Congédiement au Centre Bell: Ivan Demidov au centre de la colère du CH
Ivan Demidov. Imagn Images

Congédiement au Centre Bell: Ivan Demidov au centre de la colère du CH

David Garel
Le 2026-11-04

Le Canadien de Montréal a-t-il perdu complètement le sens des priorités? Après avoir vécu une humiliation historique contre les Jets de Winnipeg, l’organisation trouve maintenant le moyen de s’en prendre à un employé parce que des images d’Ivan Demidov en train de patiner se sont retrouvées sur les réseaux sociaux.

Selon ce qui circule, la personne responsable de la captation des images aurait été congédiée. Son crime? Avoir filmé le jeune attaquant russe sur la glace et avoir rendu publiques des images que le Canadien voulait absolument garder secrètes.

Les dirigeants étaient en furie que leur loi du silence soit brisée.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le Complexe CN de Brossard a été fermé aux visiteurs pendant une partie de la journée. Les accès ont été retardés et les gens qui voulaient assister à l’entraînement ont dû patienter. Une décision qui s’inscrit dans cette volonté presque obsessionnelle de contrôler chaque information entourant l’équipe.

Bienvenue dans le monde du Canadien de Montréal, où voir un joueur patiner devient apparemment une affaire de sécurité nationale.

Il faut revenir sur ce qui s’est passé. Ivan Demidov est absent depuis plusieurs semaines en raison d’une blessure au pied droit.

Le 6 octobre, le Canadien avait annoncé une absence de deux à quatre semaines. Nous avons dépassé cette période sans obtenir de véritable mise à jour médicale. Les partisans posaient des questions, les spéculations se multipliaient et Chantal Machabée se contentait de répondre « Pas encore » lorsqu’on lui demandait si une nouvelle information était disponible.

Pendant ce temps, Demidov portait toujours une botte protectrice pour se déplacer.

Puis, mardi, une vidéo a finalement circulé. On y voyait le Russe patiner au Centre Bell, à faible intensité, sans pouvoir encore pousser normalement sur sa jambe.

Ce n’était pas une séance d’entraînement complète. Ce n’était pas un retour imminent. C’était simplement une première image concrète de sa réhabilitation après quatre semaines de silence.

Et le Canadien a paniqué.

Selon les informations qui circulent, la direction aurait tenté de faire retirer la vidéo. Trop tard. Les images avaient déjà été partagées partout. Le message que l’organisation voulait contrôler lui échappait complètement.

Mais sérieusement, sommes-nous rendus là?

Un employé risque de perdre son gagne-pain parce qu’il a filmé Ivan Demidov sur une patinoire? Le Complexe CN doit devenir inaccessible parce que des images d’un joueur qui patine ont circulé? On parle d’un club de hockey, pas de la CIA. Demidov n’était pas en train de subir une opération secrète dans un laboratoire militaire. Il patinait.

Le Canadien a le droit d’établir des règles concernant les images prises dans ses installations. Un employé peut évidemment être tenu de respecter les politiques de son employeur. Mais la disproportion de la réaction rapportée est difficile à défendre.

Congédier quelqu’un pour une vidéo de quelques secondes, puis fermer temporairement les portes du complexe pour empêcher d’autres images de circuler, c’est une gestion de crise complètement déconnectée de la réalité.

Et le plus ironique, c’est que cette crise aurait pu être évitée avec un minimum de transparence.

Depuis le début de cette blessure, le Canadien entretient un climat de méfiance. Les informations arrivent au compte-gouttes. Les questions restent sans réponse. Les partisans doivent se fier aux images qui circulent et aux informations obtenues à l’extérieur de l’organisation pour comprendre ce qui se passe avec l’un des joueurs les plus importants de l’avenir du club.

On nous avait pourtant promis davantage de transparence.

Le dossier Demidov est devenu le symbole parfait de cette culture du silence. On cache les séances de patinage, on contrôle les accès, on tente de faire disparaître les vidéos et, maintenant, selon ce qui circule, un employé aurait payé le prix pour avoir rendu publiques quelques images.

Pendant ce temps, les véritables questions demeurent.

Pourquoi Demidov a-t-il continué à jouer après sa blessure présumée lors du dernier match préparatoire contre Ottawa? Est-ce que sa participation aux rencontres contre Toronto et Pittsburgh a aggravé son problème? Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps avant d’obtenir une première image de sa réhabilitation? Et surtout, quand pourra-t-il enfin rejoindre ses coéquipiers?

Voilà les questions auxquelles le Canadien devrait consacrer son énergie.

Pas à mener une chasse aux sorcières contre un employé qui a filmé un joueur en train de patiner.

Le plus ridicule dans cette histoire, c’est que les images de Demidov ont finalement rassuré une partie des partisans. Au moins, ils ont pu constater que le jeune attaquant était de retour sur la glace. Le Canadien aurait pu accompagner cette séquence d’une mise à jour claire, expliquer où en était sa réhabilitation et calmer les inquiétudes.

À la place, l’organisation a donné l’impression de vouloir punir celui qui a rendu l’information accessible.

La loi du silence ne protège pas le Canadien. Elle nourrit les rumeurs, détruit la confiance et transforme chaque petite information en bombe médiatique.

Après l’effondrement historique contre Winnipeg, Martin St-Louis et ses joueurs ont beaucoup de travail à faire sur la glace. La direction, elle, devrait peut-être commencer par comprendre qu’une organisation professionnelle n’a pas besoin de traiter chaque image qui sort de ses installations comme une menace à sa sécurité nationale.

Ivan Demidov qui patine n’est pas un secret d’État.

C’est du hockey.

Et si le Canadien veut réellement retrouver la confiance de ses partisans, il serait grand temps de remplacer l’omerta par de la transparence.