Le cauchemar des Nordiques vient de prendre une nouvelle dimension.
Et cette fois, ce n’est même plus une question de rumeurs ou de déclarations vagues de Gary Bettman.
Bill Daly vient de confirmer que la LNH avance sérieusement avec un projet d’expansion au Texas.
Dans une entrevue accordée à The Athletic à Munich, le commissaire adjoint de la LNH a expliqué que la ligue attendait maintenant des nouvelles du groupe dirigé par le milliardaire texan Dan Friedkin, qui travaille sur un projet à Houston ou à Austin.
Selon Daly, une rencontre avec le groupe est prévue en septembre et, si tout se concrétise, la LNH pourrait soumettre le projet au conseil des gouverneurs avant d’annoncer officiellement l’expansion d’ici la fin de 2026.
Le scénario est donc très concret : une nouvelle franchise pourrait arriver au Texas d’ici quelques années.
Et le chiffre donne le vertige.
Deux milliards de dollars américains uniquement pour le droit d’entrer dans la LNH.
Et lorsqu’on ajoute l’aréna et l’ensemble du projet, la facture totale pourrait atteindre plusieurs milliards.
Pendant ce temps, il y a dix ans à peine, Québec avait une occasion historique.
Et Pierre Karl Péladeau était assis au meilleur endroit possible pour en profiter.
En 2015, Québecor avait officiellement déposé sa candidature pour ramener les Nordiques à Québec. L’entreprise avait même franchi les différentes étapes du processus d’expansion avec Las Vegas. La LNH demandait alors une mise de fonds de 10 millions de dollars et Gary Bettman avait fixé les frais d’expansion à 500 millions de dollars américains.
Ce n’était donc pas un rêve de partisans.
Québecor avait réellement posé sa candidature.
L’entreprise avait le Centre Vidéotron.
Elle en assurait la gestion pour 25 ans.
Elle possédait TVA Sports, qui venait de devenir le diffuseur francophone officiel de la LNH.
Elle avait un marché passionné.
Elle avait une organisation médiatique capable de promouvoir l’équipe.
Et surtout, elle avait une fenêtre historique.
Québecor avait même officiellement expliqué que son objectif était d’établir une franchise de la LNH à Québec.
Puis, Pierre-Karl Péladeau a refusé de payer les 500 millions,
Las Vegas a obtenu son équipe.
Puis Seattle.
Et maintenant, Houston ou Austin. (ce sera Houston selon nos infos)
La valeur des franchises a explosé pendant que Québec attendait.
De 500 millions à plusieurs milliards
C’est probablement la partie la plus difficile à avaler.
En 2015, 500 millions $ US semblaient déjà représenter une somme complètement folle.
Aujourd’hui, cette somme paraît presque ridicule lorsqu’on la compare aux prix qui circulent.
Une franchise d’expansion ne coûte plus 500 millions.
Elle peut coûter des milliards.
La différence entre les deux époques est gigantesque.
Voilà pourquoi le dossier Péladeau-Nordiques fait aussi mal.
Si Québec avait obtenu une franchise à cette époque, la valeur de cette organisation aurait explosé avec le reste de la LNH.
Pierre Karl Péladeau n’aurait pas simplement acheté une équipe de hockey.
Il aurait acheté un actif dont la valeur aurait pu augmenter de façon phénoménale.
Ouch.
Et Julie Snyder dans tout ça?
C’est impossible de raconter cette histoire sans parler d'elle.
Le retour des Nordiques était devenu beaucoup plus qu’un simple projet d’affaires dans son entourage.
C’était devenu une véritable obsession.
Julie Snyder incarnait cette volonté de ramener la LNH à Québec et participait à cette mobilisation qui avait fait du retour des Nordiques un sujet incontournable au Québec.
C’était sa bébelle.
L’ancien maire de Québec, Régis Labeaume, l'avait affirmé haut et fort, La confidence avait été rapportée publiquement par Jeff Fillion :
« Les Nordiques, c’était la bébelle à Julie. »
Elle ne parlait pas des Nordiques comme d’un simple actif financier.
Elle en parlait comme d’un projet culturel.
Comme d’un projet de société.
Comme d’une façon de ramener à Québec quelque chose qui avait disparu en 1995 et qui continuait de manquer profondément à une partie de la population.
La fameuse série Montréal-Québec, présentée sur TVA pendant le lock-out de 2010 était l"idée de Julie et s’inscrivait exactement dans cette logique : recréer symboliquement la rivalité entre les deux villes, remettre le hockey québécois au centre de l’attention et faire rêver une population qui attendait depuis quinze ans le retour de son équipe.
Tout était en train de s’aligner.
Julie Snyder était au milieu de cette histoire.
Puis sa vie personnelle avec Pierre Karl Péladeau a explosé.
Pierre-Karl Péladeau aurait volontairement enterré les Nordiques par vengeance envers son ex-conjointe.
Mais le Centre Vidéotron avait déjà été construit sur le bras des contribuables.
TVA Sports avait été lancé parce que Julie le voulait.
Et aujourd’hui, pendant que Houston avance, Québec se retrouve encore à regarder les autres villes passer devant.
Le Centre Vidéotron, qui devait être l’une des pièces maîtresses du retour des Nordiques, est un building de junior qui va s'effondrer... comme le rêve de Julie Snyder.
Et Bill Daly a également révélé que la LNH discute déjà avec des investisseurs au sujet d’une éventuelle 34e équipe, notamment à Phoenix ou à Atlanta.
Voilà où nous en sommes.
La LNH pense maintenant à 34 équipes.
Péladeau et Snyder seront toujours synonyme du couple déchu, puis divorcé, synonyme d'occasion historique qui ne reviendra pas
Et pendant que les Texans s’apprêtent à sortir leur chéquier, Julie Snyder peut regarder le Centre Vidéotron et se demander ce qui aurait pu arriver si le rêve des Nordiques avait survécu à toutes les guerres de son couple, toutes les divisions et toutes les occasions manquées.
