Décision majeure de l’IIHF : le dossier devient explosif
IIHF. Google image

Décision majeure de l’IIHF : le dossier devient explosif

William Petit Lemay
Le 2026-11-07
hockey30

Le hockey international vient de franchir une nouvelle étape dans un dossier qui divise les fédérations, les gouvernements et les amateurs de sport. La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) a officiellement confirmé que la Biélorussie ne participera pas aux prochains championnats du monde junior et senior de 2027.

Pendant ce temps, la situation de la Russie demeure beaucoup plus compliquée. Une décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) exige sa réintégration dans les compétitions internationales, mais plusieurs pays refusent catégoriquement de jouer contre elle.

L’annonce de l’IIHF, publiée samedi, confirme donc que les formations biélorusses seront absentes du prochain Mondial junior à Red Deer et Edmonton, ainsi que du Championnat du monde senior prévu en Allemagne au printemps prochain.

La fédération explique avoir tenu compte des structures de compétition déjà établies, des calendriers, de la billetterie et de la planification opérationnelle. Elle précise également que sa décision concernant la Biélorussie fait suite à une intervention de son comité disciplinaire, qui a confirmé qu’il n’existait aucune base juridique pour imposer sa réintégration immédiate.

Le dossier russe est toutefois loin d’être réglé.

En octobre, le Tribunal arbitral du sport a statué que l’IIHF devait réintégrer les équipes nationales russes et biélorusses. Le tribunal a notamment estimé que la fédération internationale n’avait pas présenté suffisamment de preuves pour justifier le maintien des sanctions en matière de sécurité.

L’IIHF conteste cette décision concernant la Russie, mais reconnaît devoir travailler à sa mise en application. Elle affirme explorer différentes solutions afin de protéger ses compétitions, sa stabilité financière et l’avenir du hockey international.

Le problème est que plusieurs fédérations nationales ont déjà annoncé leur opposition à un retour de la Russie sur la glace.

La Finlande, la Suède, le Danemark, la Norvège et la Lettonie font partie des pays qui ont indiqué qu’ils ne souhaitaient pas affronter les Russes. La Tchéquie et l’Autriche ont également exprimé leur opposition à une participation russe.

L’Allemagne, qui doit accueillir le Championnat du monde senior au printemps 2027, fait aussi face à une situation délicate. Selon les informations rapportées par le quotidien allemand Der Spiegel, un porte-parole du gouvernement a évoqué la possibilité que le pays renonce à organiser le tournoi si la Russie devait y participer.

Au Canada, le premier ministre Mark Carney a également pris position. Il a déclaré que les athlètes russes et biélorusses ne seraient pas autorisés à entrer au pays pour participer au prochain Championnat du monde junior. Le tournoi doit commencer le 26 décembre en Alberta.

Cette situation place Hockey Canada et l’IIHF devant un défi organisationnel important. Le tournoi junior approche rapidement, et les équipes participantes doivent connaître les adversaires qu’elles auront à affronter.

Derrière les décisions sportives se trouve une question politique particulièrement sensible. Les sanctions imposées à la Russie et à la Biélorussie remontent à 2022, après le début de l’invasion russe de l’Ukraine. Depuis, le sport international doit composer avec les conséquences de cette guerre.

Certains estiment que les athlètes ne devraient pas être pénalisés pour les décisions de leur gouvernement. D’autres considèrent qu’un retour des équipes nationales serait incompatible avec la situation actuelle en Ukraine.

Il faut aussi distinguer les athlètes individuels des équipes nationales représentant officiellement un pays. Les règles entourant une participation sous statut neutre ne sont pas nécessairement les mêmes que celles qui s’appliquent à une délégation nationale.

Une chose est certaine : le hockey se retrouve au centre d’un débat qui dépasse largement les résultats sur la glace. L’IIHF doit maintenant trouver une façon de respecter les décisions juridiques tout en composant avec les gouvernements et les fédérations qui refusent de participer à certaines rencontres.

À quelques semaines du Mondial junior, personne ne peut encore prédire comment cette situation sera résolue. Le dossier est loin d’être terminé.