Alerte transaction entre les Blackhawks de Chicago et les Sabres de Buffalo.
Les Blackhawks obtiennent le défenseur Bowen Byram et l'attaquant robuste Jordan Greenway.
Pour le défenseur vedette, Chicago envoie le 4e choix au total à Buffalo, accompagné du 45e choix au total et du défenseur québécois géant Louis Crevier.
Cette transaction ne sort pas de nulle part.
Depuis plusieurs semaines, le nom de Bowen Byram circulait partout dans la LNH et la raison n’avait rien à voir avec l’argent.
Frank Seravalli a été très clair : le problème n’était ni Buffalo, ni ses coéquipiers, ni même la direction des Sabres. Byram aime l’organisation. Il aime la progression de l’équipe. Il aime l’avenir qui se dessine à Buffalo.
Le véritable problème est beaucoup plus simple.
Bowen Byram ne se voit pas comme un défenseur numéro deux ou numéro trois.
Il se voit comme un défenseur numéro un.
Et lorsqu’on regarde sa situation chez les Sabres, il devenait pratiquement impossible pour lui d’obtenir ce statut. Rasmus Dahlin demeure le visage de la brigade défensive. Owen Power représente un autre investissement majeur de l’organisation et plusieurs à l’intérieur de la ligue croient encore que Buffalo le considère comme une pièce centrale pour les prochaines années.
Pendant ce temps, Byram venait de connaître la meilleure saison offensive de sa carrière avec 42 points et estimait avoir démontré qu’il était capable de porter davantage de responsabilités.
Le problème est qu’aucun chemin réaliste ne lui permettait de devenir le défenseur numéro un des Sabres.
C’est exactement la même situation qu’il avait connue au Colorado.
Là-bas, il évoluait dans l’ombre de Cale Makar, l’un des meilleurs défenseurs de sa génération. À Buffalo, il se retrouvait encore coincé derrière une autre vedette établie en Dahlin.
À 25 ans, après avoir gagné une Coupe Stanley, après avoir accumulé de l’expérience et après avoir prouvé qu’il pouvait contribuer offensivement à haut niveau, Byram n’avait plus envie d’attendre.
Les Sabres avaient également commencé à regarder le dossier avec réalisme. Si le défenseur n’avait pas l’intention de signer une nouvelle entente à long terme lorsqu’il deviendrait admissible à l’autonomie complète, Buffalo risquait de voir sa valeur diminuer avec le temps.
Les dirigeants se sont donc retrouvés devant une décision difficile : conserver un excellent joueur pendant une autre saison en espérant changer son opinion, ou profiter de sa valeur actuelle pour aller chercher des actifs immédiatement.
Visiblement, ils ont choisi la deuxième option.
Du côté de Chicago, la logique est facile à comprendre. Les Blackhawks continuent d’entourer Connor Bedard de jeunes talents et Byram arrive à un moment parfait de sa carrière.
Il possède déjà de l’expérience, il n’est âgé que de 25 ans et il obtient enfin l’occasion qu’il recherchait depuis plusieurs années : devenir l’un des piliers d’une brigade défensive.
Pour la première fois depuis longtemps, Bowen Byram arrive dans une organisation où personne ne lui bloque la route vers un rôle de premier plan.
C’est exactement ce qu’il cherchait.
Une autre réalité a probablement accéléré le dossier dans les bureaux des Sabres.
Bowen Byram n’était plus qu’à une saison de l’autonomie complète et plusieurs dirigeants à travers la LNH savaient qu'il allait quitter Buffalo.
Parce que son agent est Darren Ferris.
Et Darren Ferris possède une réputation bien connue dans le hockey professionnel. Lorsqu’il croit qu’un joueur peut obtenir davantage sur le marché libre, il n’hésite pas à l’amener jusqu’à l’autonomie complète.
Darren Dreger a d’ailleurs rappelé cette semaine que Ferris a déjà démontré à plusieurs reprises qu’il n’avait aucun problème à conduire ses clients directement vers le marché des joueurs autonomes.
Du point de vue des Sabres, le calcul devenait inquiétant.
Byram venait de connaître la meilleure saison offensive de sa carrière. Il n’avait que 25 ans. Le plafond salarial est en pleine explosion. Les défenseurs mobiles capables de produire offensivement sont payés à prix d’or partout dans la ligue.
Si Byram décidait d’attendre jusqu’à l’été prochain, combien vaudrait-il réellement?
Au minimum 10 millions de dollars par année.
Certains agents pourraient même commencer à regarder les contrats des défenseurs numéro un à travers la ligue et soutenir que Byram mérite davantage s’il obtient enfin les responsabilités qu’il réclame depuis des années.
C’est précisément ce qui inquiétait Buffalo.
Plus les mois passaient, plus les Sabres risquaient de perdre leur levier de négociation. Ils pouvaient soit tenter de convaincre Byram de signer une prolongation immédiatement, soit accepter la possibilité qu’il teste le marché dans un an et fasse exploser sa valeur.
À partir du moment où l’organisation a compris que le joueur voulait un rôle plus important et qu’aucune garantie n’existait concernant une prolongation de contrat, l’idée d’une transaction est devenue beaucoup plus logique.
Plutôt que de courir le risque de voir Byram partir contre rien ou exiger un contrat gigantesque l’été prochain, les Sabres ont préféré récupérer des actifs pendant que sa valeur atteignait probablement son sommet.
Chicago va assurément le prolonger... pour un pont d'or...
