Une semaine à peine après avoir vu son nom associé à un possible essai professionnel, Patrik Laine se retrouve soudainement au centre d’un scénario qui ferait grincer des dents à Montréal.
Buffalo s’intéresse au Finlandais… et pour le Canadien, difficile d’imaginer un endroit plus désagréable pour assister à une éventuelle renaissance.
Le dossier Laine traîne depuis l’ouverture du marché des joueurs autonomes.
David Pagnotta expliquait récemment que quelques formations gardaient un œil sur lui, mais qu’aucune ne se précipitait pour déposer un contrat devant son agent.
Calgary avait notamment été mentionné, tandis que Los Angeles, Tampa Bay et les Islanders avaient étudié la situation.
La possibilité d’un contrat d’environ un million de dollars accompagné de bonis de performance circulait même dans les discussions, tout comme celle d’un essai professionnel.
Pour un ancien deuxième choix au total qui a déjà marqué 44 buts en une saison, le portrait avait quelque chose de cruel. Laine a gagné 58,53 millions de dollars au cours de sa carrière dans la LNH.
Son dernier contrat lui rapportait 8,7 millions par année.
À 28 ans, le voilà sans entente et forcé d’attendre qu’une équipe accepte de miser sur son corps après des années marquées par les blessures.

Puis Buffalo est apparu.
Selon les informations qui circulent, les Sabres font partie des équipes qui discutent des modalités d’un contrat avec Laine.
Seattle, Winnipeg et les Islanders sont également liés au Finlandais, mais la piste de Buffalo retient particulièrement l’attention. Le nouveau groupe de dirigeants des Sabres connaît déjà Laine en raison des liens créés à Columbus et l’organisation cherche du renfort offensif après le départ d’Alex Tuch.
Le mariage est facile à imaginer. Un contrat d’un an, rempli de bonis, avec très peu de risques pour Buffalo.
Laine obtient une chance de relancer sa carrière dans une équipe ambitieuse.
Les Sabres récupèrent un joueur qui, malgré toutes les questions entourant son avenir, possède encore l’un des tirs les plus dangereux de sa génération lorsqu’il est en confiance.
Montréal connaît ce tir.
En 2024-2025, Laine avait marqué 20 buts en seulement 52 rencontres avec le Canadien.

Son passage au Québec n’a jamais vraiment trouvé son rythme, mais sa capacité à décocher un lancer sur réception demeurait bien réelle.
Son problème n’était pas de savoir comment marquer. Le Finlandais devait surtout réussir à rester disponible assez longtemps pour retrouver une certaine stabilité.
La saison suivante a pratiquement tout détruit. Cinq matchs. Une seule mention d’aide. Aucun but. Un différentiel de moins-3.
Laine n’a passé que 9 minutes et 53 secondes en moyenne sur la glace à forces égales et son séjour à Montréal s’est terminé avec beaucoup plus de questions que de réponses.
Au total, le Finlandais n’a disputé que 57 matchs de saison régulière en deux ans avec le Canadien.
Voilà pourquoi Kent Hughes a tourné la page. Voilà aussi pourquoi, le 11 juillet, un joueur qui compte 224 buts et 422 points en 537 matchs dans la LNH cherche encore une équipe.
Buffalo pourrait toutefois lui offrir exactement ce dont il a besoin.
La pression ne serait plus celle d’un sauveur.
Personne ne lui demanderait de devenir le visage de l’organisation ni de justifier un salaire de 8,7 millions de dollars. Son contrat serait probablement construit autour d’un principe très simple : joue, reste en santé et marque des buts.
Le problème pour Montréal, c’est l’adresse.
La rivalité entre le Canadien et les Sabres vient de prendre une nouvelle dimension après leur affrontement en séries.
Les deux formations possèdent de jeunes noyaux qui devraient se croiser pendant plusieurs années dans une division Atlantique où chaque point devient précieux.
Le CH progresse rapidement, mais personne autour de lui n’attend gentiment que Kent Hughes termine son plan.
Buffalo cherche encore à s’améliorer.
Dans cet environnement, Laine n’aurait pas besoin de redevenir le marqueur de 44 buts de Winnipeg pour déranger le Canadien.
Quinze ou vingt buts sur un contrat à faible coût suffiraient déjà pour transformer sa signature en excellente affaire. Quelques buts contre Montréal et l’histoire prendrait rapidement une autre couleur.
Voilà toute l’ironie du dossier.
Le Canadien avait ses raisons de passer à autre chose.
Laine n’a presque pas joué la saison dernière et son état physique demeure une question légitime.
Le marché lui-même confirme les inquiétudes de Montréal puisque nous sommes rendus au 11 juillet et qu’aucune équipe ne lui a encore garanti un emploi.
Mais le talent n’a jamais complètement disparu.
Un joueur ne marque pas 224 buts dans la LNH par accident. Laine a inscrit 36 buts à 18 ans, puis 44 à sa deuxième saison.
Même à Montréal, au milieu des blessures et d’un passage mouvementé, il avait trouvé le fond du filet 20 fois en 52 matchs en 2024-2025.
Buffalo regarde maintenant le pari.
Montréal, lui, pourrait devoir regarder Patrik Laine traverser la glace dans un chandail des Sabres plusieurs fois par année.
Si le Finlandais est réellement fini, Kent Hughes n’aura rien perdu.
S’il ne l’est pas… la division Atlantique vient peut-être de trouver une nouvelle histoire à raconter.
À suivre ...
