« Congédiez Daniel Brière » : les fans des Flyers montrent la porte de sortie au DG
Daniel Brière. NHL.com

« Congédiez Daniel Brière » : les fans des Flyers montrent la porte de sortie au DG

David Garel
Le 2026-10-12

Daniel Brière a commencé la reconstruction des Flyers de Philadelphie à peu près au même moment où le Canadien entreprenait la sienne.

Aujourd’hui, pendant que Montréal commence à récolter les fruits de son travail, Philadelphie s’enfonce dans un cauchemar.

ept matchs, aucune victoire et seulement huit buts marqués : les Flyers viennent d’établir le pire départ de l’histoire de leur franchise.

Battus 4-1 par les Hurricanes dimanche, ils affichent une fiche de 0-5-2 et ont accordé 28 buts. Une équipe qui vient de participer à une deuxième ronde éliminatoire la saison dernière est maintenant incapable de gagner un match.

Les partisans commencent à perdre patience, les chants réclamant le congédiement de Rick Tocchet se faisent déjà entendre, mais voilà que les partisans crient maintenant au congédiement du DG, même s'il est un ancien joueur adoré de l'organisation.

« Fire Danny Briere! »

Tellement cruel.

Le directeur général qui devait remettre cette organisation sur les rails est en train de perdre le contrôle de son projet.

Le problème, c’est que cette catastrophe ne date pas de sept matchs. Elle se prépare depuis des années, transaction après transaction, décision après décision.

Brière a multiplié les paris douteux, et certains pourraient lui coûter son poste. Le dossier Cutter Gauthier en est l’exemple parfait. Philadelphie a échangé son jeune attaquant contre Jamie Drysdale et un choix de deuxième ronde. Gauthier ne voulait pas jouer pour les Flyers, ce qui plaçait Brière dans une position difficile, mais la suite des événements donne froid dans le dos.

Drysdale a été freiné par les blessures et n’a jamais réussi à s’imposer comme le défenseur capable de justifier un tel échange.

Cette saison, il est en santé, mais offre un rendement catastrophique après avoir signé une prolongation de 4 ans et 6,5 M$ par année.

Gauthier est déjà l'un des meilleurs attaquants. C’est le genre de transaction qui va hanter un directeur général toute sa vie.

Le dossier Drysdale est d’autant plus embarrassant que les Flyers ont continué à miser sur une défense qui accumule les problèmes.

Cam York connaît lui aussi des difficultés, en plus d’être actuellement ennuyé par une blessure, et la profondeur à la ligne bleue a été sérieusement mise à l’épreuve. Cette fois, ce n'est pas le pauvre Brière qui a sélectionn York à la place de Cole Caufield. Ouch.

Dimanche, le jeune Oliver Bonk a été lancé dans la mêlée contre les champions en titre de la Coupe Stanley. Il a connu une soirée difficile, étant sur la glace lors des trois buts de la Caroline en deuxième période.

On ne peut pas demander à un jeune défenseur de tout régler du jour au lendemain, mais cette situation illustre parfaitement les lacunes de l’organisation : les Flyers manquent de solutions fiables et leur structure défensive est incapable d’absorber les coups durs. Brière a eu du temps pour bâtir cette équipe. Il se retrouve encore avec des trous partout.

Le repêchage n’a pas arrangé les choses. En 2024, les Flyers ont échangé leur choix pour reculer d’un rang, laissant notamment le Wild sélectionner Zeev Buium (déjà une vedette dans la LNH) avant que Philadelphie ne choisisse Jett Luchanko.

Brière cherchait un centre capable de répondre à ses besoins et ne voulait pas d'un autre "petit" défenseur comme Buim, mais il a encore privilégié un profil au détriment d’une occasion de miser sur un défenseur offensif très prometteur.

Il reste du temps pour juger Luchanko, évidemment, mais le directeur général ne peut pas se permettre que chaque décision importante devienne une longue justification de potentiel. Une reconstruction exige des choix gagnants. À Philadelphie, les erreurs s’accumulent et les résultats ne suivent pas.

Et voilà maintenant que Trevor Zegras entre dans l’équation. Les Flyers lui ont accordé un contrat de quatre ans d’une valeur totale de 36,5 millions de dollars, soit 9,125 millions par saison jusqu’en 2030.

Zegras a connu une bonne saison offensive en 2025-2026, avec 26 buts et 67 points en 81 matchs. Mais il a recommencé à se traîner les patins, étant fidèle à sa réputation de joueur lâche.

Il n’a toujours pas marqué cette saison et n’a récolté que deux passes en six matchs, en plus d'être très paresseux sur la glace.

Son contrat vient à peine de commencer et il est déjà sous pression, dans une équipe qui n’a absolument pas le luxe de voir ses joueurs les mieux payés disparaître offensivement. Brière a engagé une part importante de l’avenir financier des Flyers dans un groupe qui ne répond pas aux attentes.

Le plus inquiétant, c’est que les Flyers n’ont pas seulement un problème de résultats. Ils ont un problème de construction. L’attaque ne produit pas, la défense se fait démolir et les joueurs censés incarner l’avenir ne parviennent pas à stabiliser l’équipe.

Les adversaires ont déjà compris qu’il suffit de mettre de la pression sur les Flyers pour provoquer des erreurs et prendre le contrôle du match. À ce rythme, la saison risque de devenir une longue succession de défaites, de questions embarrassantes et de rumeurs de changements majeurs.

La patience accordée à un directeur général pendant une reconstruction n’est pas illimité, surtout lorsque son équipe commence à écrire des records dont personne ne veut.

La reconstruction devait sauver les Flyers. Pour l’instant, elle est en train de couler Daniel Brière.