Kent Hughes a peut-être reçu un rappel qu’il n’avait pas particulièrement envie d’entendre au moment où le nom d’Alexander Zharovsky circule dans les discussions de transaction.
Pendant que le Canadien cherche des solutions pour améliorer son attaque, son jeune espoir russe vient de sortir une séquence individuelle qui remet une question délicate sur la table : Montréal peut-il réellement se permettre de sacrifier un talent comme celui-là pour obtenir un attaquant établi?
Dimanche matin, en Russie, Zharovsky a encore fait parler de lui dans un match entre le Salavat Ioulaïev d’Oufa et l’AK Bars de Kazan.
La rencontre s’est finalement terminée par une défaite de 2 à 1 pour Oufa, mais le jeune attaquant a offert aux partisans une action qui méritait à elle seule le détour.
En fin de deuxième période, il a ouvert la marque avec un but spectaculaire, en contournant deux défenseurs avant de déjouer le gardien.
Une manœuvre pleine de créativité, de patience et d’assurance, exactement le genre de séquence qui rappelle pourquoi le Canadien a investi dans son potentiel.
Zharovsky n’a pas simplement lancé la rondelle au filet en espérant qu’elle trouve son chemin.
Il a attaqué l’espace, déplacé les défenseurs, gardé le contrôle de la rondelle et poursuivi son mouvement jusqu’à trouver une façon de battre le gardien.
Tout s’est joué dans une séquence où la finesse comptait autant que l’exécution.
Pour un attaquant de 19 ans qui évolue dans une ligue professionnelle aussi exigeante que la KHL, ce genre de geste permet de mesurer l’étendue de son talent offensif.
Même si son équipe a fini par perdre, son but a rappelé qu’il possède des habiletés capables de faire basculer une rencontre.
Le moment est intéressant, surtout parce que Zharovsky a connu un début de saison qui a suscité certaines inquiétudes.
Après une première campagne de 42 points, dont 16 buts, en 59 matchs, les attentes étaient naturellement plus élevées pour sa deuxième saison.
Certains espéraient le voir franchir un nouveau palier et devenir une menace offensive plus constante.
Son départ plus lent a donc alimenté les interrogations, particulièrement alors que son nom commençait à circuler dans des scénarios de transaction impliquant le Canadien.
Or, ses chiffres commencent à raconter une histoire plus encourageante. Avec cinq buts et 14 points en 20 rencontres, Zharovsky produit à un rythme de 0,70 point par match.
La saison dernière, il avait terminé avec une moyenne d’environ 0,71 point par rencontre. Autrement dit, malgré les inquiétudes du début de campagne, sa production actuelle se rapproche de celle qu’il avait affichée lors de sa première saison dans la KHL.
Ce n’est pas encore l’explosion offensive que certains espéraient, mais c’est une raison de plus pour éviter de tirer des conclusions trop rapidement sur son développement.
Cette progression arrive à un moment où Kent Hughes doit réfléchir à la meilleure façon de renforcer son équipe sans hypothéquer son avenir.
Les discussions entourant les Flyers de Philadelphie et Owen Tippett ont alimenté les spéculations autour de Zharovsky.
Le Canadien a besoin de davantage de punch offensif, et un ailier établi comme Tippett peut représenter une option séduisante.
Son gabarit, son tir et sa capacité à marquer pourraient offrir une dimension intéressante à l’attaque montréalaise, même si son inconstance demeure un élément à considérer.
Le problème pour Hughes, c’est la valeur de ce qu’il pourrait devoir céder en retour. Zharovsky n’est pas un simple espoir qu’on ajoute dans une transaction pour compléter une offre.
Le jeune Russe possède une créativité offensive rare, et sa capacité à éliminer des adversaires en un contre un est précisément le genre de qualité qui peut devenir très précieuse dans la LNH.
Une séquence comme celle contre Kazan ne garantit évidemment pas qu’il deviendra une vedette à Montréal, mais elle rappelle pourquoi son potentiel mérite d’être pris au sérieux.
La situation est d’autant plus intrigante que Matvei Michkov évolue déjà à Philadelphie et a exprimé beaucoup d’estime pour le talent de son compatriote.
L’idée de voir les deux jeunes Russes réunis chez les Flyers peut faire rêver certains partisans, mais elle soulève aussi une question pour Montréal : serait-ce vraiment le bon moment de laisser partir un joueur qui pourrait éventuellement devenir un attaquant d’impact dans la LNH?
Hughes doit trouver un équilibre entre les besoins immédiats du Canadien et la construction d’une équipe capable de gagner pendant plusieurs saisons.
Acquérir un joueur établi peut accélérer le processus, mais chaque transaction comporte un prix.
Si Zharovsky poursuit sa progression et transforme de plus en plus souvent son talent en production, le voir exploser sous un autre uniforme pourrait devenir une source de regrets pour Montréal.
Son but contre Kazan ne règle rien et ne met pas fin aux rumeurs. Il vient toutefois rappeler que le jeune attaquant a encore beaucoup à offrir.
Pour Kent Hughes, la question n’est pas seulement de savoir ce qu’il peut obtenir en échange de Zharovsky… c’est aussi de mesurer ce que le Canadien risque de perdre en le laissant partir.
À suivre…
