Martin St-Louis dans l’embarras : le Canadien se retrouve dans une catégorie inquiétante
Martin St-Louis. Youtube

Martin St-Louis dans l’embarras : le Canadien se retrouve dans une catégorie inquiétante

André Soueidan
Le 2026-10-25

Martin St-Louis peut bien parler de structure, d’exécution et de détails à corriger, mais une réalité commence à devenir difficile à ignorer chez le Canadien de Montréal.

Un graphique consacré aux 32 équipes de la LNH place Montréal dans une catégorie particulièrement inconfortable en matière d’avantages numériques obtenus et de temps passé en désavantage numérique.

Pour un entraîneur qui cherche à faire progresser son groupe, ce genre de tendance représente un problème qui ne se règle pas simplement avec un discours dans le vestiaire.

Le graphique publié par HockeyAlchemi présente le portrait des équipes en fonction de leurs avantages numériques par match et du nombre de fois où elles se retrouvent en infériorité numérique.

Montréal apparaît tout en bas du tableau, dans la zone identifiée comme celle des équipes qui passent davantage de temps dans le pétrin sans obtenir beaucoup d’occasions avec l’avantage d’un homme.

Les Panthers de la Floride se retrouvent à l’autre extrémité, dans la catégorie des équipes qui profitent le plus des avantages numériques selon cette représentation.

Le Canadien, lui, n’a certainement pas envie de voir son logo associé à ce genre de portrait.

Il faut toutefois comprendre ce que ce graphique mesure réellement. Il ne constitue pas, à lui seul, un classement officiel de la discipline et ne permet pas de conclure que Montréal est l’équipe la plus indisciplinée de la LNH.

Il montre plutôt un déséquilibre dans les occasions de jouer en avantage et en désavantage numérique.

Pour une équipe qui cherche à gagner des matchs serrés, cette réalité peut devenir coûteuse, surtout lorsque les pénalités surviennent au pire moment et donnent à l’adversaire une occasion de faire basculer la rencontre.

C’est ici que Martin St-Louis entre en scène.

Un entraîneur peut travailler les sorties de zone, les replis défensifs, les entrées en territoire adverse et les unités spéciales pendant des heures.

Il peut répéter les mêmes consignes jusqu’à en perdre la voix.

Mais lorsqu’un joueur prend une pénalité évitable dans une situation où son équipe doit protéger un résultat, le travail de tout le banc peut être compromis en quelques secondes.

Le hockey est un sport d’émotions, et les joueurs ne prennent pas toujours les meilleures décisions lorsqu’ils sont frustrés, fatigués ou trop agressifs.

La pénalité de Juraj Slafkovsky en fin de troisième période contre les Blackhawks de Chicago illustre précisément le genre de séquence qui peut faire grincer des dents un entraîneur.

Dans un moment où chaque présence compte, une montée d’agressivité inutile peut forcer toute l’équipe à défendre en infériorité numérique au lieu de tenter de fermer les livres.

Le problème ne se limite alors pas à la pénalité elle-même. Il touche aussi le jugement du joueur, sa capacité à lire la situation et sa compréhension de ce que le match exige à cet instant précis.

Dans le vestiaire, ce genre de décision peut provoquer une réaction immédiate. Les coéquipiers savent très bien lorsqu’une pénalité évitable vient compliquer une fin de rencontre.

Ils savent aussi qu’un geste individuel peut obliger quatre autres joueurs à dépenser leur énergie à défendre pendant que l’adversaire cherche le but égalisateur.

Slafkovsky est encore jeune et son intensité fait partie de son identité comme joueur, mais l’intensité doit servir l’équipe.

Lorsqu’elle devient une réaction incontrôlée, elle peut se retourner contre le Canadien.

Voilà le défi de St-Louis ... comment enseigner la discipline sans éteindre l’agressivité qui rend ses joueurs compétitifs?

La réponse la plus directe passe par les conséquences.

Un entraîneur peut réduire le temps de glace d’un joueur, le laisser sur le banc après une erreur évitable ou lui faire comprendre que certaines décisions ne seront pas tolérées dans les moments cruciaux.

La punition ne doit pas nécessairement devenir une humiliation publique, mais elle doit être suffisamment claire pour que le joueur comprenne que son choix a nui au groupe.

Le danger, cependant, serait de tomber dans l’excès inverse et de transformer chaque erreur en procès.

Le Canadien a besoin de joueurs capables de jouer avec intensité, de gagner leurs batailles et de ne pas reculer devant l’adversaire.

St-Louis doit donc tracer une ligne entre l’agressivité utile et les gestes impulsifs qui donnent gratuitement une chance à l’autre équipe.

C’est un équilibre délicat, mais essentiel pour un jeune groupe qui apprend encore à gérer les fins de match.

Le graphique ne condamne pas à lui seul le Canadien, et une pénalité ne définit pas la valeur d’un joueur.

Mais lorsque les occasions d’évoluer en avantage numérique se font rares et que l’équipe doit régulièrement composer avec des infériorités, chaque mauvais choix devient plus difficile à absorber.

Montréal ne peut pas se permettre de distribuer des cadeaux à ses adversaires, surtout dans les matchs où un seul but fait la différence.

Martin St-Louis doit trouver le moyen de faire comprendre cette réalité à ses joueurs. Le talent peut maintenir une équipe dans un match, mais le jugement permet souvent de le gagner.

Si le Canadien veut franchir une nouvelle étape, la discipline devra devenir une responsabilité collective, pas simplement un sujet de discussion après une pénalité évitable.

Ouch…