Le dossier Elias Pettersson vient de prendre une direction que Kent Hughes aurait probablement préféré éviter.
Pendant que Montréal étudie les risques d’une acquisition majeure, un autre nom s’est glissé dans l’histoire… Sidney Crosby.
Tout est parti d’une réflexion lancée par Elliotte Friedman au balado 32 Thoughts.
L’informateur de Sportsnet cherchait ouvertement un environnement capable de permettre à Pettersson de retrouver le joueur qui avait terrorisé la LNH avec une saison de 102 points.
Son regard s’est arrêté sur Pittsburgh. « Le terrain a énormément changé. Je me suis demandé où il pourrait aller et où ce serait bon pour lui. Je me demande si les Penguins, avec Crosby et Malkin, pourraient être bons pour lui », a expliqué Friedman.
Une simple réflexion d’informateur? Pas vraiment.
Quelques jours avant que Friedman ouvre publiquement cette porte, Kyle Dubas avait déjà posé un geste qui rend aujourd’hui ses paroles beaucoup plus intrigantes.
Le 1er juillet, les Penguins ont accordé un contrat d’une saison et cinq millions de dollars à Andrei Kuzmenko, l’ancien compagnon de trio de Pettersson à Vancouver.
Difficile d’ignorer le rapprochement. Kuzmenko se trouvait aux côtés du Suédois en 2022-2023, lorsque Pettersson avait connu la meilleure saison de sa carrière avec 39 buts et 102 points en 80 matchs.
Kuzmenko avait lui-même explosé avec 39 buts et 74 points cette année-là.
Friedman connaissait évidemment cette histoire lorsqu’il a lancé le nom de Pittsburgh… et c’est précisément ce qui donne autant de piquant à sa sortie.
Depuis, la carrière de Pettersson a changé de visage.
Après une autre campagne de 89 points en 2023-2024, sa production a chuté à 45 points en 64 matchs, puis à 51 points en 74 rencontres la saison dernière.

Seulement 15 buts lors de chacune de ces deux campagnes. Le différentiel de moins-30 affiché en 2025-2026, visible dans ses statistiques, vient compléter un portrait difficile à défendre pour un joueur dont l’impact de 11,6 millions de dollars gruge le plafond salarial jusqu’en 2032.

Voilà précisément pourquoi le nom de Crosby change la discussion. Pettersson n’a peut-être plus besoin d’une organisation qui lui demande d’être son sauveur.
Il a peut-être besoin d’entrer dans un vestiaire où la hiérarchie existe déjà depuis vingt ans, où personne ne lui demandera d’expliquer chaque séquence difficile et où deux futurs membres du Temple de la renommée connaissent mieux que quiconque le poids d’une vedette qui traverse une mauvaise passe.
Crosby et Evgeni Malkin n’auraient pas besoin de découvrir comment gérer Elias Pettersson. Ils auraient simplement à l’accueillir.
Pour Kyle Dubas, ce serait aussi le geste le plus spectaculaire de sa présidence à Pittsburgh depuis l’acquisition d’Erik Karlsson.
Les Penguins naviguent depuis plusieurs années entre deux réalités qu’ils refusent de nommer franchement. Le noyau vieillit, mais Sidney Crosby est encore là.
La reconstruction frappe à la porte, mais personne ne veut être celui qui demandera au capitaine de passer les dernières années de sa carrière au milieu d’un chantier.
Pettersson devient donc une tentation presque dangereuse.
Pittsburgh possède encore plus de 16,9 millions de dollars d’espace sous le plafond salarial après avoir réglé la majorité de ses dossiers avec ses joueurs autonomes avec compensation.
À plus long terme, Dubas a construit une masse salariale presque vide, lui donnant une liberté financière que très peu d’équipes possèdent.
Les Penguins ont même discuté avec Dallas dans le dossier Jason Robertson, autre signe que leur directeur général regarde beaucoup plus haut qu’un simple joueur de profondeur.
L’ajout de Pettersson pourrait devenir la dernière grande tentative de Dubas pour redonner du souffle aux années Crosby.
Un centre de 27 ans, ancien cinquième choix au total, auteur de 508 points en 545 matchs dans la LNH et encore attaché contractuellement jusqu’en 2032.
Le risque financier est immense, surtout avec une clause complète de non-mouvement qui donne au joueur le dernier mot, mais le talent qui a produit 102 points n’a pas disparu par magie.
À Montréal, Kent Hughes connaît déjà le problème.
Le marché des centres de premier plan s’est vidé et Pettersson fait partie des rares joueurs de ce calibre dont le nom circule réellement.
Le Canadien peut lui offrir la jeunesse, Ivan Demidov, Lane Hutson et un projet qui monte.
Pittsburgh peut lui offrir quelque chose de complètement différent… Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Kuzmenko, son ancien complice d’une saison de rêve.
Le choix devient soudainement beaucoup plus personnel pour Pettersson.
Friedman n’a jamais affirmé qu’une transaction était imminente entre Vancouver et Pittsburgh.
Son intervention mérite toutefois d’être prise pour ce qu’elle est: l’un des informateurs les mieux branchés du hockey vient lui-même de chercher l’endroit idéal pour relancer Pettersson… et son premier réflexe l’a conduit directement chez Sidney Crosby.
Kent Hughes avait peut-être enfin vu le prix du Suédois redescendre assez pour ouvrir une vraie discussion.
Kyle Dubas, lui, possède maintenant l’argent, l’ancien compagnon de trio… et le meilleur argument de recrutement au hockey.
Sidney Crosby.
À suivre…
