Bataille entre Phillip Danault et Kirby Dach : ça commence à brasser à Montréal
Kirby Dach et Philipp Danault. Youtube

Bataille entre Phillip Danault et Kirby Dach : ça commence à brasser à Montréal

André Soueidan
Le 2026-11-01

L’absence de Nick Suzuki aurait pu fragiliser le Canadien de Montréal.

Pourtant, pendant que le capitaine manque à l’appel, Phillip Danault prend de plus en plus de place dans l’organisation du jeu… et cette réalité soulève une question embarrassante pour Kirby Dach.

Deux centres, deux situations complètement différentes et un choix qui pourrait devenir incontournable pour Kent Hughes dans les prochains mois.

Depuis que Suzuki est absent, Danault assume une charge de travail considérable. Avec quatre points à ses cinq derniers matchs sans le capitaine, il ne se contente pas de remplir un trou dans l’alignement. Il contribue offensivement, obtient la confiance de Martin St-Louis dans les moments importants et apporte une stabilité dont le Canadien a besoin pour continuer à gagner. Sa moyenne de temps de jeu frôle les 19 minutes et demie par rencontre depuis cette absence. Pour un joueur dont le rôle est souvent associé au travail défensif, c’est une responsabilité qui en dit long sur la confiance de son entraîneur.

Le plus important, toutefois, ne se résume pas aux statistiques. Danault est capable de prendre des mises au jeu cruciales, de participer au désavantage numérique et de se mesurer aux meilleurs joueurs adverses.

Quand le match se resserre et que chaque erreur peut coûter cher, St-Louis sait exactement ce qu’il obtient avec lui. Cette identité claire représente une valeur immense pour une équipe qui veut faire du chemin en séries éliminatoires.

Après la victoire contre Pittsburgh, Danault a d’ailleurs évoqué le travail nécessaire pour atteindre un jalon important de sa carrière.

« C’est beaucoup de travail, et ça me rend très fier », a-t-il expliqué en parlant de ses 800 matchs.

Il a aussi souligné, avec une pointe d’humour, qu’il aurait préféré avoir disputé 800 rencontres en marquant des buts plutôt qu’en bloquant des tirs. La remarque résume assez bien le joueur ...

Danault connaît sa mission et ne cherche pas à se faire passer pour quelqu’un d’autre.

Voilà précisément ce qui complique la comparaison avec Kirby Dach. Le jeune centre possède des qualités offensives intéressantes, mais il peine encore à trouver une identité stable dans l’alignement montréalais.

Est-il un centre de deuxième trio capable de produire régulièrement? Un joueur de soutien? Un élément à qui l’on peut confier des responsabilités défensives importantes?

Pour le moment, les réponses restent difficiles à trouver. Pendant que Danault prend les commandes lorsque Suzuki est absent, Dach ne s’impose pas comme une solution évidente pour assumer ce genre de responsabilités.

Son absence contre Pittsburgh en raison d’une maladie a aussi permis de constater une réalité importante ... le Canadien peut continuer à fonctionner sans lui. Il ne faut pas transformer un seul match en verdict définitif sur sa carrière, mais Dach n’a pas encore démontré qu’il était indispensable à cette formation.

Dans une équipe qui commence à penser sérieusement à gagner, cette distinction compte énormément.

Les deux joueurs approchent également d’une étape importante sur le plan contractuel.

Danault et Dach pourraient devenir joueurs autonomes, ce qui obligera la direction à évaluer leur valeur, leur rôle et leur place dans le projet à long terme.

Si Montréal doit choisir où investir ses ressources, la contribution actuelle de Danault lui donne des arguments difficiles à ignorer.

À 33 ans, il n’est évidemment pas question de lui offrir une prolongation uniquement pour le remercier de ses services passés. Il faut plutôt déterminer si son jeu peut demeurer utile pendant trois ou quatre saisons supplémentaires.

Pour une équipe qui rêve de soulever la Coupe Stanley, conserver un centre capable de gagner des mises au jeu importantes, de tuer des punitions et de stabiliser un trio peut représenter une décision parfaitement logique.

Pendant ce temps, Dach pourrait devenir une monnaie d’échange avant la date limite des transactions si le Canadien décide de réorienter son projet.

Rien n’est décidé, mais cette possibilité mérite d’être envisagée.

La question devient alors beaucoup plus sérieuse : entre un joueur qui cherche encore son identité et un vétéran qui connaît parfaitement la sienne, lequel correspond le mieux aux besoins du Canadien?

Kent Hughes devra regarder au-delà de l’âge et du potentiel pour prendre une décision qui servira l’équipe pendant plusieurs années. Phillip Danault ne représente peut-être pas la solution la plus spectaculaire, mais Montréal a besoin de joueurs capables de faire le travail lorsque les matchs deviennent difficiles.

Et si le véritable casse-tête du Canadien n’était finalement pas de trouver une place pour Danault, mais de déterminer ce que Kirby Dach apporte réellement à cette équipe?

À suivre…