Déconfiture de Sidney Crosby: Montréal peut remercier le ciel
Sidney Crosby. Sportsnet

Déconfiture de Sidney Crosby: Montréal peut remercier le ciel

David Garel
Le 2026-10-20

La débandade est officiellement en marche à Pittsburgh, et Kyle Dubas commence à payer le prix de ses hésitations.

Pendant des années, les Penguins ont refusé d’accepter l’inévitable en tentant de prolonger artificiellement la fenêtre de compétition de Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Kris Letang et Erik Karlsson.

Le directeur général voulait continuer à gagner avec ses monuments, préserver l’espoir d’un dernier parcours éliminatoire et éviter d’être celui qui mettrait fin à cette époque glorieuse.

Pittsburgh se retrouve aujourd’hui avec une équipe vieillissante, l'une des pires relèves de la LNH et un capitaine dont le rendement soulève de sérieuses inquiétudes.

Crosby n’est pas fini, mais il n’est plus le joueur explosif qui pouvait transporter les Penguins sur ses épaules. À force de repousser la reconstruction, Dubas risque maintenant de se retrouver avec les pires options possibles.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après dix matchs, Crosby affiche trois buts et trois passes pour six points, avec un différentiel de moins-6. Pour un joueur de sa trempe, c’est une véritable déconfiture.

Le capitaine des Penguins a ralenti et son explosivité n’est plus capable de faire basculer les rencontres.

Personne ne remettra jamais en question son intelligence hockey, ses mains ou son instinct offensif. Crosby restera une légende, peu importe la suite de sa carrière.

Mais il faut distinguer le joueur historique de la réalité actuelle : Pittsburgh ne peut plus bâtir son avenir en espérant que son capitaine retrouvera éternellement son meilleur niveau.

Kyle Dubas a trop attendu. Il a voulu montrer du respect à Crosby en évitant de lui demander d'accepter une transaction.

Le véritable problème, c’est que cette situation était prévisible. Les Penguins ont déjà raté les séries éliminatoires en 2024 et en 2025 avant de revenir en séries la saison dernière, mais en se faisant exploser par les Flyers de Philadelphie.

Cette qualification a donné l’impression qu’une relance était possible, mais elle n’a pas effacé les problèmes structurels de l’organisation.

Pittsburgh demeure dépendant de ses vétérans pré-retraités, alors que sa relève défensive est horrible et que les jeunes attaquants ne sont pas tous prêts à prendre les commandes.

Kyle Dubas aurait pu profiter des dernières saisons pour amorcer un virage plus agressif. Il aurait pu vendre certains vétérans lorsque leur valeur était élevée, accumuler des choix au repêchage et donner davantage de responsabilités aux jeunes joueurs.

À la place, il a tenté de maintenir les Penguins dans une zone intermédiaire, assez compétitifs pour espérer participer aux séries, mais sans disposer des ressources nécessaires pour rivaliser avec les meilleures équipes.

Cette stratégie a maintenant un coût. Crosby approche de 40 ans, Malkin prendra sa retraite la saison prochaine, Letang vieillit et Karlsson n’est plus le défenseur dominant de ses meilleures années.

Pendant ce temps, Pittsburgh ne possède pas une génération de jeunes vedettes prête à prendre la relève.

À part Ben Kindel, qui représente un jeune attaquant intéressant, mais qui ne sera jamais une vedette, les Penguins n’ont aucun espoir de premier plan capable de devenir une véritable vedette dans la LNH.

Will Horcoff et le Québécois Bill Zonnon possèdent du potentiel, mais ils ne sont pas des futurs attaquants top-6 de premier plan.

Rutger McGroarty peine toujours à s’imposer dans la LNH.après avoir été sélectionné au premier tour, tandis que la relève défensive est atroce. Owen Pickering et Harrison Brunicke n’ont pas encore réussi à s’établir durablement dans la LNH.

Le problème de Pittsburgh, ce n’est pas seulement que Crosby, Malkin et Letang vieillissent : c’est qu’il n’y a personne derrière eux pour prendre le relais.

Dubas a tellement tardé à amorcer une véritable reconstruction que les Penguins vont se retrouver dans la cave pour les dix prochaines années.

Une légende vieillissante en déclin, une formation remplie de trous et une banque d’espoirs aussi horrible... on a mal au coeur.

Les Penguins doivent penser à l’après-Crosby. Chaque saison passée à retarder les décisions nécessaires représente une saison de moins pour reconstruire une équipe compétitive.

Mais le contrat du capitaine devient une question majeure

Le capitaine n’a toujours pas signé de prolongation pour la saison 2027-2028. Son contrat actuel arrive à échéance à la fin de la campagne, et cette incertitude ajoute une couche toxique à la débandade.

Selon Josh Yohe, de The Athletic, Crosby souhaite continuer à jouer, mais il ne veut pas signer une entente qui l’engagerait au-delà du moment où il se sent encore capable de jouer à un haut niveau.

Le journaliste croit qu’une prolongation d’un an demeure plausible et que le capitaine pourrait même vouloir poursuivre sa carrière pendant plusieurs saisons supplémentaires.

Une annèe après une année. Mais il ne veut pas partir.

Sans le savoir, Crosby a détruit la reconstruction de son équipe.

Comment préparer l’avenir d’une franchise dont la plus grande légende ne veut pas partir?

Dubas ne peut pas demander à son capitaine de renoncer à son rêve de terminer sa carrière avec les Penguins. Mais il ne peut pas non plus ignorer indéfiniment la réalité sportive.

À Montréal, le nom de Crosby continue de faire rêver les partisans. L’idée de voir le capitaine des Penguins terminer sa carrière avec le Canadien possède une portée symbolique immense, particulièrement pour les amateurs québécois qui ont suivi sa carrière depuis ses débuts à Rimouski.

Mais Crosby ne veut rien savoir.

Et honnêtement, veut-on vraiment que le CH sacrifie un Alexander Zharovsky ou un autre espoir de premier plan (qui n'est pas Michael Hage) pour un joueur de 40 ans au bout du rouleau?

Au final, le refus de Crosby est la plus grande bénédiction pour le Canadien de Montréal. Kent Hughes peut remercier le ciel de ne pas avoir obtenur la légende sur la pente descendante.

En attendant, les Penguins seront la pire équipe de la LNH pour au moins 10 ans.

Crosby doit se regarder dans le miroir. Car il est en partie coupable.