Le Canadien de Montréal continue de chercher un attaquant capable d’évoluer dans son top-6.
Mais plus les journées avancent, plus une réalité s’impose.
Le marché s’est considérablement appauvri.
Pendant une bonne partie de l’été, Kent Hughes avait des ambitions beaucoup plus élevées. Les rumeurs entourant le Canadien faisaient constamment référence à des attaquants capables de transformer immédiatement le top-6.
Puis, les semaines ont passé. Les plus gros noms ont disparu un à un du marché, les transactions espérées ne se sont jamais matérialisées et les joueurs autonomes les plus convoités ont choisi d’autres destinations.
Le Canadien a même tenté sa chance avec Patrick Kane avant que celui-ci ne décide finalement de retourner à Chicago.
Cette porte s’est refermée elle aussi.
Kent Hughes doit regarder la réalité en face. Ce n’est plus le temps des coups d’éclat. C’est le temps de ramasser les occasions qui restent.
Patrick Kane est retourné à Chicago. Les grosses prises sont pratiquement toutes disparues. Voilà pourquoi, au cours des derniers jours, deux noms reviennent de plus en plus souvent lorsqu’il est question du Canadien : Michael Bunting et Vladimir Tarasenko.
Si le choix se résume réellement à ces deux joueurs…
Pour Kent Hughes, il ne devrait même pas y avoir de débat.
Tarasenko est dans une autre catégorie.
Selon ce qui circule, le Canadien discute avec le clan du vétéran russe depuis son arrivée sur le marché. Le véritable point de conflit ne serait pas l’intérêt mutuel, mais bien la durée du contrat.
Tarasenko serait prêt à jouer au Canada, malgré l'hiver (il est Russe, il a l'habitude), les impôts québécois, la pression médiatique et toutes les taches québécoises.
Mais à 34 ans, Tarasenko souhaiterait obtenir une entente de deux saisons, alors que le Canadien hésiterait davantage à lui offrir un contrat d’un an.
Voilà où se trouverait le véritable obstacle.
Pour le reste?
Tout semble pointer dans la même direction.
Et honnêtement, si le prix tourne autour de deux ans à 4,7 ou 5 millions de dollars par saison, Kent Hughes devrait le signer pour deux ans.
Tarasenko empochait 4,75 M$ par année pour deux saisons avec le Wild, mais il chercherait un salaire supérieur à sa dernière entente avec l'explosion du plafond salarial.
Il regarde Patrick Kane avoir signé pour deux ans et 8 M$ par année après une entente d'une saison à 3 M$ à Détroit, et il doit se dire qu'il peut augmenter son revenu.
Mais attention. Kane à Chicago est une histoire émotive et les Hawks avaient de l'espace comme jamais sur leur masse salariale.
Le Canadien possède de la marge de manœuvre (9,7 M$), mais pas tant que ça, surtout que Zachary Bolduc et Arber Xhekaj ne sont toujours pas signés.
Sera-t-il capable de signer Tarasenko, Bolduc et Xhekaj avec 9,7 M$. Difficile, voire impossible, selon ce qui circule sur le marché des transactions, le CH va effectuer au moins une transaction d'ici septembre.
Et le CH peut dépasser le plafond salarial de 10 % pendant l'été.
Et surtout, en signant Tarasenko, il ne sacrifierait absolument aucun espoir ni aucun choix au repêchage.
Seulement de l’argent.
Quand on regarde la dernière saison de Tarasenko, on comprend rapidement qu’il est loin d’être un joueur fini.
Malgré un rôle plus limité, il a inscrit 23 buts et 47 points en 75 matchs, en plus d’ajouter cinq points en onze rencontres éliminatoires.

Ce ne sont pas les statistiques d’un joueur qui n’a plus rien à offrir.
Ce sont les statistiques d’un vétéran qui demeure capable de produire dans un rôle de soutien, alors qu'il n'avait pratiquement aucune minute sur la première unité d'avantage numérique.
Pendant ce temps, Michael Bunting représente une option beaucoup moins emballante.
Oui, il joue avec intensité.
Oui, il dérange devant le filet.
Oui, il peut encore produire une quarantaine de points.
Mais Bunting est un joueur de complément.
Tarasenko, lui, demeure un joueur capable de changer un match grâce à son tir et à son intelligence offensive.
La différence est énorme.
Mais ce qui rend le dossier Tarasenko encore plus excitant, c’est tout ce qui entoure Ivan Demidov.
Le jeune phénomène russe s’apprête à amorcer sa carrière dans la LNH.
Qui de mieux qu’un ancien champion de la Coupe Stanley, auteur de plus de 300 buts dans la LNH, pour l’accompagner dans cette transition?
Tarasenko connaît toutes les réalités auxquelles un jeune Russe doit faire face en arrivant en Amérique du Nord.
La langue.
La pression.
Les médias.
Les attentes.
Son apport dépasserait largement les points qu’il produirait sur la glace.
Il deviendrait un véritable grand frère pour Demidov.
Et ce lien ne s’arrête pas là.
Tarasenko est désormais représenté par Dan Milstein, le même agent qu’Ivan Demidov, Alexander Zharovsky, Gleb Pugachyov... et Kirill Marchenko, l'attaquant désiré par Canadien sur le marché des transactions.
La connexion est naturelle.
Le timing l’est tout autant.
Montréal est tranquillement en train de bâtir un véritable noyau russe.
Demidov est déjà là.
Zharovsky devrait suivre dans les prochaines années.
Pugachyov rêve de rejoindre l’organisation dès qu’il pourra quitter la KHL.
Le défenseur Bogdan Konyushkov est signé et le gardien Yevgeni Volokhin figure également parmi les espoirs russes qui vont finir par jouer pour le CH.
Ajouter Tarasenko au milieu de cette transition pourrait avoir un impact énorme, autant sur la glace qu’à l’extérieur.
Et c’est précisément pour cette raison que ce dossier devient beaucoup plus intéressant que celui de Michael Bunting.
Le Canadien ne cherche pas seulement un joueur capable de compléter un trio.
Il cherche aussi quelqu’un capable d’encadrer une nouvelle génération appelée à transformer l’organisation.
Tarasenko répond aux deux besoins.
Évidemment, tout dépendra de la durée du contrat.
Si Kent Hughes refuse catégoriquement d’aller au-delà d’une seule saison, il est possible que les discussions n’aboutissent jamais.
Mais si le véritable prix à payer est simplement d’ajouter une deuxième année à une entente avoisinant les 5 millions de dollars par saison, le risque demeure très raisonnable.
Même à deux ans et 6 M$ par année.... on le fait...
Parce qu’au final, il vaut parfois mieux offrir une année de plus à un vétéran qui peut réellement faire une différence… que de se rabattre sur un plan B simplement parce qu’il accepte un contrat plus court.
Entre Michael Bunting et Vladimir Tarasenko, le choix paraît évident.
Si le Canadien veut vraiment offrir à Ivan Demidov toutes les chances de connaître une 2e saison exceptionnelle, Kent Hughes a peut-être devant lui l’occasion idéale.
Et une occasion comme celle-là ne coûte ni Michael Hage, ni Alexander Zharovsky, ni un choix de première ronde.
Seulement quelques millions de dollars… et un peu d’audace.
