Contrat de Phil Danault: Jake Evans se fait avoir
Jake Evans et Phil Danault. Associated Press

Contrat de Phil Danault: Jake Evans se fait avoir

David Garel
Le 2026-11-03

On pensait que Phillip Danault allait quitter Montréal. On croyait que son passage avec le Canadien tirait à sa fin et que Kent Hughes allait devoir trouver une solution pour remplacer un centre défensif aussi important.

Pourtant, voilà qu’une possibilité prend forme : des discussions pour une prolongation de contrat de deux ans.

Une nouvelle qui pourrait réjouir Martin St-Louis, mais qui risque aussi de soulever une question délicate dans le vestiaire. Jake Evans, lui, doit commencer à se demander comment le Canadien compte gérer cette situation.

Danault gagne actuellement 5,5 millions de dollars par saison. À 33 ans, il approche de la fin de sa carrière et il serait difficile d’imaginer Montréal lui offrir le même salaire pour deux années supplémentaires.

Le Canadien ne peut pas se permettre de payer chaque vétéran au prix fort, surtout avec les contrats importants qui s’en viennent.

Une prolongation à rabais serait donc logique sur le plan financier. Mais à quel point Danault serait-il prêt à réduire ses exigences? Et surtout, comment justifierait-on une offre inférieure à 5,5 millions de dollars, son salaire actuel, à un joueur qui demeure aussi important dans la structure défensive de l’équipe?

Le dossier devient embarrassant pour Jake Evans. Le centre québécois touche seulement 2,85 millions de dollars par saison et il lui reste encore trois années à son contrat, en incluant la saison en cours.

À 29 ans, il est plus jeune que Danault et se trouve dans une période importante de sa carrière. Il est dans son meilleur âge comme joueur de hockey.

Quand Evans a signé son contrat, il affirmait que la sécurité financière et son amour pour la ville de Montréal valaient tout l’argent du monde.

Pourtant, plusieurs estimaient qu’il aurait pu obtenir beaucoup plus sur le marché des joueurs autonomes, possiblement entre quatre et cinq millions de dollars par saison.

Les Devils du New Jersey, qui étaient les plus agressifs sur le marché des transactions pour Evans, auraient été prêts à lui offrir entre quatre et cinq millions de dollars par année.

Il faut se rappeler les circonstances de sa signature. À la date limite des transactions, en 2025, Evans était au centre des rumeurs. Son nom circulait, il était persuadé qu’une transaction allait survenir et il avait même préparé ses valises en pensant qu’il pourrait être échangé.

Le centre avait carrément emballé ses effets personnels dans des boîtes à son appartement. Pour son voyage de dix jours dans l’Ouest canadien, il prévoyait même apporter trois valises, au cas où il ne reviendrait jamais à Montréal. Il était rendu à ce point-là dans sa tête.

Evans se préparait à tourner la page, sans savoir quelle ville l’attendait après la date limite. Finalement, Kent Hughes l’a conservé et lui a offert une prolongation de quatre ans à 2,85 millions de dollars par saison. Evans a accepté, heureux de rester avec ses coéquipiers et dans une organisation en laquelle il croyait.

« Je sais ce que j’ai ici, j’aime ça. Le temps de glace, les entraîneurs, les coéquipiers, la ville. J’ai parlé à des coéquipiers actuels et anciens. Plusieurs avaient le même message : courir après l’argent n’est pas toujours la meilleure décision. Ça reste un bon salaire et j’obtiens de la stabilité. »

Finalement, Kent Hughes a profité de l’incertitude et de l’anxiété d’Evans pour le signer à rabais. La réalité, c’est que le centre se retrouve encore aujourd’hui avec un salaire qui paraît dérisoire compte tenu de sa valeur pour l’équipe.

Un revenu qui risque de paraître encore plus ridicule lorsque Phillip Danault signera son nouveau contrat.

Le Québécois mérite énormément de respect. Il vient d’atteindre le plateau des 800 matchs dans la Ligue nationale et continue de remplir un rôle essentiel.

Il bloque des tirs, gagne des mises au jeu importantes, travaille devant le filet, affronte les meilleurs attaquants adverses et demeure une pièce majeure du désavantage numérique.

Ses six points en 14 matchs cette saison démontrent également qu’il peut encore contribuer offensivement. À 33 ans, il n’est plus le joueur qu’il était à son sommet, mais son utilité pour le Canadien ne fait aucun doute.

Perdre un joueur comme lui créerait un véritable trou dans l’organisation. Une prolongation de deux ans serait donc une solution intéressante pour les deux parties.

Et clairement, même si son salaire annuel pourrait être inférieur aux 5,5 millions de dollars qu’il empochait avec son dernier contrat, Danault continuera probablement de gagner beaucoup plus qu’Evans.

Il faudra regarder Evans dans les yeux. On ne peut pas demander à un joueur de faire un sacrifice financier pour rester à Montréal, puis distribuer davantage d’argent à un autre joueur plus âgé, moins rapide et moins offensif, qui approche de la fin de sa carrière.

La question est donc simple : combien Danault est-il prêt à accepter pour rester à Montréal? Une prolongation de deux ans à un salaire inférieur à 5,5 millions pourrait être raisonnable, mais le Canadien devra trouver le juste équilibre entre reconnaître sa contribution et ne pas créer une situation injuste pour les autres joueurs.

Le contrat d’Evans devient un exemple de la façon dont une organisation peut profiter d’un joueur qui accepte de faire un compromis.

Kent Hughes devra maintenant éviter de donner l’impression que l’un est récompensé pendant que l’autre paie le prix de sa loyauté.

Attention à la jalousie dans le vestiaire.