Gleb Pugachyov a reçu une sacrée claque au visage. Et elle lui a fait énormément de bien.
Depuis le début de la saison, le jeune Russe est devenu une cible facile pour les partisans du Canadien. Le choix de première ronde de Montréal a été traité de flop, de gros lard, de mauvais repêchage et de joueur incapable de suivre le rythme.
Chaque présence sur la glace était disséquée, chaque vidéo d'entraînement devenait une occasion de se moquer de lui.
Surtout celle où ses mains... sont dans le béton...
UAU! Novo vídeo de Gleb Pugachyov treinando - vídeo via TikTok story’s https://t.co/Tj2WMq2N67
— Acervo Montreal Canadiens 🇧🇷 (@acervocanadiens) July 13, 2026
Il n'avait même pas encore eu le temps de commencer véritablement son développement que plusieurs avaient déjà décidé qu'il était un choix de première ronde ruiné.
Et il faut reconnaître que Pugachyov ne s'est pas aidé.
Son arrivée dans la saison a été catastrophique. Après avoir pris environ 33 livres en un an, passant d'environ 187 à 220 livres, le gros attaquant semblait avoir perdu une partie de sa mobilité.
Il avait l'air lourd, manquait de vitesse et ne parvenait pas à imposer sa présence comme on l'espérait. Lui qui avait été repêché pour son mélange de puissance, de gabarit et d'habiletés offensives donnait plutôt l'impression de traîner son propre poids sur la glace.
Surtout, il a échoué son examen médical et de condition physique dans la KHL, avant d'être rétrogradé dans la MHL.
Son évaluation physique lui a visiblement envoyé un message qu'il ne pouvait plus ignorer. Les questions sur sa composition corporelle ont pris une ampleur considérable. Il fallait arrêter de se raconter des histoires : son physique, censé être son principal avantage, était devenu une partie du problème.
Il fallait qu'il réalise que le simple fait de mesurer six pieds trois pouces et de peser plus de 220 livres ne faisait pas de lui un joueur dominant.
Dans le hockey professionnel, tu peux être un monstre au gymnase et te faire manger tout rond si tu n'as pas les jambes pour suivre le jeu.
Surtout, tu dois faire attention à la malbouffe et au mauvais gras dans tes aliments.
Pugachyov a aussi appris à ses dépens qu'il vaut mieux laisser ses performances parler avant de lancer des déclarations spectaculaires.
Son commentaire sur Tom Wilson, qu'il disait pouvoir détruire dans un combat, lui est revenu en pleine figure. Il n'avait pas encore prouvé qu'il pouvait s'imposer dans son propre circuit qu'il se présentait déjà comme celui qui allait faire la loi devant l'un des joueurs les plus intimidants de la LNH.
“Tu es un gros joueur, tu frappes tout le monde et tu n’as peur de personne. Imagine que tu joues déjà pour Montréal. Nous affrontons Washington. Tu appliques une solide mise en échec à un de leurs jeunes joueurs et Tom Wilson vient immédiatement te voir. Es-tu prêt à te battre avec lui?” lui avait-on demandé.
« Oui. Je leur ai dit qu’il ne resterait plus rien de lui. »
Tom Wilson n'avait même pas besoin de répondre longuement pour que cette sortie publique soit synonyme de catastrophe publique.
La grande gueule devait maintenant livrer la marchandise. Et elle s'est effondrée.
Mais voilà que la lumière se pointe au bout du cauchemar.
Après avoir été pratiquement invisible dans la KHL et avoir obtenu à peine quelques minutes de jeu pendant une période de 20 jours, Pugachyov est retourné dans la MHL avec le Chaika de Nijni Novgorod.
Il a inscrit son premier but de la saison lundi.
Gleb Pugachyov (MTL) scores his first goal of the season! https://t.co/85zYCkaHNR
— dylan griffing (@GriffingDylan) November 2, 2026
Il a ajouté une mention d'aide mercredi, puis marqué de nouveau vendredi.
Trois matchs consécutifs avec au moins un point. Après les semaines de misère qu'il vient de traverser, voilà un baume à son coeur.
L'ancien recruteur du Canadien de Montréal, Grant McCagg, a également remarqué une amélioration de sa condition physique en analysant son dernier match.
Pugachyov paraît plus affûté et aurait perdu quelques livres. Son coup de patin et son implication sont meilleurs. Il commence enfin à ressembler davantage au joueur que le Canadien pensait avoir repêché.
Il faut comprendre le parcours complètement chaotique qu'il vient de vivre. Pugachyov a subi la honte d'échouer un examen médical et été envoyé dans la MHL après avoir été incapable de s'établir avec le Torpedo dans la KHL.
Il a très peu joué, a été critiqué pour son poids, puis a dû composer avec une commotion cérébrale après avoir été frappé par-derrière lors de son premier match de la saison dans le circuit junior.
Gleb Pugachyov was just pushed from behind into the boards. Looks like he's staying in the game. https://t.co/mYnSYnH4ln
— William Dubé (@williamdube_) September 7, 2026
Il a perdu du temps de développement et sa confiance a certainement été ébranlée.
Pendant ce temps, à Montréal, les critiques s'accumulaient. On le traitait déjà de flop, certains se moquaient de son apparence physique et d'autres remettaient carrément en question la décision de Kent Hughes de le sélectionner au premier tour.
Ça fait beaucoup pour un jeune de 18 ans qui vient à peine de commencer sa carrière professionnelle.
Oui, il a donné des munitions à ses détracteurs. Ses déclarations arrogantes sur Tom Wilson étaient prématurées et ridicules.
Et arriver gras comme un voleur au camp d'entraînement de ton équipe de la KHL était bel et bien une honte publique.
Mais il faut arrêter de l'enterrer.
Un espoir de 18 ans ne devient pas un flop parce qu'il traverse un début de saison pénible en Russie. Le Canadien a sélectionné un monstre à développer, pas un joueur prêt à débarquer demain matin dans le top 6.
Disons que Kent Hughes et Jeff Gorton ne l'ont pas aidé en affirmant qu'il était près d'être NHL-ready.
Pugachyov possède encore du temps pour corriger ses lacunes, retrouver sa mobilité et apprendre à utiliser son gabarit intelligemment.
Le plus important, c'est qu'il semble avoir reçu le message. Il recommence à produire, il joue davantage et son état physique paraît s'améliorer. Il reste énormément de travail, mais au moins, on voit enfin un signe de réaction.
Il vient de prendre une première petite revanche sur ses détracteurs.
Pugachyov a été humilié, critiqué et ridiculisé. Il a reçu une claque qui lui a ouvert les yeux. Maintenant, il doit continuer sur cette lancée.
On ne veut plus revoir le naufrage auquel on assistait il y a quelques semaines.
