Arber Xhekaj vient de perdre bien plus qu’un simple coéquipier. Avec le départ de Jayden Struble vers les Predators de Nashville, le défenseur du Canadien de Montréal voit son bon ami quitter le vestiaire après plusieurs années passées à partager la même réalité, sur la glace comme à l’extérieur de l’aréna.
Quelques heures après l’annonce de la transaction, le Shérif a tenu à lui adresser un message sur Instagram. Sur une photo où il apparaît aux côtés de Struble et de Kaiden Guhle, Xhekaj a écrit : « Best of luck Struby! », accompagné d’émojis qui laissent transparaître une certaine tristesse.

Un petit message, mais une attention qui en dit long sur la relation entre les deux défenseurs. Derrière les transactions et les décisions de personnel, il y a des amitiés qui se développent au fil des saisons, des entraînements et des longues journées passées ensemble. Pour Xhekaj, le départ de Struble représente aussi la fin d’une présence familière dans son quotidien.
Une rivalité qui n’a jamais empêché l’amitié
La relation entre les deux hommes avait quelque chose de particulier. Pendant plusieurs saisons, ils se sont retrouvés en concurrence pour obtenir une place dans la formation de Martin St-Louis. Tous deux étaient régulièrement associés aux rôles de sixième et de septième défenseur, avec une bataille constante pour conserver leur place dans l’alignement.
Cette compétition aurait pu créer des tensions entre eux, surtout dans une organisation où chaque présence dans la formation compte. Pourtant, leur complicité n’a pas été affectée par cette lutte interne. Au contraire, les deux joueurs ont réussi à entretenir une relation positive malgré leurs intérêts sportifs parfois opposés.
C’est aussi ce qui rend leur séparation plus difficile à imaginer. Xhekaj et Struble connaissaient les mêmes exigences, les mêmes incertitudes et la pression qui accompagne la lutte pour un poste dans la LNH. Ils pouvaient comprendre la réalité de l’autre sans avoir besoin de longues explications.
Leur amitié rappelle que deux joueurs peuvent se battre pour la même place tout en souhaitant sincèrement la réussite de l’autre. Dans un sport où les occasions sont limitées, cette dynamique n’est pas toujours facile à maintenir.
Le Canadien perd un défenseur, mais le vestiaire perd aussi un ami
Le Canadien de Montréal est souvent décrit comme une grande famille, une impression que les partisans peuvent ressentir à travers les interactions entre les joueurs. Une transaction vient toutefois rappeler que cette famille doit composer avec les exigences d’une entreprise professionnelle.
La brigade défensive montréalaise était congestionnée. Avec Arber Xhekaj, Jayden Struble, Adam Engström et le retour attendu de Kaiden Guhle, Kent Hughes devait prendre des décisions pour libérer de l’espace. L’arrivée éventuelle de David Reinbacher ajoute également un élément à considérer pour la suite.
L’échange de Struble contre un choix de deuxième ronde en 2027 permet donc à Montréal de transformer un défenseur de profondeur en capital de repêchage. Sur le plan des affaires, la décision se défend, même si elle entraîne des conséquences humaines dans le vestiaire.
Pour Xhekaj, ce départ pourrait aussi représenter une occasion de consolider sa place et d’obtenir davantage de responsabilités cette saison. Il devra profiter de cette ouverture pour démontrer qu’il mérite la confiance de l’organisation.
Reste que cette progression se fera sans son complice habituel à ses côtés. Le Shérif a publiquement souhaité bonne chance à Struble, mais leur séparation rappelle une réalité bien connue dans la LNH : une transaction peut être logique pour une équipe tout en étant difficile à vivre pour les joueurs qui restent.
Ca reste une business...
