Attitude dans la chambre: un ancien coéquipier de Nikita Kucherov fait rêver Montréal
Nikita Kucherov. Image Image

Attitude dans la chambre: un ancien coéquipier de Nikita Kucherov fait rêver Montréal

David Garel
Le 2026-11-02

Depuis que Nikita Kucherov a demandé à quitter Tampa Bay, une partie du débat tourne autour de sa personnalité. Son attitude sur la glace, ses réactions lorsqu’il est frustré, ses gestes parfois arrogants et son comportement pendant les séries de 2021 contre le Canadien ont alimenté les préjugés.

Certains se demandent même si le Russe ne serait pas une véritable pomme pourrie dans un vestiaire. Louis Domingue vient toutefois de remettre les pendules à l’heure. Et il sait de quoi il parle : il a côtoyé Kucherov dans le vestiaire du Lightning pendant plusieurs saisons.

Au micro de Mario Langlois, à l’émission Les amateurs de sports, le gardien québécois a livré un témoignage cinglant.

D’abord, il n’a pas eu besoin de réfléchir longtemps pour expliquer ce que Kucherov pourrait apporter au Canadien sur la patinoire.

« Le joueur de hockey, on sait déjà ce qu’il fait sur la glace. Il rend les autres meilleurs, ça, c’est évident. On peut tous saliver à l’idée de le voir cibler Caufield sur l’avantage numérique comme il le faisait dans le temps avec Stamkos, justement. On sait déjà ce qu’il est capable de faire sur la glace. C’est sûr que c’est un joueur générationnel qui va rendre tout le monde meilleur sur la glace », a expliqué Domingue.

Personne ne découvre aujourd’hui le talent de Kucherov. On parle d’un joueur capable de produire plus de 100 points, de contrôler un match à lui seul et de faire exploser une attaque en avantage numérique.

L’imaginer avec Cole Caufield, Nick Suzuki et Ivan Demidov donne évidemment le vertige. Mais c’est surtout la deuxième partie du témoignage de Domingue qui mérite notre attention, puisqu’elle s’attaque directement à la réputation du Russe.

« C’est sûr que ce n’est pas celui qui est le plus impliqué dans la chambre. Ce n’est pas lui qui va inviter l’équipe au réveillon de Noël. Il est très, très, très commis à son métier. Il investit chaque goutte de sueur, chaque seconde de son temps à sa profession.

Il ne prend probablement jamais de break. Je suis à la plage en ce moment. Il serait sur la glace en train de continuer de peaufiner son métier. Puis, quand il part à la fin de l’année, s’ils n’ont pas eu de succès, il est sur la glace sept jours par semaine pour avoir espoir de gagner la Coupe Stanley, le trophée Hart… Lui, il veut tout rafler », a raconté l’ancien gardien du Lightning.

Voilà qui est très différent du portrait d’un joueur qui empoisonne volontairement son vestiaire. Domingue ne prétend pas que Kucherov est le grand animateur du groupe ou celui qui organise toutes les activités sociales.

Il explique plutôt que le Russe est complètement absorbé par son métier. Son univers tourne autour du hockey, de l’entraînement et de la victoire. Il ne cherche pas nécessairement à devenir le meilleur ami de tout le monde, mais cela ne fait pas de lui une pomme pourrie.

C’est d’ailleurs la distinction essentielle dans ce dossier. Un joueur discret, exigeant, parfois difficile à suivre et entièrement obsédé par la performance n’est pas automatiquement un problème pour une équipe.

Kucherov peut avoir du caractère. Il peut aussi avoir la mèche courte lorsque les choses tournent mal. Mais Domingue, qui a vécu dans le même vestiaire, ne le décrit pas comme un élément toxique. Son témoignage vient directement contredire cette étiquette qui commence à lui coller à la peau depuis sa demande de transaction.

Cette sortie tombe à un moment particulièrement intéressant pour Montréal. Les informations concernant l’intérêt de Kucherov pour le marché montréalais continuent de circuler.

Pierre LeBrun a notamment souligné que la relation entre Martin St-Louis et le joueur russe est indéniable. Les deux hommes ont partagé le vestiaire de Tampa Bay, et Kucherov avait publiquement rendu hommage à St-Louis lorsque celui-ci avait été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 2018.

Il existe donc une relation personnelle et professionnelle entre les deux hommes. Kucherov connaît les exigences de St-Louis, comprend sa vision du hockey et sait ce qu’il peut lui apporter.

À cela s’ajoute l’attrait du marché montréalais, qui représente une destination séduisante pour un joueur de son calibre.

Louis Domingue, lui-même Québécois, sait très bien ce que représente le Canadien dans cette province. Son témoignage ne confirme pas une décision de Kucherov, mais il vient renforcer l’intérêt autour de cette possibilité.

Le scénario est d’autant plus intrigant que Julien BriseBois ne souhaite pas envoyer sa vedette chez un rival de division.

Si Kucherov demeure à Tampa jusqu’à la fin de son contrat, il pourrait toutefois devenir joueur autonome le 1er juillet 2027 et choisir lui-même sa prochaine destination. Montréal serait alors en excellente position pour tenter de l’attirer, sans avoir à sacrifier ses meilleurs espoirs et ses choix au repêchage dans une transaction.

Pierre LeBrun pense que si Kucherov attend le marché des joueurs autonomes, plus rien ne pourra empêcher Montréal de tenter sa chance.

Évidemment, il resterait une question gigantesque : le salaire. Kucherov aura 34 ans en juin prochain et son entourage pourrait réclamer un contrat avoisinant les 20 millions de dollars par saison.

Le Canadien devra décider si un investissement aussi massif est compatible avec sa structure salariale et ses ambitions à long terme. Mais avant même de parler d’argent, il fallait répondre à ceux qui prétendent que Kucherov serait une catastrophe pour la chimie d’un vestiaire.

Louis Domingue vient de leur donner une réponse sans pitié.

Kucherov n’est peut-être pas le joueur qui va organiser le réveillon de Noël, mais il est celui qui veut gagner chaque trophée, qui travaille sans relâche et qui pousse son talent à la limite. Ce n’est pas exactement le portrait d’un joueur qui se fiche de ses coéquipiers ou de la réussite collective.

Montréal n’a pas besoin d’un animateur de soirée. Le Canadien a besoin de joueurs capables de faire la différence lorsque les matchs deviennent importants.

Et si Kucherov veut réellement porter le chandail du Tricolore, son arrivée va rapprocher Montréal de son rêve de ramener la Coupe Stanley.