Le conflit entre Nikita Kucherov et Victor Hedman pourrait bien être la véritable raison derrière le divorce qui se dessine à Tampa Bay. Et si cette guerre de vestiaire ouvrait finalement une porte que Julien BriseBois refuse catégoriquement d’ouvrir : celle d’un départ vers Montréal?
Depuis vendredi, on sait que Nikita Kucherov a demandé au Lightning de Tampa Bay de l’échanger. On sait également qu’il ne souhaite plus prolonger son contrat avec l’organisation et qu’il va quitter la Floride dès cet été si Julien BriseBois refuse de l'échanger.
Mais une question demeure : qu’est-ce qui a réellement provoqué cette rupture? Les négociations contractuelles ont été difficiles, les communications avec Julien BriseBois ont visiblement laissé des cicatrices et Kucherov affirme lui-même s’être senti traité sans respect. Or, selon Martin McGuire, des tensions beaucoup plus profondes pourraient exister dans le vestiaire du Lightning.
Au micro de Mario Langlois, à Cogeco, le descripteur des matchs du Canadien a lancé une bombe.
Selon lui, Kucherov et le capitaine Victor Hedman entretiennent une relation tellement mauvaise que les deux hommes ne sont même pas capables de partager un repas sur la route.
McGuire affirme que cette situation serait bien connue dans l’entourage du Lightning et dans la Ligue nationale. Il ne parle pas d’une simple mésentente entre deux joueurs qui ont des personnalités différentes. Il décrit une véritable fracture entre deux des figures les plus importantes de l’organisation.
« Kucherov est en conflit avec Victor Hedman. Les deux ne sont pas très capables d’aller souper ensemble sur la route, je peux te le dire. Je pense que c’est quelque chose d’assez connu dans la Ligue nationale et autour du Lightning. C’est sûr que Jon Cooper ne va pas sur la place publique pour parler de ces affaires-là, mais Hedman et Kucherov, ce n’est pas à inviter au même party », a expliqué McGuire.
Voilà une information qui change passablement la lecture du dossier. On parle de deux joueurs qui ont remporté la Coupe Stanley ensemble, qui ont bâti leur réputation au sein de la même organisation et qui ont longtemps incarné la domination du Lightning.
Hedman est le capitaine. Kucherov est le moteur offensif. Quand les deux piliers d’une équipe ne peuvent plus se sentir, le problème dépasse largement une négociation salariale qui a mal tourné.
Il faut aussi regarder ce qui se passe autour de Kucherov depuis quelques jours. Le Russe a publiquement expliqué que son différend avec la direction n’était pas une question d’argent, mais de communication et de respect.
Il a raconté que Julien BriseBois ne lui avait parlé que deux fois en quatre mois et qu’il lui avait fait comprendre qu’il était libre de tester le marché des joueurs autonomes le 1er juillet.
Kucherov a ensuite confirmé qu’il avait demandé à être échangé. Son discours est celui d’un homme profondément déçu, qui ne se reconnaît plus dans l’organisation à laquelle il a pourtant consacré les plus belles années de sa carrière.
Dans ce dossier, Montréal devient le grand favori car c'est le premier choix de Kucherov.
Julien BriseBois ne veut pas échanger Kucherov à un rival de division et encore moins renforcer directement le Canadien. C’est compréhensible : envoyer une vedette mondiale à Montréal pourrait se retourner contre Tampa Bay pendant plusieurs saisons.
Mais il y a un détail que personne ne peut contourner. Si Kucherov arrive au 1er juillet sans avoir été échangé et sans avoir signé de prolongation, il va choisir Montréal comme sa prochaine destination en tant que joueur autonome. BriseBois ne pourra pas lui imposer une destination.
Depuis quelques jours, le Russe laisse entendre qu’il apprécie Montréal et qu’il pourrait se voir évoluer avec le Canadien. Il est même question de son intérêt pour l’idée de jouer devant les partisans du Centre Bell, d'évoluer avec Ivan Demidov et de rejoindre une équipe menée par Nick Suzuki.
On peut évidemment y voir une préférence sportive, mais aussi un message envoyé à toute la Ligue nationale : Montréal fait partie ses priorités..
Kucherov ne peut pas simplement négocier directement avec le Canadien avant d’être autorisé à le faire. Mais il peut parler publiquement de ses préférences, laisser son entourage alimenter certaines pistes et faire comprendre aux équipes intéressées qu’il existe des destinations qui l’attirent davantage que d’autres.
Si Montréal est réellement son choix, cette stratégie pourrait compliquer considérablement le travail de BriseBois. Le directeur général du Lightning risque de se retrouver devant un dilemme : accepter une transaction qui ne l’enchante pas ou risquer de perdre gratuitement l’un des meilleurs joueurs de la planète quelques mois plus tard.
La question du vestiaire ajoute une autre couche à cette histoire. Si Kucherov ne veut plus évoluer dans un environnement où Victor Hedman occupe une place centrale, un simple changement de contrat ne réglera rien. Il peut obtenir 17 18 ou même 20 millions de dollars par saison ailleurs, mais l’argent ne fera pas disparaître une relation devenue toxique.
À 33 ans, Kucherov veut encore gagner. Il veut évoluer dans un environnement où il se sent respecté et où il peut avoir confiance envers les gens qui l’entourent.
Martin McGuire a d’ailleurs soulevé une autre question pertinente : est-ce que le Canadien veut vraiment intégrer un joueur avec une personnalité aussi forte dans le vestiaire qu’il construit depuis cinq ans?
Kucherov est un génie offensif capable de transformer une défaite en victoire, mais il peut aussi devenir difficile à gérer lorsque les choses ne vont pas dans son sens. Son comportement pendant les séries de 2021, lorsqu’il avait ridiculisé les partisans montréalais après une victoire du Lightning, n’a certainement pas été oublié. Il devra gagner la confiance d’une partie de la foule s’il débarque au Centre Bell.
Mais Montréal n’est plus le même club qu’en 2021. Nick Suzuki est devenu un capitaine respecté, Cole Caufield est une vedette, Juraj Slafkovsky poursuit son développement et Ivan Demidov représente une pièce offensive exceptionnelle pour l’avenir. K
ucherov pourrait voir dans cette jeune équipe une occasion de prolonger sa fenêtre de championnat, tout en évoluant avec des joueurs capables de comprendre son jeu. La présence de Martin St-Louis, qu’il connaît depuis leur passage commun à Tampa Bay, va aussi peser dans la balance.
Le conflit avec Hedman est donc être beaucoup plus important qu’une simple anecdote de vestiaire. Il expliquer pourquoi Kucherov veut tourner la page, pourquoi les discussions avec BriseBois ont échoué et pourquoi Montréal représente une destination aussi séduisante à ses yeux. Le Lightning peut refuser de l’envoyer chez le Canadien aujourd’hui. Il ne pourra pas empêcher Kucherov de choisir Montréal le 1er juillet.
Et si le capitaine du Lightning et sa plus grande vedette ne peuvent même plus s’asseoir à la même table, Tampa Bay ne s'en sortira pas.
Kucherov veut faire suer son DG par vengeance.
Quoi de mieux que de signer avec le Canadien de Montréal cet été? La revanche serait totale.
