David Reinbacher vient de recevoir un nouveau coup au moral, et cette fois, le débat dépasse largement une mauvaise soirée au Centre Bell.
Pendant que le jeune défenseur tente de se bâtir une réputation dans la Ligue américaine, une question devient de plus en plus difficile à éviter à Montréal : le Canadien croit-il encore suffisamment en son cinquième choix au total pour lui donner une véritable chance de s’établir dans la LNH?
La situation a pris une tournure inquiétante après son match contre les Sabres de Buffalo.
Pour ses débuts en saison régulière devant les partisans montréalais, l’Autrichien n’a obtenu qu’environ neuf minutes de temps de glace.
Une erreur coûteuse, une mauvaise lecture et une séquence qui s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux ont suffi pour déclencher une avalanche de critiques.
Sportsnet n’a d’ailleurs pas été tendre envers lui, allant jusqu’à remettre en question son potentiel dans la LNH.
Deux jours plus tard, Martin St-Louis décidait de le retirer de la formation afin de faire une place à Adam Engström.
L’entraîneur a expliqué vouloir donner des répétitions au défenseur suédois, mais cette décision a laissé plusieurs partisans perplexes.
Reinbacher venait à peine de goûter à la pression du Centre Bell, et il n’aurait même pas l’occasion de se reprendre immédiatement devant les partisans du Canadien.
C’est précisément ce traitement qui relance aujourd’hui le débat sur son développement.
Anthony Martineau, rarement en opposition avec les décisions de l’organisation, a exprimé une frustration importante lors de son passage au Sick Podcast.
David Reinbacher n'a plus rien à prouver avec le Rocket de Laval!🙄 #lesickpodcast #sickmedia @TonyMarinaro @Antho_Martineau https://t.co/HHNNynDrsM
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) October 23, 2026
Selon lui, Reinbacher n’a plus grand-chose à gagner dans la Ligue américaine et devrait plutôt poursuivre son apprentissage dans la LNH, même si son temps de glace demeure limité à huit ou dix minutes par rencontre.
L’argument mérite qu’on s’y attarde.
Un jeune défenseur peut certainement progresser en disputant de grosses minutes à Laval, en affrontant des adversaires moins expérimentés et en apprenant à gérer les responsabilités d’un rôle important.
Mais Reinbacher a déjà accumulé de l’expérience dans la Ligue américaine.
À un certain moment, il doit aussi apprendre à défendre contre les meilleurs attaquants au monde, à prendre des décisions sous pression et à comprendre ce que la LNH exige réellement de lui.
C’est d’autant plus difficile à comprendre que le Canadien l’a sélectionné au cinquième rang du repêchage de 2023.
L’organisation a investi un choix extrêmement précieux dans ce défenseur, notamment après avoir laissé passer Matvei Michkov et Ryan Leonard, deux joueurs dont le nom revient régulièrement dans les discussions entourant cette cuvée.
Chaque difficulté de Reinbacher ravive donc un débat que les partisans montréalais n’ont jamais vraiment abandonné.
Selon les statistiques évoquées dans le débat, Reinbacher figure parmi les joueurs de première ronde de 2023 ayant disputé le moins de matchs dans la LNH, avec seulement trois rencontres à son actif.
Les sept joueurs sélectionnés après lui qui en ont disputé moins n’ont même pas encore fait leurs débuts dans le circuit Bettman.
Pour un cinquième choix au total, la situation soulève forcément des questions, même si le nombre de matchs joués ne suffit pas à déterminer la valeur future d’un joueur.
Le problème, c’est qu’on ne peut pas demander à un jeune défenseur de gagner en confiance tout en lui donnant l’impression que la moindre erreur peut lui coûter sa place.
Reinbacher doit évidemment améliorer ses lectures, mieux protéger la rondelle et démontrer qu’il peut rebondir après une mauvaise performance.
Personne ne lui réclame un traitement de faveur simplement en raison de son rang de sélection.
Mais un joueur de 21 ans doit pouvoir apprendre de ses erreurs sans avoir constamment l’impression de jouer sa carrière sur une seule soirée.
Le retrait de l’alignement a d’ailleurs soulevé une autre interrogation ... Reinbacher a-t-il perdu confiance après avoir été retranché du camp d’entraînement, puis utilisé de façon aussi limitée lors de son passage à Montréal?
Impossible de connaître son état d’esprit sans l’entendre directement, mais le doute est légitime.
Lorsqu’un jeune joueur tente de comprendre ce qu’il doit faire pour convaincre son entraîneur, une utilisation irrégulière peut compliquer son adaptation.
La situation n’est toutefois pas aussi simple qu’un rappel immédiat. Le retour de Mike Matheson et la présence d’Engström dans le rôle de septième défenseur réduisent les possibilités de Reinbacher à court terme.
Le Canadien doit également trouver le bon équilibre entre son développement à Laval et les exigences de la formation montréalaise.
Le débat ne se résume donc pas à choisir une ligue plutôt qu’une autre, mais à déterminer où il pourra progresser sans perdre le rythme ni la confiance nécessaires pour franchir la prochaine étape.
Une chose est certaine ... le Canadien ne peut pas éternellement présenter Reinbacher comme un élément important de son avenir tout en repoussant les questions sur sa place dans la LNH.
Le jeune défenseur doit démontrer qu’il mérite une occasion durable, mais l’organisation doit aussi lui offrir un chemin clair pour y parvenir.
Pour l’instant, Reinbacher continue son travail dans l’ombre, pendant que chaque décision prise à son sujet alimente les inquiétudes.
Son histoire est loin d’être terminée, mais le Canadien doit éviter qu’un cinquième choix au total devienne surtout le symbole d’une occasion manquée.
Misère…
