Un choix de 2e ronde bientôt échangé: les regrets de David Reinbacher
David Reinbacher et Michael Misa. Canadiens de Montréal, Imagn Images

Un choix de 2e ronde bientôt échangé: les regrets de David Reinbacher

David Garel
Le 2026-11-04

Michael Misa aurait-il déjà perdu une partie de son statut à San Jose? Pierre LeBrun est persuadé que les Sharks ont proposé le deuxième choix au total du repêchage de 2025 aux Red Wings de Detroit pour Simon Edvinsson.

Rien n’indique qu’une transaction est imminente, mais le simple fait que son nom circule dans des discussions de cette importance soulève une question : les Sharks sont déjà en train de revoir leur évaluation de leur jeune attaquant.

Misa n’est pas un mauvais joueur. Il possède du talent, des qualités offensives et un potentiel intéressant. Mais il n’est pas non plus un phénomène générationnel qu’une organisation refuse même d’écouter au téléphone.

San Jose l’a sélectionné au deuxième rang en 2025. À peine un an plus tard, son nom serait déjà utilisé dans des discussions avec Detroit. Pour une organisation qui vient de miser aussi haut sur un centre de talent, c’est loin d’être banal.

Le Canadien va tellement avoir de regrets en regardant ce dossier.

À Montréal, Kent Hughes a eu une occasion en or de mettre la main sur Cutter Gauthier pendant le repêchage de 2023. Daniel Brière aurait offert l’attaquant américain en échange du cinquième choix au total. Le Canadien aurait donc pu repartir avec Gauthier plutôt que David Reinbacher. Hughes a refusé. Il a conservé son choix et sélectionné le défenseur autrichien.

Aujourd’hui, Gauthier est en train de devenir l’un des attaquants les plus productifs de la LNH. Il compte 10 buts et 15 points en 14 rencontres, après avoir marqué 41 buts la saison dernière.

Pendant ce temps, Reinbacher poursuit son développement dans la Ligue américaine, à 22 ans, sans avoir encore réussi à s’installer dans la Ligue nationale.

On voit qu'il joue avec la peur au ventre. Sa sélection devient de plus en plus difficile à défendre pour le Canadien.

Le parallèle avec Michael Misa fait tellement mal. San Jose est beaucoup moins attaché à son deuxième choix de 2025 que Montréal ne l’a été à Reinbacher.

Car Mike Grier est moins orgueilleux que Mike Grier.

Jusqu'au point de le proposer à Détroit pour le géant défenseur de 6 pieds 6 et 225 livres.

Même que les Wings demanderaient Misa ET Keaton Serhoeff selon les informations de Pierre LeBrun.

Cela veut dire que la valeur de Misa est déjà en baisse sur le marché des transactions.

Pendant ce temps, Hughes a refusé de transformer son cinquième choix en Cutter Gauthier, l'un des meilleurs buteurs de la LNH.

Il a préféré miser sur Reinbacher, convaincu que son défenseur droitier représentait le meilleur investissement à long terme.

Déjà que sa décision de le sélectionner avant Matvei Michkov avait été mal reçue par la province en entier.

C'est comme si Hughes, par ego, avait voulu prouver que les partisans du CH avaient tort de le critiquer.

Le plus frustrant, c’est que Montréal avait une occasion de régler une partie de son problème offensif sans sacrifier un joueur déjà établi dans sa formation.

Gauthier aurait pu devenir un élément majeur de l’attaque montréalaise. Il aurait pu jouer avec Ivan Demidov, apporter un tir redoutable et offrir une menace supplémentaire à une équipe qui cherche encore à compléter son groupe d’attaquants.

Et dire que Matvei Michkov a déjà marqué 10 buts cette saison.

Et pendant que Hughes protégeait Reinbacher, les Flyers ont fini par échanger Gauthier à Anaheim contre Jamie Drysdale et un choix de deuxième ronde.

Philadelphie a choisi de tourner la page sur son jeune attaquant et s'est fait complètement avoir par les Ducks.

Anaheim, de son côté, a récupéré un buteur qui fait aujourd’hui exactement ce qu’on attendait de lui : produire à un rythme spectaculaire.

Le Canadien aurait pu être à la place des Ducks et flouer le pauvre et naïf Daniel Brière.

On peut discuter pendant des heures des raisons qui ont poussé Hughes à choisir Reinbacher. On peut parler de besoins organisationnels, de caractère, de projection et de défenseurs droitiers. Mais la réalité est que le CH ne voulait pas de Michkov au nom de la culture dans sa chambre.

Le Russe prouve aujourd'hui à quel point il est un féroce compétiteur.

L’impression qui se dégage de cette séquence, c’est que le Canadien a peut-être accordé trop d’importance à vouloir prouver aux fans du CH que Kent Hughes avait eu raison.

Mais une organisation ne peut pas laisser son orgueil décider de la valeur d’un joueur.

C’est le travail d’un directeur général : évaluer les actifs, reconnaître les occasions et ne pas tomber amoureux de ses propres sélections.

Surtout, savoir reconnaître ses erreurs.

À Montréal, le dossier Reinbacher est devenu beaucoup plus délicat. Sa valeur sur le marché des transactions n’est certainement pas à son sommet après ses difficultés à s’imposer dans la LNH.

Le Canadien ne peut pas simplement le vendre au rabais sans reconnaître qu’il a peut-être mal évalué la situation. Mais il ne peut pas non plus continuer à protéger une décision uniquement parce qu’il l’a prise lui-même.

C’est toute la différence entre gérer une organisation et défendre son ego.

L’exemple de San Jose devrait faire réfléchir Montréal : un choix de premier tour n’est pas sacré, même s'il est top-5. Un directeur général doit être capable de remettre ses propres décisions en question. Et surtout, il ne doit jamais confondre la fidélité à son plan avec l’obligation de prouver qu’il avait raison.

Quel bourde de Kent Hughes.