Comportement inacceptable: Gary Bettman voit rouge avec John Tortorella

Comportement inacceptable: Gary Bettman voit rouge avec John Tortorella

Par David Garel le 2026-05-15

Gary Bettman est furieux. Et il a raison de l’être.

Dans une Ligue nationale de hockey qui dépense des fortunes pour vendre son produit, maximiser ses droits télévisés, faire exploser les revenus et convaincre les diffuseurs américains que le hockey mérite une place parmi les grands sports, ce qui s’est passé jeudi soir à Anaheim est tout simplement inacceptable.

Refuser de parler aux médias après une qualification pour une finale d’association? Sérieusement?

On parle ici d’un moment de célébration. Un moment où une organisation devrait avoir envie de mettre ses vedettes en avant, de raconter son histoire, de faire rayonner son produit.

Les Golden Knights de Vegas venaient de démolir les Ducks d’Anaheim pour accéder à la finale de l’Ouest. Une victoire convaincante. Une ambiance supposément euphorique. Une occasion parfaite pour vendre la passion, les émotions, les histoires humaines derrière le hockey.

Et pourtant? Silence radio.

Seulement deux joueurs ont accepté de parler. Le vestiaire est resté fermé. Et surtout, John Tortorella a refusé de rencontrer les médias après le match. Pas d’explication. Pas de justification. Rien.

Et pour ajouter l'insulte à l'injure, la scène devant le podium a ajouté une couche de malaise. Quand Mitch Marner et Brett Howden se sont présentés devant les médias, les deux ont lancé en souriant qu’ils n’avaient « que dix minutes » parce que l’autobus allait partir sans eux.

C'était un petit jeu de Tortorella pour écourter la disponibilité médiatique et limiter les questions,

Ce n’est pas une petite erreur de protocole. Le coach a délibérément fait suer les journalistes.

Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas une situation banale où un entraîneur est trop émotif après une élimination douloureuse. Vegas venait de se qualifier. Tout allait bien. L’équipe gagnait. Alors quelle est l’excuse?

Et surtout : est-ce qu’on est vraiment étonné?

Tortorella a toujours entretenu une relation conflictuelle avec les journalistes. Pendant des années, il les a souvent traités comme une nuisance, comme s’ils étaient un obstacle entre lui et son travail plutôt qu’une partie essentielle de l’écosystème du hockey.

Combien de conférences de presse expéditives? Combien de réponses sèches? Combien de regards remplis de mépris? Combien de fois a-t-il donné l’impression qu’il faisait une faveur au monde entier simplement en répondant à trois questions?

Le plus frustrant dans tout ça, c’est que Tortorella devrait pourtant comprendre la réalité médiatique mieux que bien des entraîneurs.

Il a lui-même travaillé dans les médias. Il connaît les exigences du métier. Il sait comment ça fonctionne. Il sait qu’après un match de cette ampleur, les journalistes ont besoin d’accès, de réactions, d’explications. Ce n’est pas du voyeurisme. C’est leur travail.

Quand une équipe atteint une finale de conférence, les journalistes ne sont pas là pour déranger le party. Ils sont là pour raconter l’histoire. Pour donner du contenu aux partisans. Pour nourrir les réseaux sportifs, les émissions du matin, les analyses du lendemain, les débats qui font vivre ce sport.

Sans médias, la machine s’effondre.

Gary Bettman le comprend mieux que personne. Lui qui a transformé la LNH en produit de divertissement ultra-marketé doit regarder cette scène avec frustration.

La ligue impose des obligations médiatiques précisément pour éviter ce genre de cirque. Tu ne peux pas profiter de milliards en droits télévisés, des caméras partout, des plateformes numériques, de la visibilité nationale, puis soudainement décider que les médias ne sont plus importants quand ça ne te tente pas.

Et c’est là où Vegas recommence à se comporter comme Vegas.

Parce qu’il ne faut pas faire semblant d’être surpris. Cette organisation adore jouer sur la ligne. Elle adore tester les limites. Elle adore créer du cynisme autour d’elle.

Dans les derniers jours, les dirigeants des Golden Knights ont déjà fait preuve de leur manque de classe à travers toute la ligue en refusant à Bruce Cassidy la permission de discuter avec plusieurs équipes, notamment les Oilers d’Edmonton et les Kings de Los Angeles, pour des postes d’entraîneur-chef.

Cassidy n’est plus derrière le banc à Vegas, mais puisqu’il est encore sous contrat, l’organisation garde le contrôle.

Légalement? Peut-être.

Mais au niveau de la classe, les Knights sont encore au fond du trou.

Vegas agit comme une organisation qui aime contrôler tout le narratif, tout le message, tout ce qui sort publiquement. Et quand ça devient inconfortable, quand il y a un sujet délicat à gérer, les murs se ferment.

Alors oui, la question mérite d’être posée : est-ce que cette fermeture médiatique avait quelque chose à voir avec Bruce Cassidy?

Est-ce que l’organisation craignait que des journalistes questionnent les joueurs ou Tortorella sur le refus accordé à Cassidy de rencontrer d’autres formations? Est-ce qu’on voulait éviter un malaise? Éviter des réponses maladroites? Éviter une autre controverse?

Impossible de le confirmer. Mais la coïncidence est difficile à ignorer.

Quel manque de respect...