Le Canadien de Montréal pourrait bien être en train de payer très cher les difficultés d’un gardien qui n’arrive pas à suivre le rythme de son coéquipier.
Pendant que Jacob Fowler donne des raisons d’espérer devant le filet, Jakub Dobeš accumule les chiffres inquiétants et laisse sa défensive encaisser une partie des critiques.
Le classement des duos de gardiens de la LNH publié par les données alchemy après les matchs du 23 octobre raconte une histoire que le Tchèque préférerait probablement ne pas voir circuler dans le vestiaire.
Montréal occupe le 24e rang du classement avec un différentiel combiné de moins 3,9 buts sauvés par rapport aux attentes.
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut regarder les statistiques individuelles affichées sous le nom du duo. Fowler présente un différentiel positif de 2,7, tandis que Dobeš affiche un inquiétant moins 6,6.

Le contraste est énorme.
Un gardien fait mieux que ce que les tirs affrontés laissent prévoir, pendant que l’autre accorde beaucoup plus de buts que ce qu’un gardien moyen devrait normalement concéder dans des circonstances comparables.
Le GSAx, ou les buts sauvés au-dessus des attentes, ne raconte pas toute l’histoire d’un gardien, mais il permet de mesurer son rendement en tenant compte de la qualité des tirs reçus.
Une valeur positive indique qu’il fait mieux que la moyenne attendue, tandis qu’un résultat négatif signifie qu’il accorde davantage de buts que prévu.
Dans le cas de Dobeš, le chiffre de moins 6,6 est particulièrement difficile à ignorer.
Selon ce modèle, il a concédé environ six buts et demi de plus qu’un gardien moyen l’aurait fait devant les mêmes occasions.
Nous sommes encore au début de la saison, les échantillons sont petits et les statistiques peuvent évoluer rapidement, mais le contraste avec Fowler donne matière à discussion.
Le jeune Fowler, justement, est en train de démontrer pourquoi son nom suscite autant d’intérêt chez les partisans montréalais.
Son différentiel de plus 2,7 témoigne d’un travail supérieur aux attentes, même si quelques semaines de hockey ne suffisent pas pour tirer des conclusions définitives sur son avenir.
Ce qui compte pour le Canadien, c’est qu’il a jusqu’ici offert des performances qui aident son équipe à rester dans les matchs.
Dobeš, lui, suit une trajectoire bien différente.
Avec un différentiel de moins 6,6, il ne fait pas que manquer une occasion de voler une victoire à son équipe : il risque de transformer des matchs serrés en soirées frustrantes.
C’est précisément ce décalage qui complique la lecture des performances défensives du Canadien.
Quand les buts entrent sur des tirs qu’un gardien devrait normalement arrêter, les défenseurs deviennent rapidement les premiers suspects.
On reproche aux joueurs de laisser trop d’espace, de perdre leurs batailles ou de ne pas protéger suffisamment l’enclave.
Certaines critiques sont certainement justifiées, puisque la défensive montréalaise n’est pas à l’abri des erreurs. Mais lorsque le gardien laisse passer des rondelles qu’il devrait arrêter, toute l’analyse change.
Les défenseurs peuvent faire leur travail correctement et se retrouver quand même avec un but contre au tableau.
Les partisans n’ont pas besoin de chercher bien loin pour se rappeler des buts coûteux qui ont marqué ce début de campagne, notamment contre les Capitals et les Sharks.
Ces séquences alimentent la frustration parce qu’un seul mauvais but peut complètement changer le déroulement d’une rencontre. Une équipe peut contrôler une bonne partie du jeu, se donner une chance de gagner, puis voir ses efforts s’écrouler sur une rondelle qui aurait dû être maîtrisée.
Dans une saison où chaque point compte, ces erreurs peuvent finir par coûter cher.
Au moment où ce classement a été établi, le Canadien se retrouvait à l’extérieur du portrait des séries. La saison est encore jeune et rien n’est joué, mais Montréal ne peut pas se permettre de distribuer des points gratuits à ses adversaires.
Si Dobeš avait affiché des statistiques comparables à celles de Fowler, le portrait du duo serait complètement différent. En remplaçant son moins 6,6 par le plus 2,7 de son coéquipier, le différentiel combiné passerait théoriquement de moins 3,9 à plus 5,4, soit un écart de 9,3 buts dans cette mesure.
Cela ne permet pas de calculer exactement combien de victoires supplémentaires Montréal aurait obtenues, mais ça illustre la dimension du fossé entre les deux rendements.
Le plus préoccupant pour le Canadien, c’est que la pression ne s’exerce pas uniquement sur Dobeš.
Chaque but évitable risque de miner la confiance de ses défenseurs, qui doivent continuer à jouer leur système tout en sachant qu’une erreur du gardien peut suffire à faire basculer la rencontre.
À force de courir après les points perdus, Montréal pourrait se retrouver à regarder le classement de trop loin lorsque la course aux séries deviendra réellement urgente.
Dobeš peut certainement rebondir. Il possède encore le temps de redresser ses statistiques et de prouver qu’il peut être une solution fiable.
Mais les chiffres ne lui accordent aucun passe-droit, et le Canadien n’a pas le luxe de faire comme si tout allait bien.
Fowler montre ce qu’un gardien efficace peut apporter à une équipe; Dobeš doit maintenant démontrer qu’il peut lui aussi contribuer aux victoires plutôt que de compliquer la tâche de tout le monde devant lui.
Pour l’instant, la défensive montréalaise risque de continuer à porter une partie du blâme pour un problème qui se joue aussi devant le filet.
Les prochains matchs diront si Dobeš peut inverser la tendance. En attendant, le moins 6,6 reste affiché, et ce n’est certainement pas le genre de chiffre qui fait sourire un entraîneur.
Ouch…
