpayé...