C'est gênant : Nick Suzuki place Juraj Slafkovsky dans l'embarras
Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky. Getty image

C'est gênant : Nick Suzuki place Juraj Slafkovsky dans l'embarras

André Soueidan
Le 2026-11-07

Aïe aïe aïe… Le retour de Nick Suzuki dans l'alignement change beaucoup de choses pour le Canadien, mais surtout pour Juraj Slafkovsky.

Depuis que son capitaine est de retour, le grand Slovaque retrouve de l'efficacité offensive et recommence à accumuler les points.

La question devient embarrassante : est-ce que Slafkovsky est capable de faire la différence par lui-même, ou a-t-il besoin de Suzuki pour devenir le joueur que Montréal espère?

Les commentaires de Suzuki avant le duel contre Toronto permettent justement de réfléchir à ce qui distingue les joueurs capables de prendre le contrôle d'un match.

En parlant de Carey Price, son ancien coéquipier et un modèle pour lui, le capitaine a expliqué ce qu'il admirait chez le gardien.

« Je voulais toujours être à l'aise dans toutes les situations ... en désavantage numérique, en avantage numérique, à cinq contre cinq, en fin de match, que nous menions ou que nous tirions de l'arrière. Il était toujours le joueur vers qui on se tournait, et c'est ce que je voulais devenir. »

Cette réponse en dit long sur la mentalité de Suzuki. Il ne voulait pas simplement être un joueur offensif spectaculaire. Il voulait devenir celui sur qui son entraîneur pouvait compter, peu importe le scénario.

Et aujourd'hui, c'est exactement ce qu'il représente pour le Canadien.

Son intelligence, sa vision et sa capacité à gérer le rythme d'une présence font de lui un centre qui peut rendre ses compagnons beaucoup plus dangereux.

Il sait attendre le bon moment, attirer la pression et trouver une ouverture que les autres n'avaient pas nécessairement vue.

Suzuki a également expliqué pourquoi Carey Price était un leader aussi respecté dans le vestiaire.

« Carey travaillait tous les jours. Il faisait son travail. C'était un leader calme. »

Il a ensuite ajouté que lorsque Price prenait la parole, toute l'équipe savait qu'elle devait écouter. Une présence qui n'avait pas besoin de grands discours pour influencer les autres.

C'est cette constance, cette capacité à être fiable dans toutes les circonstances, que Suzuki admirait chez lui.

Le parallèle avec Slafkovsky devient intéressant. Le jeune attaquant possède des qualités physiques et offensives que peu de joueurs peuvent offrir, mais il profite énormément de la présence de Suzuki.

Lorsque le capitaine contrôle le jeu, Slafkovsky trouve des espaces, reçoit de meilleures rondelles et peut utiliser son gabarit pour faire des dégâts près du filet.

Le problème, c'est qu'on attend maintenant de lui qu'il puisse aussi devenir un moteur offensif, plutôt que de dépendre constamment de celui qui organise le spectacle.

Lorsqu'on repense au choix de Montréal en 2022, difficile de ne pas imaginer ce qui aurait pu se produire si le Canadien avait sélectionné Cooley au lieu de Slafkovsky.

Le centre américain a démontré cette saison une capacité impressionnante à conserver la rondelle, à créer des occasions et à devenir lui-même une menace constante.

Imaginez-le sur l'avantage numérique montréalais avec Suzuki, Cole Caufield, Ivan Demidov et Lane Hutson. La projection donne le vertige.

Ce scénario demeure utopique, évidemment. Le Canadien a choisi Slafkovsky et doit maintenant l'aider à atteindre son immense potentiel.

Mais la comparaison soulève une question légitime ... est-ce que le Slovaque possède cette capacité de prendre possession d'une séquence offensive et de changer complètement son déroulement?

On ne l'a pas encore vu le faire avec la régularité d'un joueur comme Cooley.

Suzuki, lui, a compris depuis longtemps qu'un joueur doit pouvoir répondre présent dans toutes les situations.

Il a appris en observant Carey Price et veut incarner ce modèle à son tour. Slafkovsky bénéficie de cette présence exceptionnelle à ses côtés.

Maintenant, il doit démontrer qu'il peut devenir davantage qu'un excellent complément à son capitaine.

Le talent est là. Le potentiel aussi.

Mais le Canadien attend encore de voir le moment où Juraj Slafkovsky fera tourner le jeu autour de lui.

Misère…