Propos cinglants de Norman Flynn envers Arber Xhekaj: Martin St-Louis est d'accord
Arber Xhekaj et Norman Flynn. Captures d’écran Facebook

Propos cinglants de Norman Flynn envers Arber Xhekaj: Martin St-Louis est d'accord

David Garel
Le 2026-11-04

L’humiliation contre les Jets de Winnipeg n’est visiblement pas passée. Et à voir Martin St-Louis diriger l’entraînement du Canadien mercredi matin à Brossard, on comprend rapidement que l’entraîneur n’avait aucune intention de laisser ses joueurs tourner la page comme si rien ne s’était passé.

Le ton était différent. L’intensité aussi. St-Louis était en furie.

Après avoir vu son équipe gaspiller une avance de 4-0 et encaisser une défaite de 5-4 dans la remontée la plus spectaculaires de l’histoire de la LNH, St-Louis a interrompu l’entraînement pour exiger davantage de ses joueurs. Le message était clair : il fallait augmenter le rythme et retrouver une certaine fierté dans la façon de travailler.

La séance n’a duré qu’une trentaine de minutes, mais elle a été redoutable. Le Canadien affrontera le Mammoth de l’Utah jeudi et l’entraîneur voulait manifestement que ses hommes comprennent que la performance de la veille était inacceptable.

Un joueur ressent les conséquences de cette soirée de manière encore plus cinglante: Arber Xhekaj.

Le défenseur a remporté son combat contre Tyrel Bauer, mais sa décision de jeter les gants alors que Montréal menait 4-0 a déclenché une énorme controverse.

Sur les ondes de RDS, Normand Flynn l’a démoli. Égoïste, tête brûlée, jugement déficient : l’ancien joueur n’a pas mâché ses mots envers le shérif qui a fait son "fraichier" en se vantant à la foule après son combat.

Et pour une fois, Flynn n’était pas seul dans son coin.

Lui qui s’est déjà attiré des critiques pour ses idées de transactions concernant Nick Suzuki pour Wayne Simmonds, Juraj Slafkovsky pour Pierre-Luc Dubois ou Cole Caufield pour Kyle Palmieri, a reçu énormément d’appuis dans ses commentaires sur Xhekaj.

Le défenseur est devenu la cible de critiques plus que sévères après une soirée où le Canadien avait pourtant tout en main pour gagner.

Mercredi, on a d’ailleurs vu Martin St-Louis discuter directement avec Xhekaj pendant l’entraînement. Les images de cette conversation risquent de faire jaser. L’entraîneur avait quelque chose à lui communiquer et le contexte de la veille rend cette discussion toxique.

Clairement, le coach du CH est d'accord avec Norman Flynn.

St-Louis n’a pas publiquement sacrifié son défenseur après la rencontre. Il n’a pas voulu l’envoyer sous l’autobus. Mais cela ne signifie pas que le sujet est disparu à l’intérieur du vestiaire.

Xhekaj doit comprendre une chose : gagner un combat ne signifie rien si ton équipe perd le match parce qu’elle a complètement perdu le contrôle de ses émotions et de son exécution.

Son rôle est d’apporter de l’énergie, de protéger ses coéquipiers et de jouer avec intensité. Pas de confondre le spectacle personnel avec les intérêts du Canadien.

Et surtout, ne te vante pas après un combat. Tu as l'air d'un junior. Même chose pour son frère Florian qui a aussi joué au clown en engageant un combat complètement inutile.

Ces deux frères ne sont pas les crayons les plus aiguisés de la boîte. Tout fiers de faire un show:

Disons qu'on parle d'un quotient intellectuel de situation... négatif...

Jacob Fowler était également au centre de l’attention.

Le jeune gardien a été le premier à sauter sur la glace pour l’entraînement régulier, au lendemain d’une soirée cauchemardesque.

Il avait accordé cinq buts, mais il avait également réalisé 42 arrêts. Personne ne peut raisonnablement lui attribuer la responsabilité de cette défaite.

Le problème, c’est que son nom s’est retrouvé au milieu d’un autre débat : sa condition physique.

Dany Dubé avait déjà soulevé des interrogations concernant sa silhouette et sa préparation physique. D’autres commentaires ont suivi après la rencontre, certains allant jusqu’à remettre en question sa condition en fin de match.

Le mot "grassouilet" était partout sur les réseaux sociaux hier soir. Il faut avouer qu'il avait l'air épuisé.

À 21 ans, Fowler vient pourtant de connaître un début de carrière remarquable. Il a été nommé recrue du mois dans la LNH et a remporté la coupe Molson en octobre.

Il est encore en développement et doit évidemment continuer à travailler sur tous les aspects de son jeu, mais le transformer en bouc émissaire après une défaite où il a effectué 42 arrêts serait complètement injuste.

Son attitude à l’entraînement était néanmoins à surveiller. Il savait très bien ce qui venait de se produire et il avait toutes les raisons de vouloir retrouver rapidement la glace.

Sur le plan des effectifs, Mike Matheson et Samuel Montembeault ont patiné individuellement avant l’entraînement régulier. Aucun des deux n’a participé à la séance collective.

Ivan Demidov n’était pas non plus sur la glace avec le groupe. Nick Suzuki et Kirby Dach étaient présents, tandis qu’Alex Newhook profitait d’une journée de traitements.

Suzuki a logiquement repris sa place dans les combinaisons offensives, alors que Dach évoluait comme treizième attaquant. Rien ne permet toutefois de tirer des conclusions définitives sur la formation qui affrontera le Mammoth.

Une chose est certaine : Martin St-Louis veut une réponse immédiate.

Le Canadien vient de vivre une humiliation historique. Les joueurs ont été critiqués, les frères Xhekaj sont au centre d’une controverse et Jacob Fowler a dû encaisser une soirée extrêmement difficile malgré une performance individuelle impressionnante.

À Brossard, mercredi, l’entraîneur a décidé de hausser le ton.

Après une défaite pareille, les discours ne suffisent plus. Jeudi contre l’Utah, Montréal devra montrer qu’il a compris la leçon.

Cette fois, il faudra jouer pendant 60 minutes.