Une phrase prononcée par un spécialiste a forcé Guillaume Latendresse à regarder sa vie autrement.
Après avoir passé des années à enchaîner les projets professionnels, l’ancien attaquant du Canadien de Montréal a fini par comprendre que continuer à avancer sans jamais s’arrêter pouvait lui coûter beaucoup plus cher qu’une carrière médiatique.
De retour devant les caméras après deux ans loin de ses activités professionnelles, Latendresse s’est confié à l’émission On va se le dire, sur les ondes de Radio-Canada.
Son témoignage, diffusé le 20 octobre, permet de mieux comprendre ce qui l’a poussé à tout mettre sur pause, alors qu’il avait pourtant plusieurs engagements et des occasions professionnelles que bien des gens auraient rêvé d’obtenir.
Le hockey avait occupé une place immense dans sa vie.
Après avoir dû mettre un terme à sa carrière de joueur, notamment en raison de nombreuses commotions cérébrales, Latendresse s’était rapidement lancé dans de nouveaux projets.
Comme si s’arrêter représentait une menace, il ressentait le besoin de rester actif, de travailler et de prouver qu’il pouvait continuer à réussir dans un autre univers.
Avec du recul, il reconnaît qu’il aurait dû s’accorder du temps pour réfléchir à la direction qu’il voulait prendre. Cette fois, il ne cherche pas à maquiller ce qui s’est passé. Il admet même que ses envies avaient changé bien avant qu’il décide de tout abandonner.
« J’ai plus de fun à faire ça. J’ai plus de fun à venir faire le podcast qui est supposé être un show authentique, honnête, où ce qu’on… qui est fait dans le plaisir avec des amis », explique-t-il en comparant ses projets actuels à certaines de ses anciennes responsabilités.
Son témoignage devient particulièrement révélateur lorsqu’il parle de ses passages à TVA Sports.
L’ancien joueur ne ressentait plus le même enthousiasme pour son travail et reconnaît qu’il s’y rendait à reculons.
Une situation difficile à ignorer lorsqu’on connaît la chance qu’il avait de pouvoir travailler dans un milieu qu’il connaissait depuis son adolescence.
Latendresse avait pourtant des engagements importants. Il évoque notamment un contrat de cinq ans avec le balado La Poche Bleue et un autre de deux ans avec TVA Sports.
Prendre une pause signifiait donc renoncer à une certaine sécurité professionnelle et accepter le risque de ne pas retrouver les mêmes occasions à son retour.
La peur de se faire oublier était bien réelle.
Dans le milieu du hockey, où les carrières médiatiques peuvent dépendre de la visibilité et de la popularité, quitter la scène pendant deux ans représente un pari risqué.
Latendresse savait que le train pouvait continuer sans lui. Il a néanmoins décidé de descendre avant que son état ne l’oblige à le faire.
Il reconnaît également un élément essentiel de sa décision : sa situation financière lui permettait de prendre ce risque.
Interrogé sur sa capacité à vivre sans rentrée d’argent pendant deux ans, il ne cherche pas à présenter son expérience comme une solution accessible à tout le monde.
« Je suis chanceux. Je sais que ce n’est pas la réalité de tout le monde. J’ai eu la chance de le faire. J’ai pris la chance de le faire aussi », affirme-t-il.
Tout le monde ne peut pas abandonner ses revenus pendant deux ans pour se reconstruire.
Latendresse a pu le faire, mais il a aussi accepté de mettre en jeu sa place dans un univers professionnel où l’absence peut rapidement se transformer en oubli.
L’ancien attaquant aborde également la culture du hockey, qu’il considère encore prisonnière d’une mentalité dépassée.
À ses yeux, le milieu doit apprendre à mieux accepter les joueurs qui reconnaissent avoir besoin d’une pause pour leur santé mentale.
Le réflexe de continuer à avancer, peu importe les conséquences, ne peut pas rester la seule manière d’être perçu comme un professionnel.
« En 2026, je pense qu’il faut s’adapter aux choses. Puis s’il y a bien quelque chose que le hockey est, c’est très dinosaure », lance-t-il.
Le hockey demeure un environnement où la force mentale est souvent associée à la capacité d’endurer sans se plaindre.
Pourtant, reconnaître ses limites demande parfois davantage de courage que de continuer à faire semblant que tout va bien.
Latendresse souhaite voir cette mentalité évoluer, même si le chemin reste long.
Son retour professionnel ne signifie donc pas qu’il entend reprendre exactement la même route.
Il veut désormais choisir des projets qui l’allument réellement, dans lesquels il retrouve du plaisir et un sens personnel.
Son témoignage rappelle aussi que les conséquences des commotions cérébrales et l’épuisement professionnel ne disparaissent pas simplement parce qu’une personne possède une carrière enviable.
C’est toutefois une mise en garde d’un spécialiste qui donne une tout autre dimension à cette période difficile. En raison de ses nombreuses commotions cérébrales et de son rythme de vie, Guillaume Latendresse a reçu un avertissement qui l’a forcé à réfléchir sérieusement à son avenir.
« Il m’a dit : “Avec ton rythme de vie puis tes commotions, je ne suis pas sûr que tu passes au travers du 45 ans.” »
Une phrase qui donne froid dans le dos et qui aide à comprendre pourquoi l’ancien attaquant du Canadien a fini par remettre ses priorités en question.
Après des années à multiplier les projets et à toujours vouloir avancer, sa santé devait désormais passer avant ses ambitions professionnelles.
Aujourd’hui, Guillaume Latendresse revient progressivement dans le paysage médiatique, notamment comme analyste pour les matchs diffusés sur Prime Video.
Mais cette fois, le défi ne consiste plus simplement à retrouver sa place dans le monde du hockey. Il s’agit de ne pas sacrifier son équilibre pour la conserver.
Ouf…
